Cohabitation piétons cyclistes à Strasbourg : le point Homme de Fer.

Il y a un moment que je n’ai pas écris ici, mais la tribune sur la cohabitation piétons cycliste publiée dans Rue 89 édition de Strasbourg me donne l’occasion de mettre mon grain de sel sur un des points noirs de la ville en terme de circulation : l’épicentre de Strasbourg, le secteur Homme de Fer / Kléber.

Cette place  est très problématique en terme de circulation, qu’on soit piéton, cycliste, usager des transports en commun ou automobiliste.

Concernant la place de l’Homme de Fer, il faut impérativement la contourner pour gagner du temps et éviter de provoquer le courroux des piétons qui ont rédigé cette Tribune accusatrice.

1/ prolonger la rue des Grandes Arcades (c’est à dire, globalement, mettre pied à terre toutes les deux secondes.)

2/ traverser la rue de la Mésange au niveau du Monoprix (aaaattention au tram !)

3/ passer dans cette petite rue étroite autorisée aux cyclistes, mais largement occupée par : des piétons (oui, vous avez le droit d’être là, mais tenez votre droite, merci, bisoux) et  les véhicules de livraison des magasins (stationner au centre ville est aussi une galère sans nom, big up les automobilistes courageux).

4/ suivre la piste cyclable de la rue Thomann, avec ce drôle de virage coudé où les automobilistes ne vous voient arriver au dernier moment (c’est l’un de ces endroits dangereux où je me suis pris une voiture de front. J’ai sauté du vélo, mais c’était trop tard pour ma roue avant).

5/ déboucher sur le quai de Paris, un peu avant Smart, où les automobilistes, tout contents d’avoir une onde verte, dépassent joyeusement les 30km/h et te klaxonnent avec fureur parce qu’ils n’ont pas remarqué que le quai était en contresens cycliste.

6/ arriver sur le pont de Paris, et là, c’est le drame. Les piétons qui vont prendre leur bus ligne 6, les cyclistes qui suivent le quai Kléber en ligne droite, le tram D qui coupe la route …

Mais quel bordel 😀

Je ne vous explique même pas la consternation pendant le marché de Noël.

Je vais me faire l’avocat du diable, mais je pense que les voies piétonnes du secteur Homme de fer / Cathédrale devraient le rester.

C’est de toute manière impossible d’y circuler à vélo efficacement, et sans déranger les piétons.

PAR CONTRE j’aimerais qu’en contrepartie, un périphérique central cycliste soit créé sur les quais suivants :

  • Quai de Paris
  • Quai Desaix
  • Quai de Turckheim
  • Quai Finckwiller
  • Quai Charles Frey
  • Quai St Nicolas
  • Quai des Bateliers.

J’aimerais aussi des points de stationnements plus nombreux aux endroits précités.

Idéalement, il faut que le cycliste puisse se garer en périphérie du centre ville (quai St Thomas par exemple) et rejoigne son lieu de rendez vous à pieds.

Ce périphérique éloignerait les cyclistes pressés du pénible îlot central, tranquilliserait les mamies, et permettrait, en outre, de gagner la gare plus rapidement.

Quand je dis aménagement je ne parle pas uniquement de marquage au sol, je parle d’un revêtement cyclable plus confortable, sans nids de poule au bord du trottoir.

Si on souhaite qu’un cycliste ne roule pas sur les trottoirs, il faut lui donner une chaussée adaptée à son véhicule, moins costaud qu’une voiture.

Pour terminer, j’ai envie de reprendre les propos de Lycelle, que je salue au passage, qui me paraissent pleins de bon sens :

« Ce n’est pas bien compliqué de cohabiter, il suffit de regarder où l’on marche. »

Que faire, sans vélo ?

On se pose souvent (dans les médias, entre cyclistes) la question du « Pourquoi faire du vélo ? » dans le sens, « Quels avantages ? » ou « Pourquoi le vélo plutôt qu’un autre moyen de transport ? » et finalement, la discussion finit par tourner en rond, déjà, parce qu’on est entre gens convaincus des bienfaits du vélo, du plaisir que la pratique nous apporte, voir, pour les plus snobs d’entre nous, de notre supériorité par rapport à l’espèce humaine en général.

Dottie, du très joli blog « Let’s go ride a bicycle » qui revient d’un passage chez son libraire super sympa, mais un peu excentré, se pose cette question, d’importance, à mon sens :

 » Is there anywhere you enjoy going, but would rarely frequent if you could not bike there ? « 

Question que j’ai envie de généraliser à :

« Qu’est ce que je ne ferais pas / pourrais pas faire si je n’avais pas de vélo ? »

Je vous laisse un peu cogiter, si vous le voulez bien, dans les commentaires.

Voici le début de ma liste, j’essaie d’inscrire des choses auxquelles je n’aurais pas pensé immédiatement.

  • Je me réabonnerai à l’AMAP : les transports en commun desservent mal le marché du samedi matin, et à pieds, chargée de paquets, même avec un caddie, la promenade serait beaucoup moins agréable qu’à vélo. Le point dépot AMAP Est à 2mn à pieds de mon lieu de travail. MAIS je paierai plus cher mes légumes cultivés localement et je me priverai de mon petit plaisir du week end.
  • Paradoxalement, je ferai d’avantage de courses dans mon quartier si j’étais obligée de me passer de vélo. A pieds, le petit supermarché de quartier est plus proche que la grande surface. MAIS ce petit supermarché est lugubre, cher, et je ne trouve pas tout ce que je cherche.
  • Encore un paradoxe, je serais moins en retard ; telle que je me connais, lorsque je suis dépendante des transports en commun pour me rendre d’un point A à un point B, à Paris par exemple, j’arrive systématiquement en avance, car je ne sais pas estimer mon temps de trajet. A vélo, je sais que ça va me prendre de 5mn à 20mn. Je pars donc au dernier moment et j’arrive souvent en retard. MAIS à vélo, si je sens le retard approcher, j’accélère. Difficile de demander conducteur du tram s’il veut bien sauter quelques arrêts.
  • Je n’habiterai pas dans mon quartier : il est terriblement excentré, la moindre sortie au centre ville, à pieds ou en transport doit s’organiser, je ne pourrais pas dire à mes amis « Ouais, à dans 10mn sur les quais » (en vélo, si, largement !) MAIS je n’habiterai pas pour autant au centre ville, je ne peux pas me le permettre. Du coup, j’exagère un peu MAIS, est ce que sans vélo, je pourrais habiter à Strasbourg même ?
  • Je ne serais pas aussi fière de mes jambes. Disons qu’elles ont toujours été là, grandes, encombrantes, mais à vélo, elles font l’essentiel du boulot, et ça se voit ! Je suis drôlement contente de mes mollets (le prochain objectif est de galber mes fesses.).

Petits cailloux : les vélos de ma vie

1984

Je l’ai trouvé sous le sapin avec une paire de baskets rouges à rayures blanches. Je le roulais avec mes petites roues sur la pénétrante une petite route de campagne protégée au bord de la nationale et dans la cour de la maison. On était toute une bande de gosses du même âge, et c’était à qui roulerait sur deux roues le premier. Je ne me souviens pas avoir gagné, mais je me souviens que, le jour où j’ai su rouler toute seule, j’étais fière. J’ai gardé mon vélo bleu Goodfried jusqu’à ce que je grandisse trop.

1987

Déménagement, premier vélo de grande. Blanc, des pneus tous fins, fin, féminin, un bel oiseau cantonné dans mes souvenirs aux limites de la maison, parce que la route départementale était dangereuse. Et puis, ma foi, c’était le temps de l’école à pieds.

Années 90.

Une succession de VTT anonymes et fluos.

Déjà, la monture nécessaire pour aller de village en village pour rameuter les copains et faire une rando barbecue au sommet de la Gosse. Le challenge ultime était de grimper jusqu’à la station de ski de fonds en souffrant mille morts et de descendre en cascadant dans la forêt. Gros souvenirs de tendinites, causées par les vibrations qui se répercutaient des mains crispées sur le guidon aux épaules. Curieusement, aucun accident à déplorer, on était téméraires, mais prudents.

2000

Lasse des transports en communs pour aller à la fac, je demande à mon père de me retaper le vélo de course de mon grand père paternel, vélo jugé moche et donc moins attirant pour les supposés délinquants de la grande ville. Un peu frileuse au début, je ne l’utilise que par beau temps, mais je deviens rapidement accro.

Dans mon souvenir, c’est une épave, il freine mal, il n’a aucune lumière, les pneus crèvent sans arrêt, mais c’est mon vélo, on est en train de devenir copains. Je regrette beaucoup de ne pas l’avoir gardé aujourd’hui.

2002

Premier CDI, Je revends le vélo du grand père (idiote !) et j’investit une petite fortune dans un VTC de compétition qui va me servir à aller travailler tous les jours, par tous les temps.

Je ne m’en rends pas encore compte, mais je fais partie de ces gens encore farfelus à cette époque qui choisissent de ne se déplacer qu’à bicyclette.

Sans en faire un acte militant, je trouve ça parfaitement normal : j’ai toujours détesté marcher, je déteste encore plus les transports en commun, et mon appartement n’est qu’à 10mn de mon lieu de travail, il serait ridicule de ne pas y aller en vélo.

2007

Je comprends que le vélo est indispensable à ma vie pendant les trois longs mois de convalescence après mon opération du ménisque. Je n’ai pas eus mal, la rééducation s’est faite correctement, j’ai retrouvé toute ma mobilité, mais j’étais complètement déprimée de ne pas pouvoir pédaler.

Durant ces 5 dernières années, non seulement j’ai parcouru en long et en large ma ville du haut de ma selle, mais en plus, je crois que c’est ainsi que j’ai appris à l’aimer. J’ai acheté deux autres vélos pour faire encore plus de kilomètres, encore plus loin, encore plus longtemps.

Je déménage encore, je manque de place dans mon petit appartement, il faut me séparer d’une monture, ça me brise le coeur à chaque fois.

2009

Cette année a été rude, je fais plus de 60 kms par semaine pour me transporter d’un campus à un lieu de stage, j’ai perdu dix kilos, mais la vélothérapie est bien là, ces trajets sont mes sas de décompression avant d’entamer des journées où je dois rester concentrée en permanence et donner le meilleur de moi même.

Sur mon vélo, je me sens libre. Je commence à accoupler systématiquement musique et vélo, ça me semble aller de pair.

Au début de l’été, je fête mon diplôme et on me vole cette vieille monture épuisée. Nouveau départ, nouveau VTC.

Maintenant, pas mal de gens m’associent au vélo. Je convertis les copains, les copines, je photographie les vélos qui me plaisent. Un petit résobike se crée autour de moi et ça me plait drôlement.

2012

J’ai de plus en plus d’accidents. Mon vélo a pas mal morflé l’année dernière, et moi aussi.

J’étais une cycliste jusqu’ici plutôt sereine, plutôt heureuse, plutôt peinarde. Je le suis toujours, mais depuis quelques mois, ce n’est plus un simple moyen de transport pratique pour moi, c’est dans mes jambes, c’est dans ma tête. Parfois quand je suis sur mon vélo, j’ai l’impression qu’il obéit comme un cheval à la moindre pression de mes muscles. On ne fait qu’un, on a confiance l’un en l’autre, on est solides tous les deux.

Résultat : quand on fait du mal à mon vélo, c’est moi qui souffre et qui pleure. Quand on m’empêche de passer, quand on remet en cause mon droit à circuler à deux roues, c’est moi qu’on agresse et je rends coup pour coup.

Je ne crois pas que ma façon de pédaler soit en cause, car j’ai dix ans d’expérience à la circulation urbaine, et les risques que je prends sont calculés. Je roule bien et de manière efficace. Et ces connes de bagnoles sont folles de rage.

Je crois que je deviens vélorutionnaire.

2017

Incroyable.

Le vélo n’est plus seulement mon moyen de transport, c’est devenu mon métier ! L’année dernière, j’ai changé de braquet, et j’ai décidé de devenir mécanicienne cycles. Je répare des vélos ! Je suis payée pour faire ça ! Chaque matin quand je me réveille je me dis que je fais un métier formidable.

Que de chemin parcouru à deux roues en 20 ans. Mon vélo il était à petites roues, puis VTT pour rouler avec les copains à la montagne, puis utilitaire urbain pour faire mes courses, puis VTC pour partir en vacances, il a prit le TGV pour venir avec moi à la capitale, il a changé de propriétaire, il est devenu mince, monovitesse et fragile, il est même à assistance électrique ! Aujourd’hui on fait 600kms par mois ensemble.

Je pense déjà à mon prochain vélo. À celui que j’aurai dans deux mois, dans cinq ans, dans dix ans… Aux endroits où il va m’emmener. Aux gens que je vais rencontrer auprès de ma selle.

L’aventure continue.

Winter is coming : soyez lumineux à vélo

Hier soir en me rendant à ma leçon hebdomadaire de guitare dans un quartier far far away, je suis passée au travers de plusieurs contrôles de la police municipale au centre ville (à Rivétoile, place d’Austerlitz, place du Corbeau et à l’entrée de la rue des grandes Arcades).

Les gardiens de la paix effectuaient une large opération de prévention et de contrôle des éclairages des cyclistes.

Je n’ai pas pris le temps de noter s’ils distribuaient des amendes aux vélos aveugles, et j’ai quand même averti d’un tweet rapide les cyclistes strasbourgeois de ma timeline en leur recommandant de vérifier leurs lumières avant de sortir.

En effet, si je désapprouve le déploiement spécifique d’au moins 25 policiers pour une telle opération « coups de frein » (ne seraient ils pas plus utiles ailleurs, par exemple, à la verbalisation du stationnement sauvage des automobilistes qui se garent sur les pistes cyclables ?)  je suis en revanche parfaitement d’accord avec la nécessité de contrôler les équipements des vélos et de verbaliser les cyclistes qui choisissent de rouler sans lumières.

Aucune excuse : il est relativement peu couteux et simple de rendre son vélo visible la nuit. Démonstration.

Ce n’est pas la peur du gendarme qui doit vous obliger à vous équiper, c’est la peur de se prendre le capot d’une voiture.

  • La bonne vieille dynamo

Si vous avez la chance d’avoir un vélo équipé d’une dynamo en état de marche, il serait vraiment stupide de ne pas penser à l’enclencher avant de sortir la nuit. La dynamo va certes vous ralentir, mais, honnêtement, c’est la solution la moins coûteuse et la plus écologique.

Toutefois, par expérience, les dynamos solides deviennent de plus en plus rares, surtout sur les vélos VTC ou ville fabriqués en série et vendus à bas prix dans les magasins de sport. Les miennes ont toujours rendu l’âme au bout de quelques mois : fils arrachés, ampoules qui claquent, etc…

Pensez donc à faire vérifier le bon fonctionnement de votre dynamo chez Vélostation ou Bretz’selle dont vous trouverez les adresses ci contre, ou chez votre marchand de cycle habituel.

Si elle ne fonctionne plus, sacrifiez là sans état d’âmes et remplacez la par des lumières amovibles.

Mon père, gendarme de son état, déconseille la dynamo, mais sur mon vélo Stéphanie, elle est impecc, donc je ne vois pas pourquoi je l’enlèverais (mauvaise fille !).

  • Les lumières amovibles

Je précise que tous ces luminaires sont légaux et homologués par les forces de l’ordre (pour l’anecdote, l’hiver dernier, les policiers municipaux m’ont arrêtée non pas pour me verbaliser mais pour me demander où j’avais acheté mes lumières, parce qu’ils les trouvaient très efficaces).

On les trouve en magasin de sport ou évidemment en magasin de cycles (penser à comparer les prix, ce n’est pas parce que vous achetez vos lumières dans un magasin de fixie branché qu’elles seront plus efficaces : la marque Chok, très bobo, est aussi distribuée chez Go Sport 😉 ).

Les kits avant / arrière à fixer sur le cadre.

Je n’aime pas tellement ce système :

  • très énergivore, même en utilisant des piles rechargeables.
  • craint l’humidité (tombe en panne à la première rosée).
  • pas très discrets, gros risque de vol si on oublie de les ôter du vélo.
  • système de fixation peu pratique (pour la lumière avant, si un panier est déjà fixé sur le guidon, on doit fixer la lumière sur la roue avant, même problème si le porte bagage est équipé d’une siège enfant.)
  • Prix et qualité très variables (j’ai acheté un kit en Allemagne à 5€, un autre kit à 29€, la durée de vie est tout aussi médiocre).

Reste que ces lumières sont particulièrement puissantes : vous pouvez éblouir un automobiliste, qui va se croire flashé par un radar alors qu’il circule à 20km/h dans les bouchons, vous pouvez retrouver votre chemin dans la ruelle pénible où se trouve votre garage à vélo, vous pouvez les utiliser comme frontale pour retrouver vos clés, etc etc etc. peut être que ça vaut l’investissement, après tout.

Les diodes électroluminescentes

L’investissement de départ est assez variable : de 19.99€ pour le kit avant arrière de Chok chez Go Sport ou 6.99€ l’unité chez Decathlon, marque B-Twin.

Le principe est le suivant : deux modes, un fixe, un clignotant, un gros élastique, et on accroche la diode où on veut. J’ai mis les mienne à la selle et sur la roue avant. Elles résistent bien aux intempéries, elles sont rapides à enlever et peu encombrantes (j’accroche les miennes à mon porte clés pour être certaine de ne jamais les oublier).

Deux inconvénients majeurs :

  • la pile bouton est chère ! 14€ pour remplacer les deux diodes, soit quasiment le prix d’achat ! Attention aux pièges, ne l’achetez pas dans la bijouterie prout prout de la place machin, on va vous faire payer le double et vous facturer la pose. Achetez la en hypermarché, au rayon multimédia. Evitez aussi de perdre le micro tournevis fourni avec le kit, sous peine de ne plus pouvoir accéder au compartiment et de devoir, donc, aller en bijouterie.
  • L’élastique ne résiste pas plus d’une saison ! il finit par se briser net, rendant la diode inutilisable (vous pouvez toujours récupérer la pile) (soupir).

Ce système de fixation développé par Knog est bien meilleur, avec tous les avantages de la diode mais évidemment c’est un peu plus cher, compter 35€ en moyenne. Guillaume vous recommande le modèle Gekko.

  • Les petits accessoires additionnels

ATTENTION : ils ne remplacent en aucun cas un bon éclairage, mais s’avèrent pratiques pour augmenter votre visibilité.

  • Deux paires de catadioptres sur les roues. Oui, c’est moche, ça va pourrir tes roues customisées, mais c’est obligatoire.
  • Idem sur les pédales.
  • Le fameux et très très laid gilet jaune : écoutez je sais, c’est chiant, mais roulez le sous la selle, et sortez le en cas de contrôle de police, souvenez vous qu’il n’est pas obligatoire en agglomération. Sinon vous pouvez toujours en acheter un et le mettre en scène en photo pour l’envoyer à Cali Rezo.
  • Des brassards réfléchissants (certaines associations cyclistes en distribuent gratuitement, renseignez vous).

Voilà. Si avec ça vous avez encore la mauvaise foi de rouler dans le noir, je vous souhaite une amende de 1ère classe de 11€.

Pour plus d’informations, consulter cette page sur le code de la route et les verbalisations applicables aux cyclistes. Source : Vélomobilité, mieux se déplacer en Île de France.

! Rien à voir ! Message Personnel !

Merci à Vincent de Strasbourg Cycle Chic pour l’échange de lien !

C’est terriblement 2001 les échanges de lien sur les blogs, j’adore !

J’ai des cache oreilles léopard et des collants rouges ! Mon vélo est très moche ! Venez me prendre en photo !

Pourquoi se (re)mettre au vélo (oui, pourquoi ?)

Il y avait au départ un article de 20 minutes, qui part d’une bonne intention, donner aux lecteurs 5 bonnes raisons de se remettre au vélo.

Le texte est concis, rédigé en style direct et compréhensible de lecteur moyen du quotidien gratuit, hormis le dernier argument, un peu bancal, selon moi :

5. Le vélo c’est tendance
Et bien oui, il faut bien l’avouer : un objet qui attire autant de convoitise, c’est forcément tendance. Avec environ 400.000 vols de vélos par an, la petite reine est même sacrément tendance. Mais que cela ne vous refroidisse pas, le vol n’est pas une fatalité : il existe désormais des méthodes de marquage efficaces. Très utilisés au Danemark et en Allemagne, ils permettraient de retrouver son bien dans 40% des cas.

L’usager des transports en communs déjà frileux à l’idée de se lancer sur les pistes cyclables parisiennes, qui lit ce paragraphe dans le métro, va surtout retenir l’information « vol de vélo » et va probablement renouveler son Pass Navigo.

Je me disais déjà, c’est dommage, et c’est alors que j’ai lu les commentaires.

La prétention des fanatiques de la pédale à imposer leurs fantasmes à la planète entière est intolérable.
Non seulement ils font bon marché des vieux, des malades, des handicapés et autres personnes à qui leur situation interdit le vélo, mais en outre leur comportement permanent démontre leur mépris absolu des lois et règlements, c’est à dire du droit d’autrui.

On frôle le point Godwin.

Si 50% des trajets font moins de 2 kilomètres, une paire de chaussures devrait suffire. D’autant plus qu’un parapluie à vélo c’est difficile à tenir.

Voilà quelqu’un qui ne doit pas sortir beaucoup de sa voiture.

Et ça continue pendant des lignes entières.

J’avais démarré cette note en mode Bersek, avec l’envie de rouler sur la chair à vif de ces gens, plusieurs fois, en les saupoudrant de sel.

Finalement j’ai juste envie de le terminer en mode licorne & bisounours.

S’ils sont aussi aigris et vindicatifs, c’est parce qu’ils ne font pas de vélo.

Mes 5 bonnes raisons de se (re)mettre au vélo.

Ce sont les miennes, elles ne sont pas universelles.

Je n’envisage même pas l’automobile dans mon comparatif,  c’est complètement disproportionné, il faudrait que j’achète une voiture, que je l’assure, que je lui donne du carburant, mon dieu, je ne suis pas assez riche.

C’est le transport le moins couteux.

Un abonnement de transport urbain me coûterait 540€ par an, prime employeur déduite.

Je pourrais également aller au boulot à pieds, mais alors, je doublerais mon budget chaussures, cf point suivant.

L’entretien de mon vélo doit me coûter 150 à 200€ par an, parce que je confies les bobos à un marchand de cycles et encore, si j’étais moins paresseuse, je pourrais très bien apprendre à le réparer moi même.

C’est le moyen de transport le plus rapide

En Tramway : 5mn de marche jusqu’à la station / 15 mn de trajet.

A pieds : un peu plus d’une demi heure.

En vélo : 10 mn en traçant bien, mais en moyenne je dirais environ 15mn.

C’est le moyen de transport le plus agréable et le plus confortable.

Dans le tramway, il y a de la promiscuité, même si « ma » ligne n’est pas trop bondée. Je me sens dépendante des horaires, des problèmes de circulation…

A pieds, ho la vache, déjà, c’est long, ensuite paradoxalement, comme je l’ai déjà expliqué dans mon article sur les fanfreluches à vélo, pédaler me permet de porter des chaussures avec lesquelles je ne pourrai pas faire 100m sans souffrir atrocement.

Ai je besoin de vous expliquer combien je suis à l’aise à vélo ? Cette exquise sensation de liberté et de puissance ?

C’est le moyen de transport le plus social

Je croise beaucoup d’autres cyclistes sur mon trajet.

Alors bon, faut pas rêver, la vie c’est pas comme dans une publicité on n’est pas tous en train de taper la discute ensemble avec nonchalance à chaque feu rouge.

Par contre, les signes de connivence, les regards complices, les sourires amicaux sont légions entre habitués du même tronçon de voie cyclable. Et parfois, effectivement, je m’enhardis et je lance un bonjour à la volée. Et parfois on me le rend.

Je fais même des signes aux automobilistes, des signes gentils je veux dire. Je prends toujours le temps de formuler un « merci » quand on me cède le passage, avec un grand sourire, au minimum un geste de la main.

Je fais des clins d’œil aux piétons, j’admire tout haut les filles et les garçons.

Je n’ai jamais dis bonjour, coucou ou sourit à un autre passager du tramway (les transports en commun sont des endroits où l’on baisse les yeux) ou à un piéton inconnu sous prétexte que nous marchons ensemble sur le trottoir.

Et enfin, mais ça c’est très personnel, c’est le moyen de transport le plus esthétique.

J’adore les vélos, je trouve que ce sont de beaux objets, racés, élégants, profilés, ronds, ça me rend toute poétique et j’ai parfois de grosses crises d’enthousiasme quand je vois un vélo particulièrement chic ou insolite.

Une voiture, un bus, ou une paire de pieds me mettent rarement dans un état d’admiration.

Pensées cyclistes

(Une sorte de début de chaine de blog à deux roues lancée par la rousse de l’Ouest).

A quoi tu penses sur ton vélo ?

Ce matin :

  • Bonjour le concierge purée quel boulot ingrat à peine 7h45 et il est déjà debout en train de nettoyer toutes les poubelles.
  • J’espère que quand je vais tourner au coin de l’immeuble il n’y aura pas la voiture blanche qui va me foncer dessus comme souvent le matin.
  • C’est MON trottoir ho ça va je sais qu’on n’a pas le droit de rouler dessus mais…
  • Il fait frisquet la semaine prochaine je crois que je vais devoir ranger le blazer bon on attend encore un peu pour les collants.
  • Rah faiche le feu est vert mais deux voitures occupent la chaussée de part en part et voilà le tram qui arrive pfff j’aime pas être interrompue dans mon élan.
  • We ! are ! The ! Magnetics Zeros poum da poum da poum da da la da la da la.
  • Elle est bien cette rue depuis qu’ils ont refait le macadam ça va beaucoup plus vite et ho, ‘tention toi devant.
  • J’aurais du partir 10mn plus tôt, c’est la session de dépôt des mômes devant l’école non mais sérieux c’est quoi l’intérêt de bloquer cette minuscule rue avec leurs voitures ils habitent tous le pâté de maison ils peuvent pas s’organiser et faire un pedibus ?
  • Ho y’a une fille avec des baskets rouge et elle a un vélo rouge j’espère que je pourrais la photographier au prochain feu rouge ha non zut, flûte elle le grille elle m’énerve.
  • Qu’est ce que je vais mettre ce soir ? Est ce que j’ai emmené ma liste de courses ? Est ce que j’aurais le temps de faire une sieste en rentrant ?
  • Merde j’ai oublié mon goûter.
  • We want to be like poudoum we gnagnagnagna beeee like poudoum tuhého gagigého tou dou we are the magnétics zéros (cf plus haut).
  • Bonjour la femme qui fait l’entretien des immeubles je la croise tout le temps le matin en ce moment sur le chemin avec sa drôle de casquette on échange toujours un signe de tête et un sourire parce qu’on va toutes les deux vite quand je la vois je pense qu’une fois elle m’a calculée en train de chanter à tue tête sur le vélo et on a bien rigolé, elle est vraiment sympa cette fille j’espère qu’un jour je ne la croiserai plus à vélo en train de partir faire des ménages mais qu’elle aura un job gratifiant.
  • Est ce que je vais trouver à me garer ?

à suivre…

Et vous ?

Cycliste Ordinaire

(Originellement publié sur Héros Ordinaires)

Est ce que ça t’arrive, de penser à une chanson, et qu’elle tombe directement dans tes reins ?

Je veux dire, peu importe que tu saches danser ou non. Ce qui importe, c’est que la chanson te donne l’impression que tu bouges comme un dieu.

Que tu ES un Dieu.

Moi, ça m’arrive parfois à vélo. Je suis à vélo 30mn par jour, c’est là que j’écoute la musique. Je veux dire, vraiment. Là qu’elle s’imprime dans mes cellules.

Je vidange mon baladeur assez souvent, et, bon, je sais bien que je n’ai pas la meilleure discothèque du monde. On va dire que sur les 245 morceaux que j’ai actuellement dans mon bouzin, y’en a 20 qui me donnent vraiment la sensation de rouler à toute allure.

Et celle là… ha celle là. Bon dieu. Je ne la mets pas souvent. Je ne veux pas l’user. C’est mon morceau des matins gris.

Les matins gris : je me suis rendormie après le deuxième snooze, il n’y a plus de confiture d’églantine, je n’arrive pas à coiffer mes cheveux, la tenue que j’ai sélectionné est vraiment pas terrible mais je manque de temps pour me changer, et en plus, on est jeudi, et je trouve les jeudis particulièrement longs. Quand je descends les escaliers, je croise la famille aux whatmilles gosses qui partent à l’école et ils hurlent déjà. Le local à vélos pue la vieille ordure parce que quelqu’un a laissé la porte des poubelles ouverte la veille au soir.

Je pose mon sac dans le panier, je décadenasse ma bécane et…

Play.

The Kinks (Wish I could fly like) Superman

Too ! ta ! Too ! ta ! Too ! ta ! Too ! ta ! Too ! ta ! Too ! ta ! Too ! ta !

tin nin nin nin nin nin nin

twu twu

Je fais super bien l’intro et je t’emmerde.

Wake up this morning, started to sneeze

Had a cigarette and a cup of tea.

Le temps d’arriver au refrain, je suis déjà dans la tranquille rue où je peux faire de l’Air Guitar sans risquer de croiser une voiture qui arrive en face et je ne m’en prive pas.

Superman superman wish I could fly like superman

Superman superman I want to be like superman

I want to be like superman

C’est quelques dizaines de secondes plus tard qu’on me retrouve au carrefour en train de plaquer un accord magique sur mon guidon.

Gas bills, rent bills, tax bills, phone bills

I’m such a wreck but i’m staying alive

Les yeux dans l’éternité je fais tournoyer ma casquette au bout de mon doigt, j’allume la première clope de la journée au feu rouge juste avant le boulot. Je fais claquer mon Zippo contre ma cuisse, celle qui prend appuis nonchalamment sur la pédale (dans mon fantasme, j’ai un Zippo). Je me sens rien moins que surhumaine.

I’d really like to change the world

And save it from the mess it’s in

Les autres cyclistes, galvanisés par mon charisme de furieux et mon boule qui ondule en rythme sur ma selle reprennent avec moi en actionnant leurs sonnettes comme dans une comédie musicale de Jacques Demy.

I’m too weak, I’m so thin

I’d like to fly but I can’t even swim

Superman superman I want to fly like superman

Superman superman wish I could fly like superman

Une putain de belle journée pour sauver le monde.

Le vélo gagne à tous les coups…

… en terme d’empreinte carbone, par rapport à la voiture, le bus, ou le métro sur un trajet quotidien domicile – lieu de travail, et ce en prenant en compte des paramètres aussi divers que les émissions de CO2 lors de sa fabrication, le coût d’entretien, et l’aménagement des voies cyclables.

C’est la conclusion de la chercheuse Shreya Dave. (Merci @Eleusie d’avoir retweeté cet article).

Je vais peut être vous surprendre, mais lorsque j’ai pris la décision de me déplacer exclusivement à vélo, je n’ai pas du tout pris en compte mon empreinte carbone.

Pédaler était simplement plus pratique que prendre les transports en communs.

C’est seulement depuis environ deux ans que je me rends compte qu’en tant que cycliste, je m’inscris également dans une démarche de développement durable, parce que je travaille dans ce secteur, parce que la médiatisation des transports doux est de plus en plus forte, et que le vélo séduit également une population croissante de jeunes urbains actifs qui trouvent le green business de plus en plus attractif.

Je suis ravie de cette évolution … mais ça m’énerve d’être à la mode 🙂

Amis de Julie

Du coup, j’ai une question : pour quelles raisons vous déplacez vous en vélo ?

A propos des fanfreluches à vélo

Landrellec et Celly m’ont demandé dans les précédents commentaires de publier une sorte de guide de la greluche à vélo.

C’est à la fois réjouissant, car il y a longtemps que je n’ai pas parlé de fringues sur un blog et compliqué, parce que je n’ai pas l’impression que rouler à vélo change quoi que ce soit à ma greluche attitude.

Comprendre : je n’ai presque pas de vêtement « spécial vélo urbain », donc je m’autorise tout ce que j’aime porter.

Désolée les filles, je suis cette grande fille qui pédale en robe courte et en talons hauts 🙂 Et quand je porte un jean, c’est parce que j’en ai envie, pas à cause de la météo 😉

Toutefois, il existe des adaptations saisonnières et quelques accessoires de base qui me rendent service contre les intempéries et qui restent portables une fois que je suis descendue du vélo.

  • Mon blouson en cuir.

Je l’ai acheté il y a 3 ans, chez Carnet de Vol, qui est un magasin pour hommes. A ne pas confondre avec un perfecto féminin, et pour cause, je les trouve certes charmants, mais trop ajustés et surtout trop légers.

Pourquoi est il pratique à vélo ?

Il est doublé, donc bien chaud, et imperméable au vent et à la pluie. Les manches se retroussent facilement, je le porte donc en toutes saison, avec, en dessous, du simple débardeur au gros pull. Il se ferme avec un zip éclair, et se boutonne au cou, pas un souffle d’air ne passe en cas de gros grain et pourtant je ne transpire pas.

Et comme il est quand même coupé prêt du corps, il s’associe aussi bien avec un jean, qu’une robe, qu’une jupe…

  • Ma collection de foulards

J’en ai plusieurs dizaines, et je sors rarement sans quelque chose autour du cou, même en cas de grosse chaleur. D’une part, influencée par ma tante Mado, je trouve très chic d’assortir un foulard à sa tenue. Quand je lui rend visite j’ouvre systématiquement son tiroir à foulards pour admirer sa collection.

D’autre part, et c’est la raison pour laquelle je ne peux pas m’en passer à vélo,  je suis paranoïaque, comme ma grand mère paternelle, du moindre courant d’air dans le cou qui apporte inévitablement le mal de gorge, la bronchite, voir le cancer des poumons, évidemment.

Je les choisis en coton, ou en soie, et je les rentre bien dans le col du blouson. Je les préfère d’ailleurs aux écharpes en laine, que je trouve encombrantes.

  • Ma collection de couvre chefs

J’ai une « tête à chapeaux ». Là encore, c’est chez mes grands parents que je trouve les meilleures pièces : la fameuse casquette bleu roi et le béret noir de mon papi Yvan, la toque en fourrure synthétique blanche de mamie Berthe, la chapka de l’armée russe que m’a donnée mon amoureux…

Pourquoi c’est pratique à vélo ?

Dès les premiers coups de pédale, le vent de la course me donne cette sensation désagréable de picotement à l’intérieur des oreilles, atténuée certes par les écouteurs. Dès qu’il fait en dessous de zéro, le corps, malgré l’échauffement du trajet, perd beaucoup de chaleur par la tête. Il est presque impensable que j’enfourche mon vélo tête nue. L’hiver dernier a été particulièrement glacial et neigeux, et lorsque je laçais les cordons des oreillettes de ma chapka pour protéger mes joues et mon cou, je me sentais comme dans un petit cocon.

D’ailleurs, mes casquettes me sont aussi très utiles en cas de pluie fine et obstinée : c’est bien connu, les capuches ne tiennent jamais en place et obstruent la vision latérale.

Petit aparté désolé, maman m’avait ramené un incroyable bob imperméable en toile enduite de l’île de Guernesey, que j’ai égaré bêtement. C’était la PERFECTION quand il pleuvait et en plus il était beau. J’espère en retrouver un semblable un jour.

  • Mes moufles rétractables

Pour les mains, je procède par étapes. Petits matins d’octobre : manchettes et bout des doigts rouges. Début novembre : gants fin en laine. Premières températures négatives et premiers signes d’assèchements sur les mains, branle le bas de combat : les moufles/mitaines rétractables !

Elles sont difficiles à décrire : il y a 4 emplacements qui courent jusqu’à la première phalange. Le pouce est couvert. Et par dessus, il y a une moufle qui se rabat, pour réchauffer les doigts et permettre quand même, au feu rouge, de changer la musique sur le téléphone, de cadenasser le vélo sans quitter ses gants, etc etc etc.

Follement pratique. Je fais bien attention à ne pas les égarer. En plus les gants sont en matière imperméable (enfin, relativement, l’équivalent de deux chutes dans la poudreuse).

  • Le délicat point souliers

Malgré ma pointure impossible, mon talon d’Achille en matière de grelucherie, ce sont les souliers.

J’en achète très régulièrement, enfin, c’est à dire que je vais, pleine d’espoir chez NewLook, et que je me jette sur la première paire en 42 qui passe. C’est heureusement assez rare, tant mieux pour mon pauvre compte en banque et mon tout petit appartement.

Je ne me soucies absolument pas du confort, parce que guess what ? Je m’en fous ! Je suis à vélo et le reste de la journée je suis assise devant mon ordinateur 😀

J’ai donc une foultitude de chaussures immarchables, mais ravissantes, qui ne m’empêchent pas de pédaler à toute allure.

L’été c’est très bien.

L’hiver, le choix est réduit, à cause de l’humidité constante. Personne n’a envie d’arriver au boulot avec les pieds trempés.

Néanmoins, vous ne me verrez jamais en caoutchouc. J’ai deux paires de bottines en cuir synthétique relativement imperméables, qui ont le mérite d’être aussi jolies. Et lorsqu’il neige, ou qu’il fait vraiment froid, on n’a jamais fait mieux qu’une bonne paire de Doc Martens avec des chaussettes de montagne respirantes, l’équivalent pour mes pieds de mon blouson en cuir.

En plus les miennes sont violettes.

  • Dois je acheter un poncho intégral pour me protéger de la pluie ?

Mon papa m’en a acheté deux. J’ai aussi quelque part un pantalon de k-way. Mon papa ne déconne pas avec les protections.

Je les oublies tout le temps à la maison quand il fait mauvais, parce que le vent s’engouffre dedans, parce que la pluie s’accumule dessus et mouille mes pieds, parce que la capuche s’envole, et enfin, parce que quand je croise un cycliste en poncho, je trouve qu’il à l’air bien bête.

  • Quid de la jupe à vélo ?

La jupe à vélo est la cible de préjugés ridicules alors qu’elle est en réalité votre meilleure alliée.

On la dit trop frileuse en hiver, trop impudique en été.

Je réponds : portez des collants en laine, isolez vos pieds en hiver et mettez une culotte en été (ou pas, c’est selon).

Et c’est tout ce que j’ai à dire à ce sujet.

Pour terminer, si vous n’êtes toujours pas convaincue, que vous trouvez qu’il fait beaucoup trop moche en France pour se déplacer en vélo tous les jours, allez jeter un œil sur le blog Copenhagen Cycle Chic et prenez exemple sur l’élégance des Danoises à vélo, en toute saisons.

Petit manuel de conduite à vélo (le mien)

Commentaire d’un article paru dans 20 minutes, édition Strasbourg.

J’ai de plus en plus l’impression que le code de la route n’est pas adapté à la circulation à vélo urbaine.

Le point sur les droits et devoirs des cyclistes

en fonction des aménagements strasbourgeois

Le tourne à droite au feu.

En septembre, 17 carrefours bénéficieront du « tourne à droite » au feu rouge pour les vélos. Pour l’instant, la manœuvre n’est permise qu’aux angles des rues de l’Hôpital-Militaire et de Zurich ; du Maréchal-Juin et Pierre-Montet ; Saint-Guillaume et quai des Bateliers ; de la Brigade-Alsace-Lorraine et des Orphelins, ainsi que quai du Maire-Dietrich et avenue de la Marseillaise.

Je constate que, de toute façon, sur la plupart des carrefours, tourner à droite n’est pas dangereux pour le cycliste. On va donc dire que c’est un moyen de légaliser une infraction devenue populaire. Et mon tout petit côté anar est satisfait. Tout petit parce que, en dehors des tourne-à-droite autorisés, je mets poliment pied à terre aux feux rouges.

Bon point.

A contresens, oui mais…

Depuis juillet 2010, un décret national autorise la circulation des vélos à contresens dans les rues à sens unique sur toutes les zones 30, à l’exception des rues du Noyer, des Juifs, des Serruriers et des quais de Paris et Desaix.

Dans un récent numéro de Globalmag, un magazine environnemental diffusé sur Arte, le monsieur vélo de l’émission testait avec jubilation les contresens cyclistes parisiens. Pour lui c’était la découverte de l’année ses trajets à vélo étaient parsemés de petites fleurs des champs.

Il est mignon.

Moi je remarque simplement que dans ces zones à contresens, il n’y a pas souvent de marquage au sol pour signaler l’espace cyclable et que les interdictions de stationner ne sont pas souvent sanctionnées.

A améliorer.

Des trottoirs partagés.

Sur certains seulement et à l’allure du pas ! Pendant deux ans, un projet d’espace mixte pour les vélos et piétons est expérimenté sur le pont Louis-Pasteur, les rues des Comptes, de la Victoire et de la Bourse, et la route-du-Rhin, artère où 35 000 véhicules passent quotidiennement.

Dans la tête des usagers de la route, trottoir = piéton. Dans ces conditions, comment faire comprendre à la masse piétonnière principalement composée de touristes qui marchent jusqu’à la Cathédrale dans la portion de la rue du vieux marché aux poissons aménagée en trottoir partagé, que le cycliste a le droit d’être là ?

Quand au trottoir partagé de la route du Rhin, quand il n’est pas en travaux comme en ce moment …

[Petit aparté. Je rêve d’un organe de presse municipale qui informerai les usagers des travaux qui sont susceptibles d’affecter les pistes cyclables. 

Ça m’éviterait d’être surprise, un matin, en plein portage de vélo pour contourner un énorme trou, et des barrières de chantier qui ont poussé sur mon trajet pendant la nuit.

Après tout, sur les autoroutes il y a des panneaux lumineux qui préviennent les automobilistes de la durée des désagréments de circulations.],

Je reprends. Cet espace partagé est infréquentable parce qu’utilisé comme parking sauvage par les automobilistes qui ne veulent pas payer pour le stationnement du cinéma. La police municipale intervient tous les 36 du mois, quand il manque quelques contraventions dans leurs objectifs, j’imagine.

Quand au cycliste, il est obligé de bifurquer violemment sur une voie sans marquage au sol, une quasi nationale fréquentée par des poids lourds et théoriquement limité à 50km/h, mon cul les 50km/h.

Complètement inutile, et même dangereux.

Idée reçue sur les points.

Le papier rose n’étant pas exigé pour rouler à vélo, impossible de perdre des points, à moins d’avoir commis un délit relevant du droit pénal. Pour une conduite en état d’ivresse (plus de 0,80 g/litre de sang) ou sous l’emprise de stupéfiants, le tribunal peut alors exiger un retrait temporaire.

J’ai envie de partir d’un petit rire cynique.

J’aborderai le point de la verbalisation dans un article dédié, mais à mon sens on devrait surtout verbaliser les cyclistes qui circulent sans lumière ou qui téléphonent au guidon (cf plus bas).

A améliorer, mais bon, c’est toujours utile de savoir qu’un policier ne peut pas vous menacer de vous retirer des points si vous avez commit une infraction.

Téléphoner ou pédaler.

Se risquer à décrocher guidon en main est passible d’une amende forfaitaire de 35 €. Comme en voiture, le kit mains-libres est toléré, mais en cas d’accident, cela risque de jouer en la défaveur du cycliste, automatiquement considéré en tort.

… et c’est pas plus mal.

Je fais de l’air guitar à vélo pour m’amuser, en ligne droite, quand je suis sur un parcours que je connais bien.

Entendez par là que le reste du temps, j’ai mes deux mains sur le guidon. Je ne libère pas non plus ma main droite pour fumer à vélo (j’ai une conception de la tabagie toute personnelle, je n’aime pas tellement fumer en mouvement). J’évite donc de décrocher et de téléphoner d’une main quand je suis en train de rouler. Voir des cyclistes le faire me donne envie de les faire tomber pour qu’ils comprennent un peu leur connerie.

Ça va putain, est ce que cet appel est si important que tu ne puisses pas te garer sur le bord de la route pour répondre ?

Le problème, c’est ce fameux kit mains libres. J’adore écouter de la musique sur mon téléphone pendant mes trajets. C’est totalement génial… et ça ne me déconcentre pas, je reste vigilante sur la circulation et je ne pousse pas le son trop fort pour pouvoir être alertée. Une conversation téléphonique exige d’avantage de concentration, et moi, je trouve ça très dangereux. D’ailleurs mes cascades à vélo qui n’ont pas été causées par un tiers ont été causées par un appel téléphonique.

J’ai donc désactivé le décroché automatique du kit main libres.

De toute façon, 90% des gens qui m’appellent sur mon portable tombent sur le répondeur (je n’aime pas répondre).

Donc bon point, mais améliorer la verbalisation.

Avec le casque, c’est mieux.

Il n’est pas obligatoire, mais fortement recommandé.

Fortement recommandé par qui ? Pas par la Fubicy, qui résume mon opinion en ces termes :

« Vous l’avez sûrement remarqué : les pilotes de rallye portent tous un casque, alors que personne n’en porte lors de simples déplacements en voiture. Eh bien, pour le vélo, c’est pareil ! »

Bref, c’est un « droit » du cycliste que je ne prendrai pas. En plus, on a l’air con.

Le gilet jaune obligatoire.

Cette mesure s’applique hors agglomération, si l’éclairage n’est pas suffisant ou par temps très couvert. Même s’il est peu sanctionné, le non-port du gilet peut être passible d’une amende de 35 €.

Circulant essentiellement en agglomération, je ne me sens pas concernée par cette obligation.

Toutefois, en pleine nuit, ou par grosse pluie, le gilet jaune me semble l’élément indispensable si on entretient des rapports conflictuels avec son éclairage.

Et puis si un automobiliste nous renverse, avec un gilet jaune, il ne pourra pas dire qu’il ne nous avait pas vu arriver.

Bon point. Je propose néanmoins d’étendre la mesure et de rendre obligatoire les bandes réfléchissantes sur les équipements de pluie spécialement étudiés (avec plus ou moins de succès, j’y reviendrai) pour le vélo… si déjà on ne porte ce gilet que par mauvais temps…