Du vélib à la choucroute : 3/la circulation

Je me suis demandée comment rédiger cette blognote. Il ne serait pas judicieux de comparer la circulation à vélo à Paris et à Strasbourg, car Paris serait désavantagée. D’autre part, à Strasbourg, je me déplace à vélo, tandis qu’à Paris, j’ai fais du cyclotourisme.

Je voudrais rester la plus objective possible.

J’ai donc décidé de parler de l’insécurité cycliste et des règles à respecter, qui sont les mêmes partout. Non pas pour dissuader les gens d’emprunter leur vélo pour leur déplacements quotidiens que ce soit à Paris ou en Province, mais pour essayer de montrer « ce qu’il ne faut pas faire » même si je n’ai aucune vocation pédagogique, j’ai de l’expérience, et j’aime bien la faire partager 😉

Règles de bonnes conduites à vélo, test de mise en application à Paris et à Strasbourg.

Respectez le code de la route et la signalisation.

A Strasbourg : je confesse qu’il m’arrive de griller des feux rouges, à des carrefours sans danger immédiat (par exemple, pour ceux qui connaissent, croisement piste cyclable de la Cité de la Musique et de la danse, sortie de la route du Rhin, feux vélo/tram rue du Landsberg, la plupart des feux rouges piétons du centre ville…). Je ne grille jamais lorsque je n’ai aucune visibilité, et lorsque la circulation automobile est trop dense.

Coté code de la route, nous bénéficions des contresens cyclistes. Je passe dans une rue à contresens cycliste 4 fois par jour, et je n’y ai jamais eu aucun accident, juste râlé quelque fois quand les voitures arrivant en face me serrent d’un peu trop près. Nous devrions aussi expérimenter prochainement le fameux « tourne à droite » cycliste, qui nous permettra de « griller » un feu sans danger en toute légalité 😉

A Paris : je ne suis pas chez moi, je ne grille pas. Trop dangereux. D’ailleurs les cyclistes que j’ai croisés à Paris grillent rarement une fois sortis des pistes cyclables. Par contre, une mauvaise habitude prise à Strasbourg, celle de rouler sur les trottoirs pour échapper à une circulation dense, est très mal vue ici : malgré la largeur de ceux ci, je me suis fait vertement réprimander et pour cause : rouler sur les trottoirs est interdit, sauf si vous êtes un enfant de moins de 8 ans. Par contre il est permit de circuler à pieds sur le trottoir en poussant son vélo.

Pensez à toujours bien vous placer pour être vu.

A Strasbourg : Les pistes cyclables clairement délimitées et le nombre important de cyclistes constituent déjà une visibilité suffisante en plein jour. C’est pourquoi on voit peu de cyclistes affublés de gilets phosphorescents (ils sont obligatoires dans les pays scandinaves et en Belgique il me semble).

Le gros risque à Strasbourg comme à Paris, c’est le refus de priorité. Situation classique, une piste cyclable croise une rue. Le panneau « céder le passage » et le marquage au sol vert indiquent à l’automobiliste venant de la gauche qu’il doit laisser la priorité au cycliste. Malheureusement, il suffit qu’une voiture ou une camionnette stationne sur le trottoir juste avant le croisement pour que la visibilité du cycliste et de l’automobiliste soit réduite à néant, mettant ainsi le cycliste en danger !

Je suis toujours extrêmement prudente aux intersections. Je sais très bien que l’automobiliste va arriver au moins à 30km/h et que sa distance de freinage ne sera pas suffisante s’il m’aperçoit au dernier moment. Faire un écart pour éviter le pare choc est souvent risqué. Je ralentis donc systématiquement, et cède parfois MA priorité.

Malgré tout, j’ai une frayeur par semaine (quand ce n’est pas une chute de vélo surtout par temps de pluie, nous y reviendrons plus bas), et en général un refus de priorité par jour. Ca me met toujours très en colère, mais à Paris comme à Strasbourg, les chauffards ne se laissent pas agonir d’insultes facilement. Ils s’en foutent, ils s’en vont. Les délits de fuites lors d’une collision vélo/voiture sont très nombreux. Jamais aucun automobiliste ne s’est arrêté pour me demander si j’allais bien après m’avoir heurtée ou pire renversée.

Utilisez votre éclairage la nuit.

Ca rentre dans le cadre du « être vu ». Une dynamo vous aidera peut être à retrouver votre chemin dans cette petite rue sombre, mais plus généralement, en ville, elle vous signalera aux autres usagers. Mes deux premiers vélos n’avaient pas d’éclairage, et maintenant, surtout quand la nuit tombe tôt, j’y suis très attentive.

Malheureusement, à Strasbourg comme à Paris, la peur du vol tire la qualité des vélos vers le bas, les gens roulent sur des épaves sans lumières.

Quand il pleut, pensez à freiner plus tôt.

Tous les accidents que j’ai eu à vélo sont arrivés par temps de pluie. Automobilistes comme cyclistes ne maitrisent ni leur vitesse, ni leur distance de freinage. Tout comme les luminaires, les freins des vélos d’usage régulier sont souvent mal entretenus ou inexistants ! Les miens les premiers, sur BikounetII seulement un frein fonctionnait, et encore, pas très bien. S’arrêter avec les pieds en cas d’urgence est tout simplement inutile, vous avez toutes les chances de vous retrouver au mieux, couchés sur le trottoir emberlificoté dans votre vélo, au pire, sous les roues de la voiture, avec un traumatisme crânien.

J’ai horreur du casque, mais je deviens tellement craintive par temps pluvieux que je vais certainement m’en acheter un.

Roulez à droite, mais pas trop près des voitures ou du trottoir. Pour tourner, vérifiez dans toutes les directions avant et au moment de changer de direction. Indiquez que vous tournez en tendant le bras. Osez occuper la chaussée lorsque le dépassement par la voiture est impossible sans danger. Traversez à pied les intersections si la circulation est très importante.

Les pistes cyclables de Strasbourg sont pour la plupart très bien conçues, propres, bien goudronnées, spacieuses. Il y a des endroits à Strasbourg que j’adore (par exemple le long des quasi de l’Ill direction gare ou orangerie depuis la place de l’Etoile, sans parler des pistes jouissives le long du canal de la Bruche en direction de Molsheim, celles du canal du Rhône au Rhin en direction d’lllkirch et les pistes allemandes le long du Rhin, raaaahh), sans aucun croisement automobile, où les cyclistes ont la liberté de rouler aussi vite qu’ils le souhaitent, sans aucun danger autre… qu’eux mêmes. Car des petits rigolos trouvent toujours très amusant de rouler en contresens soit en empiétant sur la piste de gauche quand c’est une bidirectionnelle, soit en roulant dans la « mauvaise » piste, si celle ci est de part et d’autre de la rue (c’est le cas aussi à Paris sur les grands boulevard, j’ai descendu celui de magenta, et j’étais contente de ne croiser aucun cycliste à contresens, déjà que je n’étais pas très rassurée ^^).

Vraiment, à Strasbourg, il est rare que je sois dans la même file que des automobiles. J’ajuste mes itinéraires de façon à toujours emprunter une piste cyclable. Une exception notable, quand je vais faire mes courses à la biocoop, je remonte les quais depuis la place du Corbeau jusqu’au boulevard de la Victoire. mais c’est une petite distance, et comme la route est pavée et pleine de feux rouges, les voitures circulent lentement.

Du coup, à Paris, c’est comme si on m’avait enlevé mes petites roues… je n’ai pas osé sortir des pistes cyclables, et arrivée place de la République par le boulevard Magenta je me suis sentie complètement idiote et handicapée : comment m’insérer dans la circulation ? Ca me semblait insurmontable. Je suis descendue de vélo et j’ai traversé sur les clous puis marché sur le trottoir en poussant mon Vélib.

J’ai aussi une hypothèse à formuler : à Strasbourg, les automobilistes sont habitués à côtoyer quotidiennement des cyclistes. Ils les remarquent, ils savent qu’ils sont là, à tout instant. C’est aussi le cas à Lyon, où la vitesse automobile a baissé depuis que les cyclistes ont envahi la ville. A Paris, le vélo n’est peut être pas encore assez rentré dans les mœurs pour que les automobilistes fassent attention. je suis sure que la prochaine fois que je ferai du vélo à Paris, il y aura du progrès.

Ne slalomez pas entre les voitures. Ne dépassez jamais par la droite. Ne vous placez pas dans l’angle mort des bus et des poids lourds. Ne cherchez jamais à dépasser un bus ou un poids lourd, restez prudemment à l’arrière : vous ne faites pas le poids !

La voiture en ville est un Gros Boulet. Elle est encombrante. Elle avance lentement. Elle pollue. La moindre manœuvre délicate prend des heures. Elle est toujours bloquée.

C’est un fait avéré, à Paris comme à Strasbourg, à vélo on dépasse les autos. Et c’est tellement rageant de de se retrouver bloqué par une file de voitures qui mettent 3 heures à démarrer à un feu vert, de devoir s’arrêter (alors qu’on roulait, libre, heureux, les cheveux dans le vent, peaaace) parce qu’un pas doué encombre toute la rue pour faire son créneau ou un demi tour). Et que dire des indécis plantés au milieu de la rue, chérie, c’est à droite (bon je le dépasse par la gauche moi alors) ha non mince c’est à gauche (aaargh mais qu’est ce qu’il fait ! Il m’a pas vue ou quoi ?! Il va me foncer dedans !!! ha ben oui, je suis dans son angle mort… hurlement de freins). Le comble de l’agacement étant de circuler sur une piste cyclable qui emprunte un couloir de bus.

On est donc tenté de faire du remonte file, de rouler dans les couloirs de bus, de dépasser par la droite ? Et pourquoi ? Parce qu’on est pressé…

On a tendance à oublier que le vélo est un mode de déplacement doux, qui est censé nous apporter de la sérénité. Le temps perdu à attendre qu’une voiture veuille bien libérer la voie sera récupéré à un moment ou à un autre…

Pour conclure cette note sur du positif, rouler à vélo en ville est un grand plaisir, un grand privilège, que je n’abandonnerai pour rien au monde.

8 réponses sur “Du vélib à la choucroute : 3/la circulation”

  1. « D’ailleurs les cyclistes que j’ai croisés à Paris grillent rarement une fois sortis des pistes cyclables. »
    Hum, je circule tous les jours dans Paris et les vélos grillent à 80% les feux rouges. Ils ne connaissent pas le feu rouge, ils font du cédez le passage, quitte à se mettre au milieu d’un carrefour pour avoir la meilleure visibilité. Le pire, ils n’y gagnent rien en temps !
    Certaines rues de Paris sont déjà en contresens vélo, je trouve que c’est une bonne chose.
    Par contre, je suis contre le ‘tourne à droite cycliste » comme tu l’appelles. Généralement, un feu rouge voiture est associé à un feu vert piéton. Il faut laisser la priorité à un moment donné à tout le monde, le vélo ne peut pas être prioritaire tout le temps. Son code de la route est celui des voitures avec des aménagements spécifiques du à son petit gabarit et son besoin de protection des autres véhicules mais c’est tout.
    Il n’existera jamais de moyen de transport ultra prioritaire hormis le métro ou le tramway, mais ce sont des transports en commun. La route est à tout le monde, sachons la partager équitablement (hormis aux 4*4 bien entendu, rhô je déconne ;-))
    En tout cas, tu es une bonne courageuse de faire autant de vélo !

  2. Rouler en vélo à Feins : rien que du bonheur, car ni piétons ni voitures, juste parfois des vaches mais on les voit de loin !

  3. Interessant, ce bilan du velo a Paris.
    Je m’y étais essayée il y a 7 ans environ, quand je faisais me études dans la capitale. XVII-Cachan aller-retour, 50 minutes aller simple, mais j’adorais, surtout le retour by night, le pont Alexandre III rien qu’à moi… mais la ou c’était déjà difficile de circuler à Paris, ca devenait franchement impossible en banlieue (quasi aucune piste cyclable a l’époque)+ port d’un masque obligatoire sous peine d’intoxication + le coup fatal : les rollers (c’était les premières années, ils faisaient n’importe quoi sur les trottoirs, les routes, les pistes, et étaient incapable de se maitriser). J’ai fini par me prendre une dalle de béton pour en éviter un. Un jean foutu, des ecchymoses, et surtout mon vélo a la casse… et j’ai repris le RER.

  4. Le pire danger je trouve que c’est les piétons effectivement.
    Sinon, tu as l’air de t’être fait pas mal de fois heurtée voire renversée, j’en suis choquée car ça ne m’est jamais arrivé. Pourtant, les pistes protégées sont récentes ici, donc je roule souvent sur la route.
    Enfin, le vélo reste mon mode de transport préféré: je pars quan dje veux, c’est rapide, le vent dans les cheveux, tout ça 😀

  5. Merci pour ses précieux conseils. J’adore me ballader à vélo, mais pas en ville, en tout cas, pas dans MA ville car on a beau prôné l’utilisation du vélo, RIEN n’est mis en place pour protéger les cyclistes (il n’y a quasiment pas de pistes cyclables !!!)

  6. AFJ. Celine – wow, tha1t#82&7;s intriguing. A whole lot of Gabriel toddlers out there, huh? Hmmm. And Cordelia is 73?? I wonder how that name came in and out of fashion. I’m quite surprised there are Hopies out there – I thought that was made up! But it is odd that only Tania fits the right age-profile.

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