Uberisation dans les métiers du cycle : les alternatives pour les entrepreneurs

Dans les épisodes précédents, j’ai évoqué la genèse de cette série sur l’uberisation, et j’ai fais un focus sur le statut d’auto-entrepreneur, en expliquant pourquoi il était néfaste pour les travailleurs qui livrent à vélo ou qui sont mécaniciens, pourquoi les startups y avaient recours, et pourquoi d’autres entreprises choisissaient de l’éviter à tout prix.

Je vais maintenant poursuivre ce récit en vous présentant quelques alternatives pour lutter contre l’uberisation dans les métiers du cycles, que vous soyez entrepreneur, prestataire, ou consommateur.

J’en profite pour saluer chaleureusement tous les interlocuteurs qui ont accepté de me donner leur temps pour me rencontrer, échanger des e-mails, des tweets, répondre à mes questions souvent indiscrètes, alors que je ne suis ni doctorante, ni journaliste, simplement une mécanicienne.

Vous êtes toutes des personnes formidables, généreuses, engagées et je suis intimement convaincue que le chemin sur lequel vous avez choisi de vous engager, malgré les difficultés et les sacrifices, est le bon.

Un énorme MERCI.

Se débarrasser des géants de la foodtech ? Coopcycle.

Vous souhaitez monter votre petite entreprise de prestation de service à vélo et vous avez besoin d’un support logistique pour assurer l’interface entre vos livreurs, vos clients, et vos producteurs/restaurateurs/sources d’approvisionnement diverses ?

Contactez Coopcycle.

Le projet CoopCycle a pour objectif de créer une plateforme de livraison de repas à vélo open-source, offrant les mêmes fonctionnalités que les plateformes propriétaires.

L’idée ? Fournir un système complet de mise en relation (site web, API et application smartphone) permettant aux travailleurs de détenir la plateforme pour laquelle ils·elles travaillent. Sous la forme d’une entreprise collective, ils·elles pourront décider des conditions de travail, de la tarification et des horaires, sur un modèle démocratique et ouvert. Le logiciel étant open-source, ce modèle pourra ensuite être répliqué facilement dans d’autres villes.

L’idée est de favoriser l’entrepreneuriat local dans un esprit solidaire, puisque la condition pour bénéficier gratuitement du code source  de Coopcycle est de placer son entreprise « d’une entreprise collective appartenant à ses travailleurs, dans laquelle tous les gains financiers sont répartis équitablement. » 

En résumé, créez une SCOP, et Coopcycle vous le rendra 🙂

Coopcycle  recherche toujours un financement pour employer des développeurs et diffuser son esprit coopératif et ses bonnes idées. Néanmoins, le code est prêt, et son aimable développeur se tient à votre disposition pour toute requête ou question complémentaire (et en plus, il est sympa).

Conciergeries, paniers bios, et livraison à vélo.

Quand j’ai vu passer le tweet de @panierdumarché qui proposait de livrer des paniers de fruits et légumes bios à vélo dans tout Paris, j’ai immédiatement contacté la fondatrice, Elisabeth Hutin-Baillot pour lui demander comment étaient rémunérés les livreurs. Elisabeth m’a répondu de façon honnête et concise, en m’expliquant qu’elle avait choisit de faire appel à Lulu dans ma rue pour la livraison des paniers.

C’est ensuite vers Alexandra Audes que je me suis tournée pour comprendre le concept de Lulu dans ma rue. Il s’agit d’une conciergerie de quartier, qui propose des services de babysitting, garde d’enfants, soutien scolaire, travaux de bricolage,  heures de ménage, gestion des courriers, des animaux domestiques en l’absence des propriétaires et donc, depuis peu, de livraisons de paniers bios à domicile.

Les lulus sont en général des personnes anciennement précarisées, éloignées de l’emploi, qui ont des compétences et des talents. Les lulus sont accompagnés dans leurs démarches administratives, professionnelles et sociales de retour à l’emploi par des assistants sociaux, des conseillers en  en économie sociales et familiales, qui vont faciliter leur réinsertion, mais aussi les conseiller dans le développement de leur activité de concierge de quartier.

Après cette période de transition, les Lulus qui le souhaitent créent leur SARL et deviennent non pas auto-entrepreneurs, mais chefs d’entreprise. Ils sont bien sur toujours membres de la franchise Lulu, mais sont libres de développer l’activité qui convient le mieux à leurs envies et à leurs compétences.

Elisabeth aurait très bien pu faire appel à un géant de la Foodtech pour livrer ses paniers bios, mais elle a préféré voir plus local, social et responsable et donner du travail aux Lulus. Elle m’a d’ailleurs confié que l’idée de reproduire sur d’autres personnes une situation de précarité qu’elle avait elle même connu pendant ses études en accumulant les jobs étudiants mal payés, humiliants et souvent payés au noir lui faisait horreur.

Bravo à elle, et bravos à eux.

Si vous connaissez d’autres alternatives destinées aux entrepreneurs, contactez moi sur @aupresdemaselle pour en discuter ! Je n’ai pas eu le temps ni l’opportunité de toutes les recenser, mais je sais qu’il en existe énormément !

A demain avec les alternatives pour les auto-entrepreneurs qui souhaitent s’émanciper 🙂

 

 

 

 

 

Sur le port obligatoire du casque à vélo pour les enfants.

Avertissement : je n’ai rien contre le port du casque. Si ma clientèle souhaite s’équiper, je l’oriente vers des modèles adaptés à sa pratique. Je suis contre l’obligation, je n’en porte pas pour mes déplacements urbains et j’essaie d’expliquer pourquoi à mes clients, s’ils me posent la question.

Le 22 mars 2017, la législation française rend obligatoire le port du casque à vélo pour les enfants de moins de 12 ans, qu’ils soient passagers ou conducteurs.

La Délégation à la sécurité et à la circulation routière a relayé sur son compte twitter une campagne que personnellement, en tant que professionnelle du cycle, je trouve problématique.

D’un point de vue sémantique, le message est émotionnel.

On montre le visage mutilé d’un enfant, le “vous” s’adresse aux parents.

Cette publicité signifie : en tant que parent, VOUS êtes responsable de la sécurité à vélo de votre enfant. S’il est amoché, c’est parce que VOUS ne lui avez pas fait porter de casque. Heureusement la législation est là pour réparer VOTRE erreur de parent.

Ce que cette campagne ne mentionne pas, c’est le contexte de l’accident.

Ce que cette campagne ne mentionne pas, c’est que les automobilistes et les deux-roues motorisés se déplacent trop vite, sans prendre en compte le danger qu’ils représentent pour les autres usagers de la route.

Ce que cette campagne ne mentionne pas, c’est que le port du casque à vélo déresponsabilise le conducteur de véhicule motorisé.

Ce que cette campagne ne mentionne pas, c’est que les infrastructures cyclables ne sont pas adaptées à la circulation des enfants, des cyclistes débutants ou peu aguerris.

Cette campagne, c’est l’aboutissement d’une fine opération de fabrication du consentement à l’obligation du port du casque.

C’est le résultat du lobbying de l’industrie automobile, des compagnies d’assurance, des instituts de tests et d’homologation, qui travaillent main dans la main avec les associations de prévention routière pour imposer le port du casque, d’abord aux enfants, ensuite aux adultes, le tout au nom de la sécurité routière.

L’industrie automobile finance le vélo sportif, qui est un excellent allié des motos et voitures (il suffit d’observer une caravane du tour de France). Elle associe le vélo à des sensations extrêmes, au dépassement de soi, au danger. Les associations qui font la promotion du casque obligatoire militent indirectement pour la voiture et la privatisation de l’espace public.

L’industrie automobile combat la ville inclusive, celle qui permet aux enfants de jouer dans la rue, aux personnes âgées du voisinage de les surveiller et de socialiser, tout simplement parce que l’automobile n’y a pas sa place.

Pour reprendre l’excellent post du chroniqueur belge Zinnebike la logique de sécurité et les chiffres de l’accidentologie voudraient que, avant d’imposer le port du casque aux enfants, on l’impose aux cyclistes seniors circulant hors agglomération et surtout aux automobilistes, qui sont beaucoup plus touchés par les traumatismes crâniens.

Pour protéger nos enfants à vélo, il est nécessaire de leur permettre de circuler en toute sécurité. Les priorités des législateurs devraient donc concerner l’amélioration des infrastructures cyclables et la limitation de la vitesse des véhicules motorisés en agglomération.

Malheureusement, ajouter des contraintes sur les cyclistes avec des campagnes de publicité culpabilisantes et des textes de loi coûte moins cher que d’investir dans une politique en faveur des modes actifs.

Il est regrettable qu’un texte de loi aussi radical ait été rédigé sans se préoccuper des conséquences à long terme sur le potentiel cyclable de la génération à venir.

Le vélo comme moyen de transport est une habitude prise efficacement entre 8 et 13 ans, après, c’est plus difficile. Il y a 70 ans les enfants de 8 ans avaient un rayon d’action d’environ 10 kilomètres ; ceux d’aujourd’hui n’ont même plus le droit de traverser leur rue, alors qu’ils pourraient aller à l’école à pied ou à vélo, mettant leur cerveau en route, actifs dans leur déplacement et leur exploration de la ville.

Ces enfants casqués à partir du 22 mars sont surtout de futurs cyclistes en moins pour apaiser la ville de demain.

Cohabitation piétons cyclistes à Strasbourg : le point Homme de Fer.

Il y a un moment que je n’ai pas écris ici, mais la tribune sur la cohabitation piétons cycliste publiée dans Rue 89 édition de Strasbourg me donne l’occasion de mettre mon grain de sel sur un des points noirs de la ville en terme de circulation : l’épicentre de Strasbourg, le secteur Homme de Fer / Kléber.

Cette place  est très problématique en terme de circulation, qu’on soit piéton, cycliste, usager des transports en commun ou automobiliste.

Concernant la place de l’Homme de Fer, il faut impérativement la contourner pour gagner du temps et éviter de provoquer le courroux des piétons qui ont rédigé cette Tribune accusatrice.

1/ prolonger la rue des Grandes Arcades (c’est à dire, globalement, mettre pied à terre toutes les deux secondes.)

2/ traverser la rue de la Mésange au niveau du Monoprix (aaaattention au tram !)

3/ passer dans cette petite rue étroite autorisée aux cyclistes, mais largement occupée par : des piétons (oui, vous avez le droit d’être là, mais tenez votre droite, merci, bisoux) et  les véhicules de livraison des magasins (stationner au centre ville est aussi une galère sans nom, big up les automobilistes courageux).

4/ suivre la piste cyclable de la rue Thomann, avec ce drôle de virage coudé où les automobilistes ne vous voient arriver au dernier moment (c’est l’un de ces endroits dangereux où je me suis pris une voiture de front. J’ai sauté du vélo, mais c’était trop tard pour ma roue avant).

5/ déboucher sur le quai de Paris, un peu avant Smart, où les automobilistes, tout contents d’avoir une onde verte, dépassent joyeusement les 30km/h et te klaxonnent avec fureur parce qu’ils n’ont pas remarqué que le quai était en contresens cycliste.

6/ arriver sur le pont de Paris, et là, c’est le drame. Les piétons qui vont prendre leur bus ligne 6, les cyclistes qui suivent le quai Kléber en ligne droite, le tram D qui coupe la route …

Mais quel bordel 😀

Je ne vous explique même pas la consternation pendant le marché de Noël.

Je vais me faire l’avocat du diable, mais je pense que les voies piétonnes du secteur Homme de fer / Cathédrale devraient le rester.

C’est de toute manière impossible d’y circuler à vélo efficacement, et sans déranger les piétons.

PAR CONTRE j’aimerais qu’en contrepartie, un périphérique central cycliste soit créé sur les quais suivants :

  • Quai de Paris
  • Quai Desaix
  • Quai de Turckheim
  • Quai Finckwiller
  • Quai Charles Frey
  • Quai St Nicolas
  • Quai des Bateliers.

J’aimerais aussi des points de stationnements plus nombreux aux endroits précités.

Idéalement, il faut que le cycliste puisse se garer en périphérie du centre ville (quai St Thomas par exemple) et rejoigne son lieu de rendez vous à pieds.

Ce périphérique éloignerait les cyclistes pressés du pénible îlot central, tranquilliserait les mamies, et permettrait, en outre, de gagner la gare plus rapidement.

Quand je dis aménagement je ne parle pas uniquement de marquage au sol, je parle d’un revêtement cyclable plus confortable, sans nids de poule au bord du trottoir.

Si on souhaite qu’un cycliste ne roule pas sur les trottoirs, il faut lui donner une chaussée adaptée à son véhicule, moins costaud qu’une voiture.

Pour terminer, j’ai envie de reprendre les propos de Lycelle, que je salue au passage, qui me paraissent pleins de bon sens :

« Ce n’est pas bien compliqué de cohabiter, il suffit de regarder où l’on marche. »

Que faire, sans vélo ?

On se pose souvent (dans les médias, entre cyclistes) la question du « Pourquoi faire du vélo ? » dans le sens, « Quels avantages ? » ou « Pourquoi le vélo plutôt qu’un autre moyen de transport ? » et finalement, la discussion finit par tourner en rond, déjà, parce qu’on est entre gens convaincus des bienfaits du vélo, du plaisir que la pratique nous apporte, voir, pour les plus snobs d’entre nous, de notre supériorité par rapport à l’espèce humaine en général.

Dottie, du très joli blog « Let’s go ride a bicycle » qui revient d’un passage chez son libraire super sympa, mais un peu excentré, se pose cette question, d’importance, à mon sens :

 » Is there anywhere you enjoy going, but would rarely frequent if you could not bike there ? « 

Question que j’ai envie de généraliser à :

« Qu’est ce que je ne ferais pas / pourrais pas faire si je n’avais pas de vélo ? »

Je vous laisse un peu cogiter, si vous le voulez bien, dans les commentaires.

Voici le début de ma liste, j’essaie d’inscrire des choses auxquelles je n’aurais pas pensé immédiatement.

  • Je me réabonnerai à l’AMAP : les transports en commun desservent mal le marché du samedi matin, et à pieds, chargée de paquets, même avec un caddie, la promenade serait beaucoup moins agréable qu’à vélo. Le point dépot AMAP Est à 2mn à pieds de mon lieu de travail. MAIS je paierai plus cher mes légumes cultivés localement et je me priverai de mon petit plaisir du week end.
  • Paradoxalement, je ferai d’avantage de courses dans mon quartier si j’étais obligée de me passer de vélo. A pieds, le petit supermarché de quartier est plus proche que la grande surface. MAIS ce petit supermarché est lugubre, cher, et je ne trouve pas tout ce que je cherche.
  • Encore un paradoxe, je serais moins en retard ; telle que je me connais, lorsque je suis dépendante des transports en commun pour me rendre d’un point A à un point B, à Paris par exemple, j’arrive systématiquement en avance, car je ne sais pas estimer mon temps de trajet. A vélo, je sais que ça va me prendre de 5mn à 20mn. Je pars donc au dernier moment et j’arrive souvent en retard. MAIS à vélo, si je sens le retard approcher, j’accélère. Difficile de demander conducteur du tram s’il veut bien sauter quelques arrêts.
  • Je n’habiterai pas dans mon quartier : il est terriblement excentré, la moindre sortie au centre ville, à pieds ou en transport doit s’organiser, je ne pourrais pas dire à mes amis « Ouais, à dans 10mn sur les quais » (en vélo, si, largement !) MAIS je n’habiterai pas pour autant au centre ville, je ne peux pas me le permettre. Du coup, j’exagère un peu MAIS, est ce que sans vélo, je pourrais habiter à Strasbourg même ?
  • Je ne serais pas aussi fière de mes jambes. Disons qu’elles ont toujours été là, grandes, encombrantes, mais à vélo, elles font l’essentiel du boulot, et ça se voit ! Je suis drôlement contente de mes mollets (le prochain objectif est de galber mes fesses.).

Winter is coming : soyez lumineux à vélo

Hier soir en me rendant à ma leçon hebdomadaire de guitare dans un quartier far far away, je suis passée au travers de plusieurs contrôles de la police municipale au centre ville (à Rivétoile, place d’Austerlitz, place du Corbeau et à l’entrée de la rue des grandes Arcades).

Les gardiens de la paix effectuaient une large opération de prévention et de contrôle des éclairages des cyclistes.

Je n’ai pas pris le temps de noter s’ils distribuaient des amendes aux vélos aveugles, et j’ai quand même averti d’un tweet rapide les cyclistes strasbourgeois de ma timeline en leur recommandant de vérifier leurs lumières avant de sortir.

En effet, si je désapprouve le déploiement spécifique d’au moins 25 policiers pour une telle opération « coups de frein » (ne seraient ils pas plus utiles ailleurs, par exemple, à la verbalisation du stationnement sauvage des automobilistes qui se garent sur les pistes cyclables ?)  je suis en revanche parfaitement d’accord avec la nécessité de contrôler les équipements des vélos et de verbaliser les cyclistes qui choisissent de rouler sans lumières.

Aucune excuse : il est relativement peu couteux et simple de rendre son vélo visible la nuit. Démonstration.

Ce n’est pas la peur du gendarme qui doit vous obliger à vous équiper, c’est la peur de se prendre le capot d’une voiture.

  • La bonne vieille dynamo

Si vous avez la chance d’avoir un vélo équipé d’une dynamo en état de marche, il serait vraiment stupide de ne pas penser à l’enclencher avant de sortir la nuit. La dynamo va certes vous ralentir, mais, honnêtement, c’est la solution la moins coûteuse et la plus écologique.

Toutefois, par expérience, les dynamos solides deviennent de plus en plus rares, surtout sur les vélos VTC ou ville fabriqués en série et vendus à bas prix dans les magasins de sport. Les miennes ont toujours rendu l’âme au bout de quelques mois : fils arrachés, ampoules qui claquent, etc…

Pensez donc à faire vérifier le bon fonctionnement de votre dynamo chez Vélostation ou Bretz’selle dont vous trouverez les adresses ci contre, ou chez votre marchand de cycle habituel.

Si elle ne fonctionne plus, sacrifiez là sans état d’âmes et remplacez la par des lumières amovibles.

Mon père, gendarme de son état, déconseille la dynamo, mais sur mon vélo Stéphanie, elle est impecc, donc je ne vois pas pourquoi je l’enlèverais (mauvaise fille !).

  • Les lumières amovibles

Je précise que tous ces luminaires sont légaux et homologués par les forces de l’ordre (pour l’anecdote, l’hiver dernier, les policiers municipaux m’ont arrêtée non pas pour me verbaliser mais pour me demander où j’avais acheté mes lumières, parce qu’ils les trouvaient très efficaces).

On les trouve en magasin de sport ou évidemment en magasin de cycles (penser à comparer les prix, ce n’est pas parce que vous achetez vos lumières dans un magasin de fixie branché qu’elles seront plus efficaces : la marque Chok, très bobo, est aussi distribuée chez Go Sport 😉 ).

Les kits avant / arrière à fixer sur le cadre.

Je n’aime pas tellement ce système :

  • très énergivore, même en utilisant des piles rechargeables.
  • craint l’humidité (tombe en panne à la première rosée).
  • pas très discrets, gros risque de vol si on oublie de les ôter du vélo.
  • système de fixation peu pratique (pour la lumière avant, si un panier est déjà fixé sur le guidon, on doit fixer la lumière sur la roue avant, même problème si le porte bagage est équipé d’une siège enfant.)
  • Prix et qualité très variables (j’ai acheté un kit en Allemagne à 5€, un autre kit à 29€, la durée de vie est tout aussi médiocre).

Reste que ces lumières sont particulièrement puissantes : vous pouvez éblouir un automobiliste, qui va se croire flashé par un radar alors qu’il circule à 20km/h dans les bouchons, vous pouvez retrouver votre chemin dans la ruelle pénible où se trouve votre garage à vélo, vous pouvez les utiliser comme frontale pour retrouver vos clés, etc etc etc. peut être que ça vaut l’investissement, après tout.

Les diodes électroluminescentes

L’investissement de départ est assez variable : de 19.99€ pour le kit avant arrière de Chok chez Go Sport ou 6.99€ l’unité chez Decathlon, marque B-Twin.

Le principe est le suivant : deux modes, un fixe, un clignotant, un gros élastique, et on accroche la diode où on veut. J’ai mis les mienne à la selle et sur la roue avant. Elles résistent bien aux intempéries, elles sont rapides à enlever et peu encombrantes (j’accroche les miennes à mon porte clés pour être certaine de ne jamais les oublier).

Deux inconvénients majeurs :

  • la pile bouton est chère ! 14€ pour remplacer les deux diodes, soit quasiment le prix d’achat ! Attention aux pièges, ne l’achetez pas dans la bijouterie prout prout de la place machin, on va vous faire payer le double et vous facturer la pose. Achetez la en hypermarché, au rayon multimédia. Evitez aussi de perdre le micro tournevis fourni avec le kit, sous peine de ne plus pouvoir accéder au compartiment et de devoir, donc, aller en bijouterie.
  • L’élastique ne résiste pas plus d’une saison ! il finit par se briser net, rendant la diode inutilisable (vous pouvez toujours récupérer la pile) (soupir).

Ce système de fixation développé par Knog est bien meilleur, avec tous les avantages de la diode mais évidemment c’est un peu plus cher, compter 35€ en moyenne. Guillaume vous recommande le modèle Gekko.

  • Les petits accessoires additionnels

ATTENTION : ils ne remplacent en aucun cas un bon éclairage, mais s’avèrent pratiques pour augmenter votre visibilité.

  • Deux paires de catadioptres sur les roues. Oui, c’est moche, ça va pourrir tes roues customisées, mais c’est obligatoire.
  • Idem sur les pédales.
  • Le fameux et très très laid gilet jaune : écoutez je sais, c’est chiant, mais roulez le sous la selle, et sortez le en cas de contrôle de police, souvenez vous qu’il n’est pas obligatoire en agglomération. Sinon vous pouvez toujours en acheter un et le mettre en scène en photo pour l’envoyer à Cali Rezo.
  • Des brassards réfléchissants (certaines associations cyclistes en distribuent gratuitement, renseignez vous).

Voilà. Si avec ça vous avez encore la mauvaise foi de rouler dans le noir, je vous souhaite une amende de 1ère classe de 11€.

Pour plus d’informations, consulter cette page sur le code de la route et les verbalisations applicables aux cyclistes. Source : Vélomobilité, mieux se déplacer en Île de France.

! Rien à voir ! Message Personnel !

Merci à Vincent de Strasbourg Cycle Chic pour l’échange de lien !

C’est terriblement 2001 les échanges de lien sur les blogs, j’adore !

J’ai des cache oreilles léopard et des collants rouges ! Mon vélo est très moche ! Venez me prendre en photo !

Le vélo gagne à tous les coups…

… en terme d’empreinte carbone, par rapport à la voiture, le bus, ou le métro sur un trajet quotidien domicile – lieu de travail, et ce en prenant en compte des paramètres aussi divers que les émissions de CO2 lors de sa fabrication, le coût d’entretien, et l’aménagement des voies cyclables.

C’est la conclusion de la chercheuse Shreya Dave. (Merci @Eleusie d’avoir retweeté cet article).

Je vais peut être vous surprendre, mais lorsque j’ai pris la décision de me déplacer exclusivement à vélo, je n’ai pas du tout pris en compte mon empreinte carbone.

Pédaler était simplement plus pratique que prendre les transports en communs.

C’est seulement depuis environ deux ans que je me rends compte qu’en tant que cycliste, je m’inscris également dans une démarche de développement durable, parce que je travaille dans ce secteur, parce que la médiatisation des transports doux est de plus en plus forte, et que le vélo séduit également une population croissante de jeunes urbains actifs qui trouvent le green business de plus en plus attractif.

Je suis ravie de cette évolution … mais ça m’énerve d’être à la mode 🙂

Amis de Julie

Du coup, j’ai une question : pour quelles raisons vous déplacez vous en vélo ?

Petit manuel de conduite à vélo (le mien)

Commentaire d’un article paru dans 20 minutes, édition Strasbourg.

J’ai de plus en plus l’impression que le code de la route n’est pas adapté à la circulation à vélo urbaine.

Le point sur les droits et devoirs des cyclistes

en fonction des aménagements strasbourgeois

Le tourne à droite au feu.

En septembre, 17 carrefours bénéficieront du « tourne à droite » au feu rouge pour les vélos. Pour l’instant, la manœuvre n’est permise qu’aux angles des rues de l’Hôpital-Militaire et de Zurich ; du Maréchal-Juin et Pierre-Montet ; Saint-Guillaume et quai des Bateliers ; de la Brigade-Alsace-Lorraine et des Orphelins, ainsi que quai du Maire-Dietrich et avenue de la Marseillaise.

Je constate que, de toute façon, sur la plupart des carrefours, tourner à droite n’est pas dangereux pour le cycliste. On va donc dire que c’est un moyen de légaliser une infraction devenue populaire. Et mon tout petit côté anar est satisfait. Tout petit parce que, en dehors des tourne-à-droite autorisés, je mets poliment pied à terre aux feux rouges.

Bon point.

A contresens, oui mais…

Depuis juillet 2010, un décret national autorise la circulation des vélos à contresens dans les rues à sens unique sur toutes les zones 30, à l’exception des rues du Noyer, des Juifs, des Serruriers et des quais de Paris et Desaix.

Dans un récent numéro de Globalmag, un magazine environnemental diffusé sur Arte, le monsieur vélo de l’émission testait avec jubilation les contresens cyclistes parisiens. Pour lui c’était la découverte de l’année ses trajets à vélo étaient parsemés de petites fleurs des champs.

Il est mignon.

Moi je remarque simplement que dans ces zones à contresens, il n’y a pas souvent de marquage au sol pour signaler l’espace cyclable et que les interdictions de stationner ne sont pas souvent sanctionnées.

A améliorer.

Des trottoirs partagés.

Sur certains seulement et à l’allure du pas ! Pendant deux ans, un projet d’espace mixte pour les vélos et piétons est expérimenté sur le pont Louis-Pasteur, les rues des Comptes, de la Victoire et de la Bourse, et la route-du-Rhin, artère où 35 000 véhicules passent quotidiennement.

Dans la tête des usagers de la route, trottoir = piéton. Dans ces conditions, comment faire comprendre à la masse piétonnière principalement composée de touristes qui marchent jusqu’à la Cathédrale dans la portion de la rue du vieux marché aux poissons aménagée en trottoir partagé, que le cycliste a le droit d’être là ?

Quand au trottoir partagé de la route du Rhin, quand il n’est pas en travaux comme en ce moment …

[Petit aparté. Je rêve d’un organe de presse municipale qui informerai les usagers des travaux qui sont susceptibles d’affecter les pistes cyclables. 

Ça m’éviterait d’être surprise, un matin, en plein portage de vélo pour contourner un énorme trou, et des barrières de chantier qui ont poussé sur mon trajet pendant la nuit.

Après tout, sur les autoroutes il y a des panneaux lumineux qui préviennent les automobilistes de la durée des désagréments de circulations.],

Je reprends. Cet espace partagé est infréquentable parce qu’utilisé comme parking sauvage par les automobilistes qui ne veulent pas payer pour le stationnement du cinéma. La police municipale intervient tous les 36 du mois, quand il manque quelques contraventions dans leurs objectifs, j’imagine.

Quand au cycliste, il est obligé de bifurquer violemment sur une voie sans marquage au sol, une quasi nationale fréquentée par des poids lourds et théoriquement limité à 50km/h, mon cul les 50km/h.

Complètement inutile, et même dangereux.

Idée reçue sur les points.

Le papier rose n’étant pas exigé pour rouler à vélo, impossible de perdre des points, à moins d’avoir commis un délit relevant du droit pénal. Pour une conduite en état d’ivresse (plus de 0,80 g/litre de sang) ou sous l’emprise de stupéfiants, le tribunal peut alors exiger un retrait temporaire.

J’ai envie de partir d’un petit rire cynique.

J’aborderai le point de la verbalisation dans un article dédié, mais à mon sens on devrait surtout verbaliser les cyclistes qui circulent sans lumière ou qui téléphonent au guidon (cf plus bas).

A améliorer, mais bon, c’est toujours utile de savoir qu’un policier ne peut pas vous menacer de vous retirer des points si vous avez commit une infraction.

Téléphoner ou pédaler.

Se risquer à décrocher guidon en main est passible d’une amende forfaitaire de 35 €. Comme en voiture, le kit mains-libres est toléré, mais en cas d’accident, cela risque de jouer en la défaveur du cycliste, automatiquement considéré en tort.

… et c’est pas plus mal.

Je fais de l’air guitar à vélo pour m’amuser, en ligne droite, quand je suis sur un parcours que je connais bien.

Entendez par là que le reste du temps, j’ai mes deux mains sur le guidon. Je ne libère pas non plus ma main droite pour fumer à vélo (j’ai une conception de la tabagie toute personnelle, je n’aime pas tellement fumer en mouvement). J’évite donc de décrocher et de téléphoner d’une main quand je suis en train de rouler. Voir des cyclistes le faire me donne envie de les faire tomber pour qu’ils comprennent un peu leur connerie.

Ça va putain, est ce que cet appel est si important que tu ne puisses pas te garer sur le bord de la route pour répondre ?

Le problème, c’est ce fameux kit mains libres. J’adore écouter de la musique sur mon téléphone pendant mes trajets. C’est totalement génial… et ça ne me déconcentre pas, je reste vigilante sur la circulation et je ne pousse pas le son trop fort pour pouvoir être alertée. Une conversation téléphonique exige d’avantage de concentration, et moi, je trouve ça très dangereux. D’ailleurs mes cascades à vélo qui n’ont pas été causées par un tiers ont été causées par un appel téléphonique.

J’ai donc désactivé le décroché automatique du kit main libres.

De toute façon, 90% des gens qui m’appellent sur mon portable tombent sur le répondeur (je n’aime pas répondre).

Donc bon point, mais améliorer la verbalisation.

Avec le casque, c’est mieux.

Il n’est pas obligatoire, mais fortement recommandé.

Fortement recommandé par qui ? Pas par la Fubicy, qui résume mon opinion en ces termes :

« Vous l’avez sûrement remarqué : les pilotes de rallye portent tous un casque, alors que personne n’en porte lors de simples déplacements en voiture. Eh bien, pour le vélo, c’est pareil ! »

Bref, c’est un « droit » du cycliste que je ne prendrai pas. En plus, on a l’air con.

Le gilet jaune obligatoire.

Cette mesure s’applique hors agglomération, si l’éclairage n’est pas suffisant ou par temps très couvert. Même s’il est peu sanctionné, le non-port du gilet peut être passible d’une amende de 35 €.

Circulant essentiellement en agglomération, je ne me sens pas concernée par cette obligation.

Toutefois, en pleine nuit, ou par grosse pluie, le gilet jaune me semble l’élément indispensable si on entretient des rapports conflictuels avec son éclairage.

Et puis si un automobiliste nous renverse, avec un gilet jaune, il ne pourra pas dire qu’il ne nous avait pas vu arriver.

Bon point. Je propose néanmoins d’étendre la mesure et de rendre obligatoire les bandes réfléchissantes sur les équipements de pluie spécialement étudiés (avec plus ou moins de succès, j’y reviendrai) pour le vélo… si déjà on ne porte ce gilet que par mauvais temps…

Du Vélib à la choucroute 7/ Vélhop

Ce matin, les quotidiens régionaux célèbrent l’ouverture des trois premières boutiques de location du nouveau Vélhop, le vélo en libre service à la sauce strasbourgeoise.

Roland Riess, maire de Strasbourg :  « déposer son Vélhop dans la station où il a été loué a l’avantage de rendre le dispositif moins onéreux. Les systèmes one way, permettant de laisser les vélos où on le désire, « coûtent jusqu’à 4 000 € par vélo et par an . Notre système sera plus économique et coûtera environ 1 000 € par an et par Vélhop. » (source 20mn Strasbourg)

Voilà. Je suis agacée.

Ce qui m’embête avec ce système, c’est qu’on ne pourra pas décider, au débotté, de louer un Vélo juste pour faire une petite course, ou se rendre d’un quartier à un autre, comme c’est le cas dans les autres villes ou le système de vélo en libre service est en place, ou bien pour pallier à une absence de transport en communs quand on sort de soirée au centre ville et qu’on doit rentrer chez soi, disons, à Illkirch.

Parce que le lendemain il faudra retourner à sa station de départ (au centre ville, donc) pour remettre le vélo, et retourner chez soi, après s’être acquitté du forfait location qui va facilement dépasser les 5€  les 12h pour peu qu’on ait eut la flemme de se lever dimanche pour rapporter le vélo.

Vous suivez toujours ?

Bon. On oublie un peu le Vélhop occasionnel pour le piéton bourré.

(De toute façon quand tu es fêtard, piéton, sans bagnole à Strasbourg, tu as déjà un vélo, ne serait ce que pour ne plus jamais revivre l’expérience de rentrer chez toi, saoul, à pieds, à 3h du matin, en suivant laborieusement la voie du tram.

Quand j’étais étudiante sans vélo, j’ai aussi déjà dormi sous un arrêt de bus à Homme de Fer en attendant le premier Tramway parce que j’étais trop déchirée pour rentrer au tier-quar.)

Ne soyons pas chonchon, pour un utilisateur régulier c’est plutôt pratique… et ça va certainement développer la pratique du vélo sur le long terme.

Prenons Géraldine.

Elle vient de Saverne en train, et parfois le matin elle prend un  Vélhop à la station gare pour se rendre à son lieu travail à la CPAM quartier Bourse à Strasbourg.

Ramener le Vélhop à la gare le soir ne la dérange pas du tout mais… Géraldine immobilise un Vélhop toute la journée.

Si plusieurs usagers font comme Géraldine et que le vélo partagé se met à avoir du succès auprès des salariés, la municipalité risque de se retrouver à court de stock.

D’ailleurs Géraldine va certainement choisir de louer un Vélhop au mois (29 €) au trimestre (59€) ou à l’année. Si elle est abonnée à la CTS, si elle est étudiante ou si elle a moins de 26 ans elle bénéficiera de réductions.

Peut être que Géraldine, du coup, va même finir par s’acheter son propre vélo ! Mission accomplie, une cycliste militante de plus ! Elle va simplement devoir le trimballer dans le train. Pour un Saverne/Strasbourg, pas de problème.

Par contre, Bernard a la malchance d’effectuer un trajet quotidien Strasbourg Mulhouse.

Son soucis c’est qu’à certaines heures (comme par hasard, les heures de pointes) les vélos sont interdits dans les trains depuis 2008.

Alors Bernard, en citoyen écologique qui souhaite vivement privilégier l’inter-modalité, s’embarque pour une journée de folaïe : Il sort de chez lui, la gare de Mulhouse est un peu loin, il peut prendre le tram, mais il fait beau.

Jéééé ! ll loue un Vélocité !

20mn plus tard il parque le Vélocité à la station Gare, monte dans son train, trajet d’une petite heure pendant laquelle il lit L’Alsace Le Pays.

Il arrive à Strasbourg, bon, c’est un peu relou il bosse à Plaine des Bouchers, y’a bien le tram A qui le déposera en 15 mn depuis la gare à l’arrêt Lyçée Coufignal mais après il doit encore marcher 15mn pour rejoindre les bureaux de son entreprise.

Hop ! Il loue un Vélhop !

En contournant le centre ville, il est à la Plaine des Bouchers en 10mn et il a même le temps de prendre un café.

Rebelote le soir.

A la fin de sa journée, en descendant de son Vélocité à la station Coteaux à Mulhouse, Bernard est bien jouasse, il a bien pédalé, mais il est lesté de facile 10€ (il a bossé un peu plus tard il n’a pu prendre le train qu’à 21 et du coup il a dépassé le forfait 12h du Vélhop) à Strasbourg, 2 x 1h 2€ du Vélocité à Mulhouse…

Vous suivez toujours ?

Moi si j’étais Bernard ça me gaverait un peu ces histoires de vélo et de trains à chopper tout le temps. Peut être même que je finirais par prendre ma bagnole pour venir bosser.

Bref.

Je sais pas. Je me sens toute mitigée.

Je suis fière d’habiter dans une ville ou plus de 10% des déplacements quotidiens se font à vélo.

Je trouve ça génial.

Ça rend la ville belle.

Les gens ont l’air globalement contents quand ils pédalent.

Dans mon dernier carnet de vélo, en avril 2008, j’avais répondu à un sondage sur l’implantation d’un système de location en libre service.

Je suis toujours du même avis.

Je pense qu’au lieu de vouloir se mettre à la page, faire du neuf, la municipalité aurait du se concentrer sur l’amélioration de l’existant.

C’est ça, aussi, le développement durable…

Une question de mobilité

Je suis une cycliste du quotidien et de l’extrême, c’est prouvé, validé, et authentifié.

Petit rappel des points positifs : dans une ville aussi bien équipée que Strasbourg, le vélo me procure non seulement du plaisir, mais grâce à lui, je suis indépendante des transports en commun, je circule rapidement (j’ai coutume de dire que je suis à peu près à 15/20 minutes de n’importe où dans la CUS en vélo, et j’exagère à peine.), je me gare facilement, j’ai des cuisses sans cellulite.

Du coté des limites : je suis souvent mouillée (j’en veux pour preuve mon futal complètement trempé parce que j’avais oublié d’emporter mon poncho de la muerte ce matin.), je suis souvent fatiguée (j’ai doublé mon nombre de kms par semaine depuis ma rentrée scolaire), je suis souvent obligée de trimballer 36 paniers et sacs quand je me déplace, notamment quand je vais au supermarché.

Et pour terminer et passer au point suivant, listing des trucs franchement désagréables, réputés impossibles ou compliqués mais quand même réalisés à vélo parce que, jusqu’ici je n’avais pas d’autre moyen de transport :

  • Aller acheter une valise chez Decathlon dans une zone industrielle sans bus alors qu’il faisait 36°C dehors, 40mn aller, 40mn retour, avec la valise sur le dos (heureusement, elle se portait sur le dos !!!).
  • Aller chercher un sommier de 5 kilos chez Ikea, le charger avec des tendeurs sur le porte bagage et rentrer chez moi en poussant le vélo parce que je ne pouvais plus monter dessus, vu que le truc prenait toute la place. J’aurais aussi pu prendre le tram, ceci dit.
  • Aller rendre visite à mon pote qui habite à la campagne, 2h de trajet. Sous la pluie. retour de nuit, par les routes nationales avec les voitures qui te frôlent à 70 km/h.
  • Et enfin, comme je l’avais initialement prévu jeudi, sortir à 17h30 de l’IUT, pédaler jusqu’à la gare pour chopper le train de 18h, mettre mon vélo dans le train, descendre à la gare chez mon père, pédaler jusqu’à chez lui, fêter son départ à la retraite, rester 2h, dire au revoir, pédaler jusqu’à la gare, chopper le train qui me ramène pas trop tard à Strasbourg,  pédaler jusqu’à chez moi. Ou alors, solution pas marrante, dormir chez lui, prendre le train tôt le lendemain matin pour être sûre d’arriver à 8h15 à l’IUT.

Comme quoi être cycliste, c’est aussi, parfois, beaucoup se compliquer la vie.

J’ai mon permis depuis 1999. Après l’avoir obtenu, j’ai conduis pendant deux trois mois la voiture de mon père, le week end, pour aller à Cora. Définitivement installée à Strasbourg, j’ai arrêté de conduire, puisque comme on vient de le voir ci dessus, c’était relativement inutile au quotidien, et pour le reste, le VDC nous véhiculait dans sa Twingo turquoise. Je n’ai donc pas touché de volant pendant environ 9 ans.

Dans le cadre de mon stage, fin octobre, j’ai du conduire un véhicule de service. J’avais peur, donc j’ai demandé à Grain de Sel de me laisser piloter sa voiture pendant mon séjour à Lyon à la Toussaint. Ca s’est très bien passé, j’ai repris confiance en moi. Depuis j’ai roulé plusieurs fois dans Strasbourg, et ma foi, je n’ai tué personne, à part peut être un pigeon, mais je pense qu’il était déjà en train d’agoniser (et pas agonir, merci Darwi :D).

Aujourd’hui, je suis donc allée remplir un contrat d’adhésion à une association d’autopartage et réserver un véhicule pour jeudi soir, à récupérer à 300m de mon IUT.

Moyennant 207 euros (Frais d’adhésion 40€, Dépôt de garantie 150€, et abonnement mensuel 17€), je deviens donc automobiliste à temps partiel, mais surtout, je choisis d’être encore plus libre de mes déplacements.

Je dois dire, que, sans me jeter des fleurs, sur ce coup là, je suis assez fière de moi 🙂

Piétons contre Cyclistes.

Pédalage interdit rue d’Austerlitz

« Monsieur, veuillez descendre de votre vélo, s’il vous plaît. Vous êtes dans une zone piétonne. » Les cyclistes circulant rue d’Austerlitz, hier entre 13 h 30 et 15 h 30, se sont fait remonter les bretelles par les policiers municipaux. Leur but : faire respecter la zone « pied-à-terre » expérimentée depuis fin juillet par la municipalité.

Malgré les panneaux de signalisation installés à chaque extrémité de l’artère, la mesure est loin d’être respectée, selon certains riverains et commerçants. « J’en ai assez, il faut arrêter ce cirque, peste Chantal, une habitante du quartier. On est constamment frôlé par les cyclistes, c’est scandaleux. Aujourd’hui, ils descendent de leurs vélos, mais dès que la police sera repartie, ils recommenceront. » Selon elle, il faudrait que les récalcitrants soient systématiquement verbalisés

« Eventuellement nous devrons le faire, explique Alain Jund, adjoint au maire (Verts) et vice-président de la CUS en charge de la politique cyclable. Mais aujourd’hui, il s’agit de faire de la prévention, pour réguler la cohabitation entre les piétons et les cyclistes. Il faut fixer un cadre du vivre ensemble. » Ainsi, la ville incite désormais les deux-roues à emprunter un itinéraire aménagé rue des Boeufs, à une cinquantaine de mètres de la rue d’Austerlitz. Elle a également prévu de réitérer son opération de prévention dans les semaines à venir. La petite histoire retiendra néanmoins qu’Alain Jund a quitté hier la rue sur son vélo, et non le pied à terre.

Philippe Wendling – ©2008 20 minutes

La rue d’Austerlitz, c’est la toute première rue piétonne que rencontrent les touristes en débarquant de leur bus place de l’Etoile. Elle est donc très fréquentée, encombrée de multiples baraques à frites et autres commerces de cigognes en peluche (toutefois on y trouve un excellent thé) et plutôt étroite.

La vitesse moyenne d’un cycliste en ville est de 15km/h. Étant donné la densité des piétons rue d’Austerlitz, les dangereux cyclistes circulent quasiment au pas, quand ils ne mettent pas pied à terre d’eux même.

Il est beaucoup plus dangereux pour un piéton de se retrouver face à un vélo rue des Grandes Arcades (infréquentable en vélo un samedi), ou boulevard de la Victoire (infréquentable en vélo à l’heure des sorties des facs).

Quand à la verbalisation pour faire respecter le « pied à terre »… je suis vraiment mitigée.

Pourquoi dès lors ne pas verbaliser le piéton qui marche sur les pistes cyclables ? « Monsieur veuillez retourner sur votre morceau de trottoir vous êtes en zone cyclable ».

Allons madame Chantal, vous dites n’importe quoi 🙂

Quant à moi, je ne pose jamais l’ombre d’une roue rue d’Austerlitz.

J’ai toujours coupé par la rue des Bœufs.

Décidément, à Strasbourg la cycliste, ce sont moins les autos que les piétons qui rouspètent 😉