Uberisation dans les métiers du cycle : les alternatives pour les entrepreneurs

Dans les épisodes précédents, j’ai évoqué la genèse de cette série sur l’uberisation, et j’ai fais un focus sur le statut d’auto-entrepreneur, en expliquant pourquoi il était néfaste pour les travailleurs qui livrent à vélo ou qui sont mécaniciens, pourquoi les startups y avaient recours, et pourquoi d’autres entreprises choisissaient de l’éviter à tout prix.

Je vais maintenant poursuivre ce récit en vous présentant quelques alternatives pour lutter contre l’uberisation dans les métiers du cycles, que vous soyez entrepreneur, prestataire, ou consommateur.

J’en profite pour saluer chaleureusement tous les interlocuteurs qui ont accepté de me donner leur temps pour me rencontrer, échanger des e-mails, des tweets, répondre à mes questions souvent indiscrètes, alors que je ne suis ni doctorante, ni journaliste, simplement une mécanicienne.

Vous êtes toutes des personnes formidables, généreuses, engagées et je suis intimement convaincue que le chemin sur lequel vous avez choisi de vous engager, malgré les difficultés et les sacrifices, est le bon.

Un énorme MERCI.

Se débarrasser des géants de la foodtech ? Coopcycle.

Vous souhaitez monter votre petite entreprise de prestation de service à vélo et vous avez besoin d’un support logistique pour assurer l’interface entre vos livreurs, vos clients, et vos producteurs/restaurateurs/sources d’approvisionnement diverses ?

Contactez Coopcycle.

Le projet CoopCycle a pour objectif de créer une plateforme de livraison de repas à vélo open-source, offrant les mêmes fonctionnalités que les plateformes propriétaires.

L’idée ? Fournir un système complet de mise en relation (site web, API et application smartphone) permettant aux travailleurs de détenir la plateforme pour laquelle ils·elles travaillent. Sous la forme d’une entreprise collective, ils·elles pourront décider des conditions de travail, de la tarification et des horaires, sur un modèle démocratique et ouvert. Le logiciel étant open-source, ce modèle pourra ensuite être répliqué facilement dans d’autres villes.

L’idée est de favoriser l’entrepreneuriat local dans un esprit solidaire, puisque la condition pour bénéficier gratuitement du code source  de Coopcycle est de placer son entreprise « d’une entreprise collective appartenant à ses travailleurs, dans laquelle tous les gains financiers sont répartis équitablement. » 

En résumé, créez une SCOP, et Coopcycle vous le rendra 🙂

Coopcycle  recherche toujours un financement pour employer des développeurs et diffuser son esprit coopératif et ses bonnes idées. Néanmoins, le code est prêt, et son aimable développeur se tient à votre disposition pour toute requête ou question complémentaire (et en plus, il est sympa).

Conciergeries, paniers bios, et livraison à vélo.

Quand j’ai vu passer le tweet de @panierdumarché qui proposait de livrer des paniers de fruits et légumes bios à vélo dans tout Paris, j’ai immédiatement contacté la fondatrice, Elisabeth Hutin-Baillot pour lui demander comment étaient rémunérés les livreurs. Elisabeth m’a répondu de façon honnête et concise, en m’expliquant qu’elle avait choisit de faire appel à Lulu dans ma rue pour la livraison des paniers.

C’est ensuite vers Alexandra Audes que je me suis tournée pour comprendre le concept de Lulu dans ma rue. Il s’agit d’une conciergerie de quartier, qui propose des services de babysitting, garde d’enfants, soutien scolaire, travaux de bricolage,  heures de ménage, gestion des courriers, des animaux domestiques en l’absence des propriétaires et donc, depuis peu, de livraisons de paniers bios à domicile.

Les lulus sont en général des personnes anciennement précarisées, éloignées de l’emploi, qui ont des compétences et des talents. Les lulus sont accompagnés dans leurs démarches administratives, professionnelles et sociales de retour à l’emploi par des assistants sociaux, des conseillers en  en économie sociales et familiales, qui vont faciliter leur réinsertion, mais aussi les conseiller dans le développement de leur activité de concierge de quartier.

Après cette période de transition, les Lulus qui le souhaitent créent leur SARL et deviennent non pas auto-entrepreneurs, mais chefs d’entreprise. Ils sont bien sur toujours membres de la franchise Lulu, mais sont libres de développer l’activité qui convient le mieux à leurs envies et à leurs compétences.

Elisabeth aurait très bien pu faire appel à un géant de la Foodtech pour livrer ses paniers bios, mais elle a préféré voir plus local, social et responsable et donner du travail aux Lulus. Elle m’a d’ailleurs confié que l’idée de reproduire sur d’autres personnes une situation de précarité qu’elle avait elle même connu pendant ses études en accumulant les jobs étudiants mal payés, humiliants et souvent payés au noir lui faisait horreur.

Bravo à elle, et bravos à eux.

Si vous connaissez d’autres alternatives destinées aux entrepreneurs, contactez moi sur @aupresdemaselle pour en discuter ! Je n’ai pas eu le temps ni l’opportunité de toutes les recenser, mais je sais qu’il en existe énormément !

A demain avec les alternatives pour les auto-entrepreneurs qui souhaitent s’émanciper 🙂