A propos des fanfreluches à vélo

Landrellec et Celly m’ont demandé dans les précédents commentaires de publier une sorte de guide de la greluche à vélo.

C’est à la fois réjouissant, car il y a longtemps que je n’ai pas parlé de fringues sur un blog et compliqué, parce que je n’ai pas l’impression que rouler à vélo change quoi que ce soit à ma greluche attitude.

Comprendre : je n’ai presque pas de vêtement « spécial vélo urbain », donc je m’autorise tout ce que j’aime porter.

Désolée les filles, je suis cette grande fille qui pédale en robe courte et en talons hauts 🙂 Et quand je porte un jean, c’est parce que j’en ai envie, pas à cause de la météo 😉

Toutefois, il existe des adaptations saisonnières et quelques accessoires de base qui me rendent service contre les intempéries et qui restent portables une fois que je suis descendue du vélo.

  • Mon blouson en cuir.

Je l’ai acheté il y a 3 ans, chez Carnet de Vol, qui est un magasin pour hommes. A ne pas confondre avec un perfecto féminin, et pour cause, je les trouve certes charmants, mais trop ajustés et surtout trop légers.

Pourquoi est il pratique à vélo ?

Il est doublé, donc bien chaud, et imperméable au vent et à la pluie. Les manches se retroussent facilement, je le porte donc en toutes saison, avec, en dessous, du simple débardeur au gros pull. Il se ferme avec un zip éclair, et se boutonne au cou, pas un souffle d’air ne passe en cas de gros grain et pourtant je ne transpire pas.

Et comme il est quand même coupé prêt du corps, il s’associe aussi bien avec un jean, qu’une robe, qu’une jupe…

  • Ma collection de foulards

J’en ai plusieurs dizaines, et je sors rarement sans quelque chose autour du cou, même en cas de grosse chaleur. D’une part, influencée par ma tante Mado, je trouve très chic d’assortir un foulard à sa tenue. Quand je lui rend visite j’ouvre systématiquement son tiroir à foulards pour admirer sa collection.

D’autre part, et c’est la raison pour laquelle je ne peux pas m’en passer à vélo,  je suis paranoïaque, comme ma grand mère paternelle, du moindre courant d’air dans le cou qui apporte inévitablement le mal de gorge, la bronchite, voir le cancer des poumons, évidemment.

Je les choisis en coton, ou en soie, et je les rentre bien dans le col du blouson. Je les préfère d’ailleurs aux écharpes en laine, que je trouve encombrantes.

  • Ma collection de couvre chefs

J’ai une « tête à chapeaux ». Là encore, c’est chez mes grands parents que je trouve les meilleures pièces : la fameuse casquette bleu roi et le béret noir de mon papi Yvan, la toque en fourrure synthétique blanche de mamie Berthe, la chapka de l’armée russe que m’a donnée mon amoureux…

Pourquoi c’est pratique à vélo ?

Dès les premiers coups de pédale, le vent de la course me donne cette sensation désagréable de picotement à l’intérieur des oreilles, atténuée certes par les écouteurs. Dès qu’il fait en dessous de zéro, le corps, malgré l’échauffement du trajet, perd beaucoup de chaleur par la tête. Il est presque impensable que j’enfourche mon vélo tête nue. L’hiver dernier a été particulièrement glacial et neigeux, et lorsque je laçais les cordons des oreillettes de ma chapka pour protéger mes joues et mon cou, je me sentais comme dans un petit cocon.

D’ailleurs, mes casquettes me sont aussi très utiles en cas de pluie fine et obstinée : c’est bien connu, les capuches ne tiennent jamais en place et obstruent la vision latérale.

Petit aparté désolé, maman m’avait ramené un incroyable bob imperméable en toile enduite de l’île de Guernesey, que j’ai égaré bêtement. C’était la PERFECTION quand il pleuvait et en plus il était beau. J’espère en retrouver un semblable un jour.

  • Mes moufles rétractables

Pour les mains, je procède par étapes. Petits matins d’octobre : manchettes et bout des doigts rouges. Début novembre : gants fin en laine. Premières températures négatives et premiers signes d’assèchements sur les mains, branle le bas de combat : les moufles/mitaines rétractables !

Elles sont difficiles à décrire : il y a 4 emplacements qui courent jusqu’à la première phalange. Le pouce est couvert. Et par dessus, il y a une moufle qui se rabat, pour réchauffer les doigts et permettre quand même, au feu rouge, de changer la musique sur le téléphone, de cadenasser le vélo sans quitter ses gants, etc etc etc.

Follement pratique. Je fais bien attention à ne pas les égarer. En plus les gants sont en matière imperméable (enfin, relativement, l’équivalent de deux chutes dans la poudreuse).

  • Le délicat point souliers

Malgré ma pointure impossible, mon talon d’Achille en matière de grelucherie, ce sont les souliers.

J’en achète très régulièrement, enfin, c’est à dire que je vais, pleine d’espoir chez NewLook, et que je me jette sur la première paire en 42 qui passe. C’est heureusement assez rare, tant mieux pour mon pauvre compte en banque et mon tout petit appartement.

Je ne me soucies absolument pas du confort, parce que guess what ? Je m’en fous ! Je suis à vélo et le reste de la journée je suis assise devant mon ordinateur 😀

J’ai donc une foultitude de chaussures immarchables, mais ravissantes, qui ne m’empêchent pas de pédaler à toute allure.

L’été c’est très bien.

L’hiver, le choix est réduit, à cause de l’humidité constante. Personne n’a envie d’arriver au boulot avec les pieds trempés.

Néanmoins, vous ne me verrez jamais en caoutchouc. J’ai deux paires de bottines en cuir synthétique relativement imperméables, qui ont le mérite d’être aussi jolies. Et lorsqu’il neige, ou qu’il fait vraiment froid, on n’a jamais fait mieux qu’une bonne paire de Doc Martens avec des chaussettes de montagne respirantes, l’équivalent pour mes pieds de mon blouson en cuir.

En plus les miennes sont violettes.

  • Dois je acheter un poncho intégral pour me protéger de la pluie ?

Mon papa m’en a acheté deux. J’ai aussi quelque part un pantalon de k-way. Mon papa ne déconne pas avec les protections.

Je les oublies tout le temps à la maison quand il fait mauvais, parce que le vent s’engouffre dedans, parce que la pluie s’accumule dessus et mouille mes pieds, parce que la capuche s’envole, et enfin, parce que quand je croise un cycliste en poncho, je trouve qu’il à l’air bien bête.

  • Quid de la jupe à vélo ?

La jupe à vélo est la cible de préjugés ridicules alors qu’elle est en réalité votre meilleure alliée.

On la dit trop frileuse en hiver, trop impudique en été.

Je réponds : portez des collants en laine, isolez vos pieds en hiver et mettez une culotte en été (ou pas, c’est selon).

Et c’est tout ce que j’ai à dire à ce sujet.

Pour terminer, si vous n’êtes toujours pas convaincue, que vous trouvez qu’il fait beaucoup trop moche en France pour se déplacer en vélo tous les jours, allez jeter un œil sur le blog Copenhagen Cycle Chic et prenez exemple sur l’élégance des Danoises à vélo, en toute saisons.

3 réponses sur “A propos des fanfreluches à vélo”

  1. Eh ben merci pour ces bons conseils chulie !
    Mais je dois dire que je suis tout à fait admirative devant les nénettes qui vélotent en jupe avec assurance. Je dois avoir 2 jupes praticables pour le vélo, guère plus, et pas mes préférées évidemment. Pis je me sens gauche et ça m’agace. Probablement un manque de pratique, je m’en doute. Surtout que quand j’en porte, je me sens pas bien, du coup j’en porte pas alors quand j’en porte je me sens pas bien etc.
    Pour le reste, je suis tout bien d’accord, surtout sur les foulards et le cancer de la gorge, au moins, et aussi sur l’importance de la visière par temps de pluie.

    Ah et si tu cherches un bob imperméable jouli tout plein, j’ai vu l’autre jour qu’il y a dans la grand rue une boutique qui en a tout un assortiment (sais plus le nom, c’est aux alentours du palais des thés je crois), je m’étais promis de repasser pour regarder ça en détail dans un futur proche.

  2. Demain, demain …

    Ce matin, en pédalant vers le boulot, j’ai compris que si je me mettais en jean, c’est parce que je suis hyper complexée, je ne veux pas que mes collègues voient mes jambes atroces.
    Sinon, pour les chaussures, elles en prennent un coup avec la pluie ou les projections après la pluie.
    J’ai flingué une paire de ballerines ainsi ..

    En tout cas, le poncho ne sert à rien si ce n’est à étouffer et à ne rien voir sur les côtés.

    J’ai réalisé que par grand froid, il faut une bonne veste (type peau retournée), j’ai investi dans un tour de cou en cachemire (soldes) et j’ai des bérets en laine car c’est mon point sensible.
    Pour les gants, le plus efficace c’est en cuir doublé de soie mais bon, faut se les faire offrir …

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