Pourquoi le cycloféminisme concerne tout le monde.

Imaginez un monde dans lequel vous êtes vulnérable. Imaginez un monde où vous êtes l’exception, pas la règle. Imaginez un monde où votre parole et vos actes comptent moins.

Je suis une femme. Je vis tous les jours dans ce monde là. Si vous êtes un homme, vous n’avez aucun moyen de comprendre ce que je ressens… mais vous pouvez en avoir un aperçu en montant sur un vélo et en roulant en ville.

Insultes, agressions verbales, menaces physiques sont le lot quotidien d’une femme qui circule dans la rue. Selon une étude réalisée en 2004 [Violences dans l’espace public, Florence Maillochon] 13% des femmes interrogées disent avoir été victimes de violences dans l’espace public. Une autre étude est en cours dont les résultats paraîtront en 2017, il est à craindre que ces agressions n’aient augmenté en 12 ans.

Circuler en vélo vous expose quasiment à la même violence, de la part des usagers motorisés. Ils vous mettent délibérément en danger par leur comportement sur la route, ils vous  insultent, ils vous menacent.

La ville est conçue pour les hommes et les automobilistes.

Le Journal CNRS a publié un intéressant dossier sur les études de genre dont trois articles sur l’urbanisme.  

J’ai surtout apprécié “les filles, grandes oubliées des loisirs publics”. Dans une étude menée dans l’agglomération de Bordeaux, Charline Zeitoun nous rapporte que deux fois plus de garçons que de filles utilisent les équipements culturels publics (gymnases, skate park, etc.) que les filles.

Je ne vous recommande pas forcément les deux autres car j’essaie de sourcer ce texte uniquement avec des auteures mais le géographe Yves Raibaud ne dit pas que des bêtises (même s’il s’attaque à la ville durable et aux mobilités actives, dont le vélo fait partie.) et tire une conclusion analogue : la rue est conçue pour les hommes et pour les automobilistes.

Parmi les usagers de la route, c’est en effet l’automobiliste qui est au sommet de la chaîne alimentaire. Evidemment, cette proportion varie selon la densité de circulation des villes et l’endroit où on pédale, mais même dans la presqu’île centrale de Strasbourg, réputée pour sa part modale cycliste de presque 20%, les véhicules motorisés occupent un espace qui leur est toujours largement dévolu au profit des autres usagers.

En tant que cycliste, par conséquent, non seulement vous serez donc le maillon faible si vous vous risquez dans la circulation automobile, mais surtout, on vous reprochera toujours, à vous, votre comportement. Si vous êtes renversé par un automobiliste et que vous êtes blessé, c’est de votre faute. Vous n’aviez qu’à faire attention. Vous n’aviez qu’à rester à votre place. Vous n’aviez qu’à porter un casque et gilet fluo.

Quand une femme témoigne d’une agression sexuelle dans la rue, elle recevra exactement le même genre de commentaires : pourquoi se trouvait-elle dehors à une heure pareille ? Elle n’avait qu’à faire attention. Elle n’aurait pas dû boire. Elle n’aurait pas dû rester seule. Elle n’aurait pas dû s’habiller de cette façon.

La violence envers les femmes comme celle envers les cyclistes est minimisée, rarement verbalisée, et encore moins condamnée. Un lobbyiste automobile utilise les mêmes éléments de langage qu’un masculiniste. Il suffit de lire certains comptes twitter (auquels je n’ai absolument pas envie de faire de la publicité) pour s’en rendre compte.

Le traitement médiatique de la violence conjugale a d’étranges points communs avec celle des accidents qui impliquent un véhicule motorisé et un cycliste. On y croise autant de voitures folles que de maris souffrant de passion amoureuse destructrice.

Pour ne pas s’attarder sur ce triste constat, voici quelques moyens de luttes contre le carsplaining (brillante expression anglophone trouvée ce matin sur twitter qui désigne une personne qui ne fait jamais de vélo mais qui explique la sécurité routière, à l’instar du mansplaining, dont je n’ai pas besoin de vous donner la définition.)

S’activer.

S’approprier la route en roulant entre femmes, comme le collectif des parisiennes Les Zimbes. Cherchez en un dans votre ville ou bien créez le ! Il suffit d’un groupe Facebook et de quelques femmes qui se déplacent en vélo pour former une masse critique féministe.

Afficher les comportements dangereux des automobilistes à l’aide de vidéos militantes et humoristiques comme le Youtuber 50 euros.

Au quotidien, comme des dizaines de cyclistes, témoigner à l’aide de photos sur les réseaux sociaux en interpellant les élus, les responsables des voiries, les services publics de l’incivilité des conducteurs de véhicules motorisés, en signalant les infrastructures dangereuses.

Plus largement, s’engager dans une association qui milite pour une pratique inclusive du vélo (par exemple, les ateliers d’auto-réparation du réseau l’Heureux Cyclage) ou qui réclame davantage d’infrastructures sécurisées (Le site de la Fédération des Usagers de la Bicyclette est un bon début pour trouver la plus proche de chez vous). D’ailleurs ces deux réseaux ont besoin d’adhérents (= de cotisations :-/) car le gouvernement a gelé leurs subventions 2016.

Briser le plafond de verre

À l’instar des femmes qui ne sont pas considérées comme des expertes dans leurs domaines de compétences, qui à compétences égales gagnent moins que leurs collègues masculins et qui sont de façon générales souvent supplantées par des hommes, les salarié-es qui utilisent leur vélo pour se déplacer ne sont pas pris en considération dans l’entreprise. Le vrai cycliste, c’est, à la rigueur, celui qui enfile du lycra le dimanche pour aller faire une course avec ses collègues…

Demandons des installations sanitaires pour nous doucher à l’arrivée au travail si nous en avons besoin. Faisons installer des parkings vélos sur notre lieu de travail. Proposons une flotte de vélo d’entreprise en faisant valoir les avantages fiscaux. Réclamons l’indemnité kilométrique vélo à notre employeur, pour le principe, parce qu’on y a droit.

Dégenrer

Sur un vélo, la différence entre les cyclistes ce n’est pas leur genre, c’est leur façon de rouler : conduite sportive, vélotaf, petit trajet entre le métro et la maison, balade du week-end, cyclotourisme, transport utilitaire ou familial.

Arrêtons de parler de vélo pour femme ou de vélo pour hommes. Cette qualification est sexiste car elle sous entend que les femmes ne pourraient pas rouler sur un cadre droit, et qu’un homme qui choisit un cadre ouvert n’est pas viril. Dirait-on du Velib qu’il est réservé aux femmes en raison de son cadre ouvert et de son panier avant alors qu’il est emprunté quotidiennement par des centaines d’hommes qui n’en perdent pas pour autant leurs attributs virils et qui le trouvent extrêmement pratique ?

Au lieu de donner un genre au vélo, faisons comme les allemands, et donnons des noms aux cadres : cadre ouvert, cadre droit, cadre diamant. Utilisons ces noms dans notre langage courant.

Boycottons les marques et les revendeurs qui divisent encore leurs vélos selon le genre et expliquons leur notre point de vue. N’achetons pas systématiquement de vélo rose en plastique à nos petites filles alors que les petits garçons ont droit à des vélos plus performants, plus solides et mieux équipés dans la même tranche d’âge.

Un dernier mot pour mes copains cyclistes qui se plaignent de ne pas arriver à motiver “madame” à monter sur un vélo. Foutez nous la paix. Notre corps, notre choix.

Un texte inspiré par la lecture de l’article “Ride like a girl” publié à cette adresse https://medium.com/@nkkl/ride-like-a-girl-1d5524e25d3a et de “Femme et cycliste, la double peine”http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1631499-femme-et-cycliste-sur-la-route-je-subis-une-double-peine.html

Comment je suis devenue féministe en réparant des vélos

Mon histoire commence il y a environ 5 ans. Je me déplace à vélo quotidiennement pour me rendre à mon travail, et un jour, j’ai un pépin technique qui m’empêche d’avancer. Je pousse donc la porte d’un réparateur de vélos proche de mon lieu de travail pendant ma pause déjeuner, un mécanicien fait le diagnostic, rien de grave, ça peut être résolu dans la demi heure. Je vais me chercher un sandwich et je reviens dans la boutique, je m’installe dans un coin, je sors un bouquin en attendant que mon vélo soit prêt. J’écoute sans trop faire attention les discussions des deux tenanciers du magasin dans leur atelier.

“Tiens, encore un tarif gonzesse”

Ils se marrent.

Je récupère mon vélo, un peu froissée, je paie, et je m’en vais. Je demande plus tard à mes copains cyclistes ce que c’est, le tarif gonzesse. Ils me répondent, mi embêtés, mi rigolards :

“Ha, on t’a fait le coup ?Ouais, bon, c’est un truc de bouclard, quand une jolie fille débarque avec son vélo tout cassé, on dirait un peu un chaton, alors si elle fait un sourire, on lui fait une réduction, c’est galant, c’est le tarif gonzesse. Avec un peu de bol, elle reviendra, et y’aura moyen.”

“Ouais, c’est un peu injuste le tarif gonzesse parce que nous les mecs, on paie plein pot.”“Ouais enfin nous on va pas chez les bouclards, on répare nous même.”

“Ouais. Bon, on reprend une tournée ?”

Quelque temps plus tard, victime d’une crevaison, je pousse mon vélo jusqu’aux portes de l’atelier d’autoréparation de mon quartier, dont j’avais entendu parler sans jamais osé y rentrer. J’ai été accueillie par une femme d’un certain âge, qui m’a montré comment remplacer ma chambre à air, et j’ai commencé à trouver à mon vélo un maximum de dysfonctionnement pour avoir l’excuse de revenir chaque semaine dans cet endroit, jusqu’à y bénévoler régulièrement. Je n’étais pas très dégourdie, ni très forte en mécanique, mais je me sentais bien là bas.

Avant mon départ de Strasbourg, mon père a tenu à m’offrir un nouveau vélo pour que je puisse arpenter les rues parisiennes en toute sécurité. J’avais une idée assez précise du modèle que je voulais, j’avais passé du temps à comparer différentes bicyclettes, et quand je suis entrée dans le magasin avec mon père, j’étais plutôt sûre de moi. Le vendeur de vélo ne s’est adressé qu’à mon père, en me désignant parfois par “la petite dame” “la jeune fille” “la petite demoiselle” et en essayant de me vendre un vélo très éloigné du modèle que j’avais désigné en premier lieu, et que j’avais pré-sélectionné sur Internet.

Ces deux mésaventures sont, je crois, la base de mon changement de carrière et de ma prise de conscience du sexisme ordinaire. Dans le milieu militant féministe, on appelle ça avaler la pilule bleue, en référence à Matrix. Avant, j’étais documentaliste, un métier socialement considéré comme féminin. Je n’avais pas l’impression de souffrir du sexisme, et je ne me suis pas heurtée au plafond de verre, malgré plus de douze ans passés dans la même entreprise. Mes compétences ont été reconnues par mes supérieurs masculins, j’ai été augmentée et mon poste a évolué. Les circonstances ont fait que j’ai du déménager, démissionner de mon entreprise où tout se passait bien, passer par des contrats précaires et des missions décourageantes pour finalement entreprendre de choisir un nouveau métier.

Aujourd’hui je suis technicienne cycles. Mon travail consiste à vendre et à réparer des vélos. Inutile de dire que je ne pratique jamais le tarif gonzesse, et que non seulement j’écoute sans les interrompre les femmes qui viennent acheter un vélo dans mon magasin, mais surtout, je les questionne sur leur pratique du vélo, sur leur trajet, sur leur goûts, sur leurs besoins. Je veux qu’elles me parlent de leur façon de pédaler, et qu’elles repartent avec un vélo aussi proche que possible de celui qu’elles imaginaient avant d’entrer dans mon magasin. Mais surtout, je veux que jamais elles ne se sentent illégitimes ici.

J’évolue désormais dans un environnement professionnel ouvertement sexiste : du chef d’entreprise qui m’a engagée “pour apporter un peu de féminité”, au chef d’atelier qui m’interroge sur mon orientation sexuelle, au directeur de magasin qui semble ignorer mon prénom et qui m’appelle “la miss” ou “ma belle”, aux clients qui sont toujours étonnés de voir une femme en atelier et qui me le font savoir, à ceux qui s’adressent à mes collègues qui n’ont aucune expérience en mécanique, plutôt qu’à moi, la personne pleine de cambouis avec un tablier et des outils en main, debout devant un pied en train de triturer les entrailles d’un vélo. Aux autres femmes aussi, qui me demandent comment je fais pour rester féminine malgré mon métier, qui déplorent que je puisse pas porter de robes ni de vernis à ongles, ou tout simplement qui trouvent admiraaaable que j’ai le courage de réparer des vélos.

Le cycloféminisme est un moyen de pratiquer un empowerment au quotidien, et d’imposer ma place dans ce milieu, exactement comme j’impose ma place sur la route quand je suis à vélo. C’est le sujet que j’aborderai dans un prochain article : vous avez toujours voulu savoir ce que c’était que d’être une femme ? Montez sur votre vélo.

D’ici là, à lire :

Définition du Cycloféminisme : wiki.cyclocoop.genre

Pourquoi pratiquer la mécanique en atelier non mixte https://reporterre.net/Les-ateliers-velo-antisexistes-roulent-de-mieux-en-mieux

Rouler, réparer, repartir

Il m’est arrivé hier midi une mésaventure plutôt banale mais assez désagréable : après avoir fait mes courses en Allemagne, j’ai retrouvé mon vélo affligé d’une crevaison à l’avant.

L’auscultation du pneu révèle trois punaises bien enchâssées, ce qui laisse soupçonner un acte de malveillance, soupçons confirmés quelques minutes plus tard quand je croise deux cyclistes victimes de la même avarie.

Il y a quelques mois, j’aurais poussé en grommelant mon vélo jusqu’au tramway, puis de là jusqu’à un magasin de cycles, qui l’aurait gardé une demi journée pour changer la chambre à air, moyennant une quinzaine d’euros.

Cette fois ci, j’ai poussé en grommelant mon vélo jusqu’au tramway, puis de là jusqu’à la rue Frédéric, pour que les bénévoles de la Vélostation m’apprennent comment poser des rustines, voir, si la chambre à air est trop abîmée, m’aider à la changer.

On peut s’étonner qu’après 10 ans de pratique quotidienne du vélo urbain, je ne sache pas le réparer. La plupart de ceux qui me connaissent pour ma manie de circuler à deux roues sont d’ailleurs persuadées que je suis une experte de la clé Allen.

C’est complètement faux, je n’y connais strictement rien.

En vérité, ça ne m’avait jamais intéressée jusqu’à ce que je commence à caresser l’idée de posséder un jour un beau vélo single speed que j’aurais monté moi même (beaucoup de conditionnel dans cette phrase).

La Vélostation, c’est un atelier d’auto-réparation.

Le principe est très simple : on adhère à l’association pour 27€ annuels en plein tarif, et on a un accès illimité au lieu, aux outils, mais surtout aux conseils et à l’entraide des bénévoles et des usagers.

Pour quelques euros de plus, on peut acheter sur place les pièces d’occasion pour rénover sa monture. Dans certaines associations les pièces sont gratuites, on se sert librement dans les bacs mais personnellement, je trouve normal de payer, même une somme ridiculement basse, les pièces dont j’ai besoin pour mettre mon vélo à neuf et que les bénévoles collectent à grands renforts de démontages d’épaves sur leur temps libre.

Le jour de mon adhésion au mois d’avril, alors que j’étais simplement venue prendre ma carte de membre, je suis partie 2h30 plus tard, avec un dérailleur neuf, et une roue arrière dévoilée.

J’ai fais 50% du boulot, en m’écorchant beaucoup les doigts, mais avec le sentiment du devoir accompli. J’y suis retournée la semaine suivante pour régler mes freins, dévoiler ma roue avant, et je me suis même offert une séance de démontage de tous les accessoires inutiles qui encombraient ma bécane, comme ça, tranquillou, sur mon balcon, un dimanche après midi, pour l’amour du cambouis.

Entre temps, j’ai aussi essayé de démonter une épave qui traînait dans le local à vélo de ma résidence pour récupérer le cadre et le guidon, mais j’ai un peu échoué. Pas grave.

J’ai aussi mis un mot au boulot : si vous avez des vieux vélos inutiles, donnez les moi.

J’ai envie d’avoir une petite écurie à réparer pour les offrir à mes amis ou pour m’en faire un à moi, un jour.

En fait, pour tout vous dire, j’en suis à chercher des bobos fictifs sur ma bécane pour apprendre de nouveaux trucs, parce que j’adore ça, je crois, bricoler les vélos.

Et puis surtout, je ne veux plus être cette personne un peu bête et démunie devant un pépin mécanique, qui attend passivement que quelqu’un d’autre prenne la situation en main.

Je veux pouvoir crever sur un chemin, m’en sortir et repartir à neuf, les mains sales, mais actives et compétentes.

A propos des fanfreluches à vélo

Landrellec et Celly m’ont demandé dans les précédents commentaires de publier une sorte de guide de la greluche à vélo.

C’est à la fois réjouissant, car il y a longtemps que je n’ai pas parlé de fringues sur un blog et compliqué, parce que je n’ai pas l’impression que rouler à vélo change quoi que ce soit à ma greluche attitude.

Comprendre : je n’ai presque pas de vêtement « spécial vélo urbain », donc je m’autorise tout ce que j’aime porter.

Désolée les filles, je suis cette grande fille qui pédale en robe courte et en talons hauts 🙂 Et quand je porte un jean, c’est parce que j’en ai envie, pas à cause de la météo 😉

Toutefois, il existe des adaptations saisonnières et quelques accessoires de base qui me rendent service contre les intempéries et qui restent portables une fois que je suis descendue du vélo.

  • Mon blouson en cuir.

Je l’ai acheté il y a 3 ans, chez Carnet de Vol, qui est un magasin pour hommes. A ne pas confondre avec un perfecto féminin, et pour cause, je les trouve certes charmants, mais trop ajustés et surtout trop légers.

Pourquoi est il pratique à vélo ?

Il est doublé, donc bien chaud, et imperméable au vent et à la pluie. Les manches se retroussent facilement, je le porte donc en toutes saison, avec, en dessous, du simple débardeur au gros pull. Il se ferme avec un zip éclair, et se boutonne au cou, pas un souffle d’air ne passe en cas de gros grain et pourtant je ne transpire pas.

Et comme il est quand même coupé prêt du corps, il s’associe aussi bien avec un jean, qu’une robe, qu’une jupe…

  • Ma collection de foulards

J’en ai plusieurs dizaines, et je sors rarement sans quelque chose autour du cou, même en cas de grosse chaleur. D’une part, influencée par ma tante Mado, je trouve très chic d’assortir un foulard à sa tenue. Quand je lui rend visite j’ouvre systématiquement son tiroir à foulards pour admirer sa collection.

D’autre part, et c’est la raison pour laquelle je ne peux pas m’en passer à vélo,  je suis paranoïaque, comme ma grand mère paternelle, du moindre courant d’air dans le cou qui apporte inévitablement le mal de gorge, la bronchite, voir le cancer des poumons, évidemment.

Je les choisis en coton, ou en soie, et je les rentre bien dans le col du blouson. Je les préfère d’ailleurs aux écharpes en laine, que je trouve encombrantes.

  • Ma collection de couvre chefs

J’ai une « tête à chapeaux ». Là encore, c’est chez mes grands parents que je trouve les meilleures pièces : la fameuse casquette bleu roi et le béret noir de mon papi Yvan, la toque en fourrure synthétique blanche de mamie Berthe, la chapka de l’armée russe que m’a donnée mon amoureux…

Pourquoi c’est pratique à vélo ?

Dès les premiers coups de pédale, le vent de la course me donne cette sensation désagréable de picotement à l’intérieur des oreilles, atténuée certes par les écouteurs. Dès qu’il fait en dessous de zéro, le corps, malgré l’échauffement du trajet, perd beaucoup de chaleur par la tête. Il est presque impensable que j’enfourche mon vélo tête nue. L’hiver dernier a été particulièrement glacial et neigeux, et lorsque je laçais les cordons des oreillettes de ma chapka pour protéger mes joues et mon cou, je me sentais comme dans un petit cocon.

D’ailleurs, mes casquettes me sont aussi très utiles en cas de pluie fine et obstinée : c’est bien connu, les capuches ne tiennent jamais en place et obstruent la vision latérale.

Petit aparté désolé, maman m’avait ramené un incroyable bob imperméable en toile enduite de l’île de Guernesey, que j’ai égaré bêtement. C’était la PERFECTION quand il pleuvait et en plus il était beau. J’espère en retrouver un semblable un jour.

  • Mes moufles rétractables

Pour les mains, je procède par étapes. Petits matins d’octobre : manchettes et bout des doigts rouges. Début novembre : gants fin en laine. Premières températures négatives et premiers signes d’assèchements sur les mains, branle le bas de combat : les moufles/mitaines rétractables !

Elles sont difficiles à décrire : il y a 4 emplacements qui courent jusqu’à la première phalange. Le pouce est couvert. Et par dessus, il y a une moufle qui se rabat, pour réchauffer les doigts et permettre quand même, au feu rouge, de changer la musique sur le téléphone, de cadenasser le vélo sans quitter ses gants, etc etc etc.

Follement pratique. Je fais bien attention à ne pas les égarer. En plus les gants sont en matière imperméable (enfin, relativement, l’équivalent de deux chutes dans la poudreuse).

  • Le délicat point souliers

Malgré ma pointure impossible, mon talon d’Achille en matière de grelucherie, ce sont les souliers.

J’en achète très régulièrement, enfin, c’est à dire que je vais, pleine d’espoir chez NewLook, et que je me jette sur la première paire en 42 qui passe. C’est heureusement assez rare, tant mieux pour mon pauvre compte en banque et mon tout petit appartement.

Je ne me soucies absolument pas du confort, parce que guess what ? Je m’en fous ! Je suis à vélo et le reste de la journée je suis assise devant mon ordinateur 😀

J’ai donc une foultitude de chaussures immarchables, mais ravissantes, qui ne m’empêchent pas de pédaler à toute allure.

L’été c’est très bien.

L’hiver, le choix est réduit, à cause de l’humidité constante. Personne n’a envie d’arriver au boulot avec les pieds trempés.

Néanmoins, vous ne me verrez jamais en caoutchouc. J’ai deux paires de bottines en cuir synthétique relativement imperméables, qui ont le mérite d’être aussi jolies. Et lorsqu’il neige, ou qu’il fait vraiment froid, on n’a jamais fait mieux qu’une bonne paire de Doc Martens avec des chaussettes de montagne respirantes, l’équivalent pour mes pieds de mon blouson en cuir.

En plus les miennes sont violettes.

  • Dois je acheter un poncho intégral pour me protéger de la pluie ?

Mon papa m’en a acheté deux. J’ai aussi quelque part un pantalon de k-way. Mon papa ne déconne pas avec les protections.

Je les oublies tout le temps à la maison quand il fait mauvais, parce que le vent s’engouffre dedans, parce que la pluie s’accumule dessus et mouille mes pieds, parce que la capuche s’envole, et enfin, parce que quand je croise un cycliste en poncho, je trouve qu’il à l’air bien bête.

  • Quid de la jupe à vélo ?

La jupe à vélo est la cible de préjugés ridicules alors qu’elle est en réalité votre meilleure alliée.

On la dit trop frileuse en hiver, trop impudique en été.

Je réponds : portez des collants en laine, isolez vos pieds en hiver et mettez une culotte en été (ou pas, c’est selon).

Et c’est tout ce que j’ai à dire à ce sujet.

Pour terminer, si vous n’êtes toujours pas convaincue, que vous trouvez qu’il fait beaucoup trop moche en France pour se déplacer en vélo tous les jours, allez jeter un œil sur le blog Copenhagen Cycle Chic et prenez exemple sur l’élégance des Danoises à vélo, en toute saisons.