Petit manuel de conduite à vélo (le mien)

Commentaire d’un article paru dans 20 minutes, édition Strasbourg.

J’ai de plus en plus l’impression que le code de la route n’est pas adapté à la circulation à vélo urbaine.

Le point sur les droits et devoirs des cyclistes

en fonction des aménagements strasbourgeois

Le tourne à droite au feu.

En septembre, 17 carrefours bénéficieront du « tourne à droite » au feu rouge pour les vélos. Pour l’instant, la manœuvre n’est permise qu’aux angles des rues de l’Hôpital-Militaire et de Zurich ; du Maréchal-Juin et Pierre-Montet ; Saint-Guillaume et quai des Bateliers ; de la Brigade-Alsace-Lorraine et des Orphelins, ainsi que quai du Maire-Dietrich et avenue de la Marseillaise.

Je constate que, de toute façon, sur la plupart des carrefours, tourner à droite n’est pas dangereux pour le cycliste. On va donc dire que c’est un moyen de légaliser une infraction devenue populaire. Et mon tout petit côté anar est satisfait. Tout petit parce que, en dehors des tourne-à-droite autorisés, je mets poliment pied à terre aux feux rouges.

Bon point.

A contresens, oui mais…

Depuis juillet 2010, un décret national autorise la circulation des vélos à contresens dans les rues à sens unique sur toutes les zones 30, à l’exception des rues du Noyer, des Juifs, des Serruriers et des quais de Paris et Desaix.

Dans un récent numéro de Globalmag, un magazine environnemental diffusé sur Arte, le monsieur vélo de l’émission testait avec jubilation les contresens cyclistes parisiens. Pour lui c’était la découverte de l’année ses trajets à vélo étaient parsemés de petites fleurs des champs.

Il est mignon.

Moi je remarque simplement que dans ces zones à contresens, il n’y a pas souvent de marquage au sol pour signaler l’espace cyclable et que les interdictions de stationner ne sont pas souvent sanctionnées.

A améliorer.

Des trottoirs partagés.

Sur certains seulement et à l’allure du pas ! Pendant deux ans, un projet d’espace mixte pour les vélos et piétons est expérimenté sur le pont Louis-Pasteur, les rues des Comptes, de la Victoire et de la Bourse, et la route-du-Rhin, artère où 35 000 véhicules passent quotidiennement.

Dans la tête des usagers de la route, trottoir = piéton. Dans ces conditions, comment faire comprendre à la masse piétonnière principalement composée de touristes qui marchent jusqu’à la Cathédrale dans la portion de la rue du vieux marché aux poissons aménagée en trottoir partagé, que le cycliste a le droit d’être là ?

Quand au trottoir partagé de la route du Rhin, quand il n’est pas en travaux comme en ce moment …

[Petit aparté. Je rêve d’un organe de presse municipale qui informerai les usagers des travaux qui sont susceptibles d’affecter les pistes cyclables. 

Ça m’éviterait d’être surprise, un matin, en plein portage de vélo pour contourner un énorme trou, et des barrières de chantier qui ont poussé sur mon trajet pendant la nuit.

Après tout, sur les autoroutes il y a des panneaux lumineux qui préviennent les automobilistes de la durée des désagréments de circulations.],

Je reprends. Cet espace partagé est infréquentable parce qu’utilisé comme parking sauvage par les automobilistes qui ne veulent pas payer pour le stationnement du cinéma. La police municipale intervient tous les 36 du mois, quand il manque quelques contraventions dans leurs objectifs, j’imagine.

Quand au cycliste, il est obligé de bifurquer violemment sur une voie sans marquage au sol, une quasi nationale fréquentée par des poids lourds et théoriquement limité à 50km/h, mon cul les 50km/h.

Complètement inutile, et même dangereux.

Idée reçue sur les points.

Le papier rose n’étant pas exigé pour rouler à vélo, impossible de perdre des points, à moins d’avoir commis un délit relevant du droit pénal. Pour une conduite en état d’ivresse (plus de 0,80 g/litre de sang) ou sous l’emprise de stupéfiants, le tribunal peut alors exiger un retrait temporaire.

J’ai envie de partir d’un petit rire cynique.

J’aborderai le point de la verbalisation dans un article dédié, mais à mon sens on devrait surtout verbaliser les cyclistes qui circulent sans lumière ou qui téléphonent au guidon (cf plus bas).

A améliorer, mais bon, c’est toujours utile de savoir qu’un policier ne peut pas vous menacer de vous retirer des points si vous avez commit une infraction.

Téléphoner ou pédaler.

Se risquer à décrocher guidon en main est passible d’une amende forfaitaire de 35 €. Comme en voiture, le kit mains-libres est toléré, mais en cas d’accident, cela risque de jouer en la défaveur du cycliste, automatiquement considéré en tort.

… et c’est pas plus mal.

Je fais de l’air guitar à vélo pour m’amuser, en ligne droite, quand je suis sur un parcours que je connais bien.

Entendez par là que le reste du temps, j’ai mes deux mains sur le guidon. Je ne libère pas non plus ma main droite pour fumer à vélo (j’ai une conception de la tabagie toute personnelle, je n’aime pas tellement fumer en mouvement). J’évite donc de décrocher et de téléphoner d’une main quand je suis en train de rouler. Voir des cyclistes le faire me donne envie de les faire tomber pour qu’ils comprennent un peu leur connerie.

Ça va putain, est ce que cet appel est si important que tu ne puisses pas te garer sur le bord de la route pour répondre ?

Le problème, c’est ce fameux kit mains libres. J’adore écouter de la musique sur mon téléphone pendant mes trajets. C’est totalement génial… et ça ne me déconcentre pas, je reste vigilante sur la circulation et je ne pousse pas le son trop fort pour pouvoir être alertée. Une conversation téléphonique exige d’avantage de concentration, et moi, je trouve ça très dangereux. D’ailleurs mes cascades à vélo qui n’ont pas été causées par un tiers ont été causées par un appel téléphonique.

J’ai donc désactivé le décroché automatique du kit main libres.

De toute façon, 90% des gens qui m’appellent sur mon portable tombent sur le répondeur (je n’aime pas répondre).

Donc bon point, mais améliorer la verbalisation.

Avec le casque, c’est mieux.

Il n’est pas obligatoire, mais fortement recommandé.

Fortement recommandé par qui ? Pas par la Fubicy, qui résume mon opinion en ces termes :

« Vous l’avez sûrement remarqué : les pilotes de rallye portent tous un casque, alors que personne n’en porte lors de simples déplacements en voiture. Eh bien, pour le vélo, c’est pareil ! »

Bref, c’est un « droit » du cycliste que je ne prendrai pas. En plus, on a l’air con.

Le gilet jaune obligatoire.

Cette mesure s’applique hors agglomération, si l’éclairage n’est pas suffisant ou par temps très couvert. Même s’il est peu sanctionné, le non-port du gilet peut être passible d’une amende de 35 €.

Circulant essentiellement en agglomération, je ne me sens pas concernée par cette obligation.

Toutefois, en pleine nuit, ou par grosse pluie, le gilet jaune me semble l’élément indispensable si on entretient des rapports conflictuels avec son éclairage.

Et puis si un automobiliste nous renverse, avec un gilet jaune, il ne pourra pas dire qu’il ne nous avait pas vu arriver.

Bon point. Je propose néanmoins d’étendre la mesure et de rendre obligatoire les bandes réfléchissantes sur les équipements de pluie spécialement étudiés (avec plus ou moins de succès, j’y reviendrai) pour le vélo… si déjà on ne porte ce gilet que par mauvais temps…

9 réponses sur “Petit manuel de conduite à vélo (le mien)”

  1. Alors ce blog, comment dire ?
    J’aurais voulu en avoir l’idée, cela me plaît tellement !

    Si un jour tu veux un avis nantais (avec râleries inside, forcément), tu dis, hein ?

    Gilet jaune : porté davantage en hiver, matins sombres et nuits en milieu d’après-midi.
    Avec les beaux jours, moins porté, sauf le petit ruban jaune qui empêche le jean de se salir
    Equipements : sacoche accrochée à la droite de mon porte-bagage qui a une bande réfléchissante, loupiotes (2) à l’arrière mais je pense qu’elles ne sont pas géniales.
    A l’avant, loupiotes encore mais l’une ne marche plus, c’est l’inconvénient du local vélo au boulot, tout est vite détérioré.
    Ah oui, écarteur de voiture plié, carrément 🙁

    Casque : no way et mon brushing Dallas alors ! J’ai lu sur ton autre blog que les automobilitses sont moins prudents vis-à-vis des cyclistes casqués.

    Téléphoner : cela m’arrive parfois mais sans kit mains libres mais je ne pédale pas sans les mains et en général, y’a du zef donc Monsieur X (le seul à qui je téléphone) ne m’entend pas bien donc je suis en train d’abandonner cette sale habitude.

    Trottoirs partagés : euh, mauvaise idée non ? Parfois, sur un des ponts, comme le trottoir est partagé entre piétons et piste cyclable, avec le vent, je suis déportée et très souvent, les piétons me barrent carrément la route car ils estiment que je n’ai pas à rouler là.

    Le tourner à droite : j’aimerais qu’ils fassent un rouler tout droit car parfois nous attendons longtemps alors que le feu sur la droite est rouge depuis belle lurette mais bon, faut pas trop en demander. Et maintenant que j’ai ma Travel Mug, je râle parce que les feux rouges ne le restent pas assez longtemps et le temps que je dévisse ma mug, c’est vert, damned !

    A contresens, je l’ai toujours fait, intuitivement car cela me vient des Pays-Bas … pas une bonne idée avec des automobilistes français peu habitués à voir débarquer des vélos dans tous les sens.

    Hâte de lire les autres témoignages !

  2. ben c’est con parce que je ne fais pas de vélo…mais pour le jour où j’en ferai c’est qu’il n’y aura plus de côtes et c’est pas gagné surtout par chez moi. Alors je marche. Je marche beaucoup et ça me permet de faire des photos, en vélo ce n’est pas bien possible.

  3. Je déteste le vélo, je n’aime pas être essouflée ni sentir mes joues rougir, mes cheveux s’empêtrer. Et le truc que je hais, ce sont les côtes. Mais aujourd’hui, après un an tout juste de pédalage matin et soir, l’air de mine de rien, j’ai progressé et j’ai beaucoup moins peur des routes pentues.
    Et je te rejoins pour les photos.
    Tous les matins, je voulais photographier le soleil à lever/levant/levé sur le pont Eric Tabarly, eh bien, en un an tout juste, aucune photo.
    Allez, une par semaine pour cette nouvelle année de cosmonaute que je démarre ?

    Désolée Chulie, je suis et misanthrope et bavarde parfois 🙂

  4. En tant que bon scootériste aguérri qui se respecte, je voue une haine farouche aux deux roues non motorisées. Tout ça parce qu’ils tendent le bras à gauche ou à droite ils croient qu’ils vont arrêter la circulation le temps qu’ils traversent la chaussée.
    Enfin tout ce que je viens de dire n’est bien sur pas valable pour les hipsters qui se déplacent en pignon fixe et casquette visière plate vissée sur la tête parce que c’est mon rêve d’être comme eux et que je n’ai tout simplement pas le niveau cuissale.

  5. Bobby, c’est amusant car tu viens de me rappeler que je maudis régulièrement les scooters et autres motos qui se servent la piste cyclable comme d’une voie de secours en cas d’embouteillage.
    J’ai une mémoire de poisson rouge en fin de vie faut dire …

    Bien que souveraine à vélo, je n’ai jamais osé penser que je pourrais arrêter la circulation avec mon seul bras levé, qu’il soit de droite ou de gauche … Mais c’est une idée.
    En effet, comme je n’arrive pas à me faire respecter sur un giratoire ou encore lorsque je suis la bénéficiaire d’une priorité à droite, cette méthode pourrait éventuellement modifier mes trajets quotidiens.

    landrellec, non hispter (et si quelqu’un pouvait me transmettre la traduction, ce serait gentil)

  6. ce n’est que justice : c’est via G+ que je suis tombée sur ton blog vélo! on est en train de créer une sorte de cercle infini de liens, un peu comme les escaliers d’Escher, t’vois? (ouh purée ça me donne mal au crâne)

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