A propos des fanfreluches à vélo

Landrellec et Celly m’ont demandé dans les précédents commentaires de publier une sorte de guide de la greluche à vélo.

C’est à la fois réjouissant, car il y a longtemps que je n’ai pas parlé de fringues sur un blog et compliqué, parce que je n’ai pas l’impression que rouler à vélo change quoi que ce soit à ma greluche attitude.

Comprendre : je n’ai presque pas de vêtement « spécial vélo urbain », donc je m’autorise tout ce que j’aime porter.

Désolée les filles, je suis cette grande fille qui pédale en robe courte et en talons hauts 🙂 Et quand je porte un jean, c’est parce que j’en ai envie, pas à cause de la météo 😉

Toutefois, il existe des adaptations saisonnières et quelques accessoires de base qui me rendent service contre les intempéries et qui restent portables une fois que je suis descendue du vélo.

  • Mon blouson en cuir.

Je l’ai acheté il y a 3 ans, chez Carnet de Vol, qui est un magasin pour hommes. A ne pas confondre avec un perfecto féminin, et pour cause, je les trouve certes charmants, mais trop ajustés et surtout trop légers.

Pourquoi est il pratique à vélo ?

Il est doublé, donc bien chaud, et imperméable au vent et à la pluie. Les manches se retroussent facilement, je le porte donc en toutes saison, avec, en dessous, du simple débardeur au gros pull. Il se ferme avec un zip éclair, et se boutonne au cou, pas un souffle d’air ne passe en cas de gros grain et pourtant je ne transpire pas.

Et comme il est quand même coupé prêt du corps, il s’associe aussi bien avec un jean, qu’une robe, qu’une jupe…

  • Ma collection de foulards

J’en ai plusieurs dizaines, et je sors rarement sans quelque chose autour du cou, même en cas de grosse chaleur. D’une part, influencée par ma tante Mado, je trouve très chic d’assortir un foulard à sa tenue. Quand je lui rend visite j’ouvre systématiquement son tiroir à foulards pour admirer sa collection.

D’autre part, et c’est la raison pour laquelle je ne peux pas m’en passer à vélo,  je suis paranoïaque, comme ma grand mère paternelle, du moindre courant d’air dans le cou qui apporte inévitablement le mal de gorge, la bronchite, voir le cancer des poumons, évidemment.

Je les choisis en coton, ou en soie, et je les rentre bien dans le col du blouson. Je les préfère d’ailleurs aux écharpes en laine, que je trouve encombrantes.

  • Ma collection de couvre chefs

J’ai une « tête à chapeaux ». Là encore, c’est chez mes grands parents que je trouve les meilleures pièces : la fameuse casquette bleu roi et le béret noir de mon papi Yvan, la toque en fourrure synthétique blanche de mamie Berthe, la chapka de l’armée russe que m’a donnée mon amoureux…

Pourquoi c’est pratique à vélo ?

Dès les premiers coups de pédale, le vent de la course me donne cette sensation désagréable de picotement à l’intérieur des oreilles, atténuée certes par les écouteurs. Dès qu’il fait en dessous de zéro, le corps, malgré l’échauffement du trajet, perd beaucoup de chaleur par la tête. Il est presque impensable que j’enfourche mon vélo tête nue. L’hiver dernier a été particulièrement glacial et neigeux, et lorsque je laçais les cordons des oreillettes de ma chapka pour protéger mes joues et mon cou, je me sentais comme dans un petit cocon.

D’ailleurs, mes casquettes me sont aussi très utiles en cas de pluie fine et obstinée : c’est bien connu, les capuches ne tiennent jamais en place et obstruent la vision latérale.

Petit aparté désolé, maman m’avait ramené un incroyable bob imperméable en toile enduite de l’île de Guernesey, que j’ai égaré bêtement. C’était la PERFECTION quand il pleuvait et en plus il était beau. J’espère en retrouver un semblable un jour.

  • Mes moufles rétractables

Pour les mains, je procède par étapes. Petits matins d’octobre : manchettes et bout des doigts rouges. Début novembre : gants fin en laine. Premières températures négatives et premiers signes d’assèchements sur les mains, branle le bas de combat : les moufles/mitaines rétractables !

Elles sont difficiles à décrire : il y a 4 emplacements qui courent jusqu’à la première phalange. Le pouce est couvert. Et par dessus, il y a une moufle qui se rabat, pour réchauffer les doigts et permettre quand même, au feu rouge, de changer la musique sur le téléphone, de cadenasser le vélo sans quitter ses gants, etc etc etc.

Follement pratique. Je fais bien attention à ne pas les égarer. En plus les gants sont en matière imperméable (enfin, relativement, l’équivalent de deux chutes dans la poudreuse).

  • Le délicat point souliers

Malgré ma pointure impossible, mon talon d’Achille en matière de grelucherie, ce sont les souliers.

J’en achète très régulièrement, enfin, c’est à dire que je vais, pleine d’espoir chez NewLook, et que je me jette sur la première paire en 42 qui passe. C’est heureusement assez rare, tant mieux pour mon pauvre compte en banque et mon tout petit appartement.

Je ne me soucies absolument pas du confort, parce que guess what ? Je m’en fous ! Je suis à vélo et le reste de la journée je suis assise devant mon ordinateur 😀

J’ai donc une foultitude de chaussures immarchables, mais ravissantes, qui ne m’empêchent pas de pédaler à toute allure.

L’été c’est très bien.

L’hiver, le choix est réduit, à cause de l’humidité constante. Personne n’a envie d’arriver au boulot avec les pieds trempés.

Néanmoins, vous ne me verrez jamais en caoutchouc. J’ai deux paires de bottines en cuir synthétique relativement imperméables, qui ont le mérite d’être aussi jolies. Et lorsqu’il neige, ou qu’il fait vraiment froid, on n’a jamais fait mieux qu’une bonne paire de Doc Martens avec des chaussettes de montagne respirantes, l’équivalent pour mes pieds de mon blouson en cuir.

En plus les miennes sont violettes.

  • Dois je acheter un poncho intégral pour me protéger de la pluie ?

Mon papa m’en a acheté deux. J’ai aussi quelque part un pantalon de k-way. Mon papa ne déconne pas avec les protections.

Je les oublies tout le temps à la maison quand il fait mauvais, parce que le vent s’engouffre dedans, parce que la pluie s’accumule dessus et mouille mes pieds, parce que la capuche s’envole, et enfin, parce que quand je croise un cycliste en poncho, je trouve qu’il à l’air bien bête.

  • Quid de la jupe à vélo ?

La jupe à vélo est la cible de préjugés ridicules alors qu’elle est en réalité votre meilleure alliée.

On la dit trop frileuse en hiver, trop impudique en été.

Je réponds : portez des collants en laine, isolez vos pieds en hiver et mettez une culotte en été (ou pas, c’est selon).

Et c’est tout ce que j’ai à dire à ce sujet.

Pour terminer, si vous n’êtes toujours pas convaincue, que vous trouvez qu’il fait beaucoup trop moche en France pour se déplacer en vélo tous les jours, allez jeter un œil sur le blog Copenhagen Cycle Chic et prenez exemple sur l’élégance des Danoises à vélo, en toute saisons.

Petit manuel de conduite à vélo (le mien)

Commentaire d’un article paru dans 20 minutes, édition Strasbourg.

J’ai de plus en plus l’impression que le code de la route n’est pas adapté à la circulation à vélo urbaine.

Le point sur les droits et devoirs des cyclistes

en fonction des aménagements strasbourgeois

Le tourne à droite au feu.

En septembre, 17 carrefours bénéficieront du « tourne à droite » au feu rouge pour les vélos. Pour l’instant, la manœuvre n’est permise qu’aux angles des rues de l’Hôpital-Militaire et de Zurich ; du Maréchal-Juin et Pierre-Montet ; Saint-Guillaume et quai des Bateliers ; de la Brigade-Alsace-Lorraine et des Orphelins, ainsi que quai du Maire-Dietrich et avenue de la Marseillaise.

Je constate que, de toute façon, sur la plupart des carrefours, tourner à droite n’est pas dangereux pour le cycliste. On va donc dire que c’est un moyen de légaliser une infraction devenue populaire. Et mon tout petit côté anar est satisfait. Tout petit parce que, en dehors des tourne-à-droite autorisés, je mets poliment pied à terre aux feux rouges.

Bon point.

A contresens, oui mais…

Depuis juillet 2010, un décret national autorise la circulation des vélos à contresens dans les rues à sens unique sur toutes les zones 30, à l’exception des rues du Noyer, des Juifs, des Serruriers et des quais de Paris et Desaix.

Dans un récent numéro de Globalmag, un magazine environnemental diffusé sur Arte, le monsieur vélo de l’émission testait avec jubilation les contresens cyclistes parisiens. Pour lui c’était la découverte de l’année ses trajets à vélo étaient parsemés de petites fleurs des champs.

Il est mignon.

Moi je remarque simplement que dans ces zones à contresens, il n’y a pas souvent de marquage au sol pour signaler l’espace cyclable et que les interdictions de stationner ne sont pas souvent sanctionnées.

A améliorer.

Des trottoirs partagés.

Sur certains seulement et à l’allure du pas ! Pendant deux ans, un projet d’espace mixte pour les vélos et piétons est expérimenté sur le pont Louis-Pasteur, les rues des Comptes, de la Victoire et de la Bourse, et la route-du-Rhin, artère où 35 000 véhicules passent quotidiennement.

Dans la tête des usagers de la route, trottoir = piéton. Dans ces conditions, comment faire comprendre à la masse piétonnière principalement composée de touristes qui marchent jusqu’à la Cathédrale dans la portion de la rue du vieux marché aux poissons aménagée en trottoir partagé, que le cycliste a le droit d’être là ?

Quand au trottoir partagé de la route du Rhin, quand il n’est pas en travaux comme en ce moment …

[Petit aparté. Je rêve d’un organe de presse municipale qui informerai les usagers des travaux qui sont susceptibles d’affecter les pistes cyclables. 

Ça m’éviterait d’être surprise, un matin, en plein portage de vélo pour contourner un énorme trou, et des barrières de chantier qui ont poussé sur mon trajet pendant la nuit.

Après tout, sur les autoroutes il y a des panneaux lumineux qui préviennent les automobilistes de la durée des désagréments de circulations.],

Je reprends. Cet espace partagé est infréquentable parce qu’utilisé comme parking sauvage par les automobilistes qui ne veulent pas payer pour le stationnement du cinéma. La police municipale intervient tous les 36 du mois, quand il manque quelques contraventions dans leurs objectifs, j’imagine.

Quand au cycliste, il est obligé de bifurquer violemment sur une voie sans marquage au sol, une quasi nationale fréquentée par des poids lourds et théoriquement limité à 50km/h, mon cul les 50km/h.

Complètement inutile, et même dangereux.

Idée reçue sur les points.

Le papier rose n’étant pas exigé pour rouler à vélo, impossible de perdre des points, à moins d’avoir commis un délit relevant du droit pénal. Pour une conduite en état d’ivresse (plus de 0,80 g/litre de sang) ou sous l’emprise de stupéfiants, le tribunal peut alors exiger un retrait temporaire.

J’ai envie de partir d’un petit rire cynique.

J’aborderai le point de la verbalisation dans un article dédié, mais à mon sens on devrait surtout verbaliser les cyclistes qui circulent sans lumière ou qui téléphonent au guidon (cf plus bas).

A améliorer, mais bon, c’est toujours utile de savoir qu’un policier ne peut pas vous menacer de vous retirer des points si vous avez commit une infraction.

Téléphoner ou pédaler.

Se risquer à décrocher guidon en main est passible d’une amende forfaitaire de 35 €. Comme en voiture, le kit mains-libres est toléré, mais en cas d’accident, cela risque de jouer en la défaveur du cycliste, automatiquement considéré en tort.

… et c’est pas plus mal.

Je fais de l’air guitar à vélo pour m’amuser, en ligne droite, quand je suis sur un parcours que je connais bien.

Entendez par là que le reste du temps, j’ai mes deux mains sur le guidon. Je ne libère pas non plus ma main droite pour fumer à vélo (j’ai une conception de la tabagie toute personnelle, je n’aime pas tellement fumer en mouvement). J’évite donc de décrocher et de téléphoner d’une main quand je suis en train de rouler. Voir des cyclistes le faire me donne envie de les faire tomber pour qu’ils comprennent un peu leur connerie.

Ça va putain, est ce que cet appel est si important que tu ne puisses pas te garer sur le bord de la route pour répondre ?

Le problème, c’est ce fameux kit mains libres. J’adore écouter de la musique sur mon téléphone pendant mes trajets. C’est totalement génial… et ça ne me déconcentre pas, je reste vigilante sur la circulation et je ne pousse pas le son trop fort pour pouvoir être alertée. Une conversation téléphonique exige d’avantage de concentration, et moi, je trouve ça très dangereux. D’ailleurs mes cascades à vélo qui n’ont pas été causées par un tiers ont été causées par un appel téléphonique.

J’ai donc désactivé le décroché automatique du kit main libres.

De toute façon, 90% des gens qui m’appellent sur mon portable tombent sur le répondeur (je n’aime pas répondre).

Donc bon point, mais améliorer la verbalisation.

Avec le casque, c’est mieux.

Il n’est pas obligatoire, mais fortement recommandé.

Fortement recommandé par qui ? Pas par la Fubicy, qui résume mon opinion en ces termes :

« Vous l’avez sûrement remarqué : les pilotes de rallye portent tous un casque, alors que personne n’en porte lors de simples déplacements en voiture. Eh bien, pour le vélo, c’est pareil ! »

Bref, c’est un « droit » du cycliste que je ne prendrai pas. En plus, on a l’air con.

Le gilet jaune obligatoire.

Cette mesure s’applique hors agglomération, si l’éclairage n’est pas suffisant ou par temps très couvert. Même s’il est peu sanctionné, le non-port du gilet peut être passible d’une amende de 35 €.

Circulant essentiellement en agglomération, je ne me sens pas concernée par cette obligation.

Toutefois, en pleine nuit, ou par grosse pluie, le gilet jaune me semble l’élément indispensable si on entretient des rapports conflictuels avec son éclairage.

Et puis si un automobiliste nous renverse, avec un gilet jaune, il ne pourra pas dire qu’il ne nous avait pas vu arriver.

Bon point. Je propose néanmoins d’étendre la mesure et de rendre obligatoire les bandes réfléchissantes sur les équipements de pluie spécialement étudiés (avec plus ou moins de succès, j’y reviendrai) pour le vélo… si déjà on ne porte ce gilet que par mauvais temps…

Du Vélib à la choucroute 7/ Vélhop

Ce matin, les quotidiens régionaux célèbrent l’ouverture des trois premières boutiques de location du nouveau Vélhop, le vélo en libre service à la sauce strasbourgeoise.

Roland Riess, maire de Strasbourg :  « déposer son Vélhop dans la station où il a été loué a l’avantage de rendre le dispositif moins onéreux. Les systèmes one way, permettant de laisser les vélos où on le désire, « coûtent jusqu’à 4 000 € par vélo et par an . Notre système sera plus économique et coûtera environ 1 000 € par an et par Vélhop. » (source 20mn Strasbourg)

Voilà. Je suis agacée.

Ce qui m’embête avec ce système, c’est qu’on ne pourra pas décider, au débotté, de louer un Vélo juste pour faire une petite course, ou se rendre d’un quartier à un autre, comme c’est le cas dans les autres villes ou le système de vélo en libre service est en place, ou bien pour pallier à une absence de transport en communs quand on sort de soirée au centre ville et qu’on doit rentrer chez soi, disons, à Illkirch.

Parce que le lendemain il faudra retourner à sa station de départ (au centre ville, donc) pour remettre le vélo, et retourner chez soi, après s’être acquitté du forfait location qui va facilement dépasser les 5€  les 12h pour peu qu’on ait eut la flemme de se lever dimanche pour rapporter le vélo.

Vous suivez toujours ?

Bon. On oublie un peu le Vélhop occasionnel pour le piéton bourré.

(De toute façon quand tu es fêtard, piéton, sans bagnole à Strasbourg, tu as déjà un vélo, ne serait ce que pour ne plus jamais revivre l’expérience de rentrer chez toi, saoul, à pieds, à 3h du matin, en suivant laborieusement la voie du tram.

Quand j’étais étudiante sans vélo, j’ai aussi déjà dormi sous un arrêt de bus à Homme de Fer en attendant le premier Tramway parce que j’étais trop déchirée pour rentrer au tier-quar.)

Ne soyons pas chonchon, pour un utilisateur régulier c’est plutôt pratique… et ça va certainement développer la pratique du vélo sur le long terme.

Prenons Géraldine.

Elle vient de Saverne en train, et parfois le matin elle prend un  Vélhop à la station gare pour se rendre à son lieu travail à la CPAM quartier Bourse à Strasbourg.

Ramener le Vélhop à la gare le soir ne la dérange pas du tout mais… Géraldine immobilise un Vélhop toute la journée.

Si plusieurs usagers font comme Géraldine et que le vélo partagé se met à avoir du succès auprès des salariés, la municipalité risque de se retrouver à court de stock.

D’ailleurs Géraldine va certainement choisir de louer un Vélhop au mois (29 €) au trimestre (59€) ou à l’année. Si elle est abonnée à la CTS, si elle est étudiante ou si elle a moins de 26 ans elle bénéficiera de réductions.

Peut être que Géraldine, du coup, va même finir par s’acheter son propre vélo ! Mission accomplie, une cycliste militante de plus ! Elle va simplement devoir le trimballer dans le train. Pour un Saverne/Strasbourg, pas de problème.

Par contre, Bernard a la malchance d’effectuer un trajet quotidien Strasbourg Mulhouse.

Son soucis c’est qu’à certaines heures (comme par hasard, les heures de pointes) les vélos sont interdits dans les trains depuis 2008.

Alors Bernard, en citoyen écologique qui souhaite vivement privilégier l’inter-modalité, s’embarque pour une journée de folaïe : Il sort de chez lui, la gare de Mulhouse est un peu loin, il peut prendre le tram, mais il fait beau.

Jéééé ! ll loue un Vélocité !

20mn plus tard il parque le Vélocité à la station Gare, monte dans son train, trajet d’une petite heure pendant laquelle il lit L’Alsace Le Pays.

Il arrive à Strasbourg, bon, c’est un peu relou il bosse à Plaine des Bouchers, y’a bien le tram A qui le déposera en 15 mn depuis la gare à l’arrêt Lyçée Coufignal mais après il doit encore marcher 15mn pour rejoindre les bureaux de son entreprise.

Hop ! Il loue un Vélhop !

En contournant le centre ville, il est à la Plaine des Bouchers en 10mn et il a même le temps de prendre un café.

Rebelote le soir.

A la fin de sa journée, en descendant de son Vélocité à la station Coteaux à Mulhouse, Bernard est bien jouasse, il a bien pédalé, mais il est lesté de facile 10€ (il a bossé un peu plus tard il n’a pu prendre le train qu’à 21 et du coup il a dépassé le forfait 12h du Vélhop) à Strasbourg, 2 x 1h 2€ du Vélocité à Mulhouse…

Vous suivez toujours ?

Moi si j’étais Bernard ça me gaverait un peu ces histoires de vélo et de trains à chopper tout le temps. Peut être même que je finirais par prendre ma bagnole pour venir bosser.

Bref.

Je sais pas. Je me sens toute mitigée.

Je suis fière d’habiter dans une ville ou plus de 10% des déplacements quotidiens se font à vélo.

Je trouve ça génial.

Ça rend la ville belle.

Les gens ont l’air globalement contents quand ils pédalent.

Dans mon dernier carnet de vélo, en avril 2008, j’avais répondu à un sondage sur l’implantation d’un système de location en libre service.

Je suis toujours du même avis.

Je pense qu’au lieu de vouloir se mettre à la page, faire du neuf, la municipalité aurait du se concentrer sur l’amélioration de l’existant.

C’est ça, aussi, le développement durable…

Lundimusique et je ne savais pas que tu existais

Samedi soir, accompagnée de mon amour à rayures et de Coupine, l’estomac lesté de sushis, en attendant de pouvoir aller chercher nos billets pour la traditionnelle séance à l’Observatoire sans laquelle la Nuit des Musées ne saurait être accomplie, je suis allée visiter une exposition à la Chaufferie.

Les Arts Décos exposent Strasbourg. Les élèves de la nouvelle option Scénographie redécouvrent la ville qu’ils habitent. Plutôt que de s’appuyer sur sa géographie ils ont élaboré une série de protocoles pour partir à la rencontre d’inconnus qui dévoilent lors d’entretiens filmés, photographiés autant d’usages de la ville, de regards intimes sur un même espace. Les résultats de ces expérimentations et explorations prendront forme dans le cube de la Chaufferie, du 10 mai au 6 juin, rue Paul Janet.

L’expo était réduite, nous avons rapidement fait le tour, mais elle m’a fait forte impression.

Il y avait notamment une planche en bois posée sur des tréteaux qui représentait un plan très schématique de Strasbourg et de la Communauté Urbaine avec les lignes de tramway tracées et quelques points de repère. Sur le plan on trouvait des punaises et des numéros qui indiquaient des emplacements.

Les visiteurs avaient reporté sur un des murs de la Chaufferie les numéros des punaises et écrit en face leur endroit préféré à Strasbourg.

J’ai punaisé et écris n°92 : La Louisiane, rue St Urbain.

La Louisiane se trouve dans une rue tranquille de Neudorf où j’aimerai beaucoup habiter. Malheureusement c’est un  de ces endroits où les gens vivent de façon historique et ne déménagent pas donc il y a peu de chance qu’un appartement se libère dans une de ces ravissantes maisons. Je me contente donc d’y passer à vélo de temps en temps et de me régaler des belles façades.

L’été je m’attends toujours à y voir un vieux monsieur  assis dans un rocking-chair jouer du banjo et chanter une complainte, exactement comme dans La ballade du café triste de Carson Mc Cullers (il faudra un jour que je parle de cette nouvelle que j’ai lue à 16 ans et qui, j’en suis maintenant persuadée, a influencé certains aspects de ma vie amoureuse).

Je vis ici depuis 10 ans. J’ai posé mes balises dans mes regards cyclistes, et dans les photos que je prends du haut de ma selle, avec lesquelles je montre un angle de vue, des instants volés à un espace urbain quotidien. J’ai le cœur qui bat de ma ville, profondément. Je la découvre tous les jours un peu autrement. Je la sens glisser entre mes doigts quand je roule, et très souvent, accompagnée des notes de mon baladeur, malgré moi, je souris à la ronde.

Un peu pour faire écho à Henri dans sa dernière  note, je crois que les lieux, les instants, les musiques, renforcent de manière assez puissante les liens entre les êtres, quelle que soit la nature de ces liens.

Samedi soir, après avoir regardé les étoiles sous la coupole, alors que nous traversions la ville à vélo depuis les jardins de l’Observatoire pour aller terminer la soirée devant une coupe au Musée d’Art Moderne, moi devant, souriant d’une oreille aux cris de joie et de frayeur de Coupine perchée sur le porte bagage de mon amour à rayures, je me suis dis que c’était un de ces moments à marquer d’une punaise dorée dans ma carte du tendre.

N° 93 : Quai Charles Altorffer. Bande son.

Je t’aime, toi et tes pavés qui font mal au cul.

J’aime d’autant plus Strasbourg quand vous y êtes avec moi.

Je suis heureuse de savoir que vous existez.

Instant Spring

Un baiser, à demain, je file.

Je pédale rapidement sur une ligne droite. C’est plus fort que moi, je me redresse, je prends l’air désinvolte.

Je le guette toujours au coin du virage.

Le moment que je préfère dans cette chanson c’est quand le « hapiness » éclate dans ma tête. Alors je lève les yeux et je regarde les façades.

Il attend sur le banc, il tripote son téléphone, une clope aux lèvres.

Il est donc tout à fait possible de transporter deux enfants à vélo.

Quand il parle sérieusement, il regarde toujours un peu sur la droite, comme s’il cherchait à convaincre un interlocuteur invisible.

Je tape du plat de la main levée bien haut les petites feuilles vertes sur la plus basses des branches.

Il craint de me lasser en me parlant souvent de son travail mais en vérité je trouve ça fascinant.

Attention, là, il y a des gravillons.

Il ne porte pas de lunettes de soleil alors les rayons lui taquinent les yeux.

Mes paniers manquent d’espace, il me faudrait des sacoches latérales.

Ça lui donne une expression perpétuellement perplexe.

Je vais vite ! Je vais vite ! je vais troooop vite !

Parfois je sors une vanne énorme, juste pour l’entendre éclater de rire.

Ils changent les pavés de la Grand’Rue c’est tellement plus confortable sous les roues.

Très curieusement, ses fautes de participe passé m’attendrissent.

Je ne roule sans les mains que sur certains morceaux.

Par contre ça me dérange quand il me frictionne en passant le bas du dos, un genre de geste conjugal. (c’est dit, j’osais pas :X).

Je souris aux autres cyclistes, par connivence.

Mais j’aime beaucoup qu’il perce à jour avec malice mes excès de futilité.

Je suis contente que tu aies acheté un vélo. Le printemps est plus joli à quatre roues.

Ecouteurs en croix

Ce matin, 10h, il y a des corbeaux pingouin sur le campus, c’est la journée de l’entrepreneuriat (je pensais que ce mot s’écrivait entreprenariat mais après l’avoir entré 50 fois dans ma base de données pour mon TP  de Gestion Électronique des Documents ) (j’adore comme l’intitulé de ce module sonne 80’s) (on travaille sur Minitel) (j’ai finalement intégré la bonne orthographe) et donc les étudiants en Techniques de Commercialisation, fidèles à l’affiche chatoyante de leur département se distribuaient des petits fist fucking cordiales poignées de mains de vendeurs en arborant leurs plus beaux costumes.

Comme me l’a fait remarquer un de mes petits congénères étudiants sur le parvis du département à 10h05, alors que j’allumais la dernière cigarette avant d’entrer en cours, moi, tout ces costards, ça me fout mal à l’aise. Totally.

Continuer la lecture de « Ecouteurs en croix »

Une question de mobilité

Je suis une cycliste du quotidien et de l’extrême, c’est prouvé, validé, et authentifié.

Petit rappel des points positifs : dans une ville aussi bien équipée que Strasbourg, le vélo me procure non seulement du plaisir, mais grâce à lui, je suis indépendante des transports en commun, je circule rapidement (j’ai coutume de dire que je suis à peu près à 15/20 minutes de n’importe où dans la CUS en vélo, et j’exagère à peine.), je me gare facilement, j’ai des cuisses sans cellulite.

Du coté des limites : je suis souvent mouillée (j’en veux pour preuve mon futal complètement trempé parce que j’avais oublié d’emporter mon poncho de la muerte ce matin.), je suis souvent fatiguée (j’ai doublé mon nombre de kms par semaine depuis ma rentrée scolaire), je suis souvent obligée de trimballer 36 paniers et sacs quand je me déplace, notamment quand je vais au supermarché.

Et pour terminer et passer au point suivant, listing des trucs franchement désagréables, réputés impossibles ou compliqués mais quand même réalisés à vélo parce que, jusqu’ici je n’avais pas d’autre moyen de transport :

  • Aller acheter une valise chez Decathlon dans une zone industrielle sans bus alors qu’il faisait 36°C dehors, 40mn aller, 40mn retour, avec la valise sur le dos (heureusement, elle se portait sur le dos !!!).
  • Aller chercher un sommier de 5 kilos chez Ikea, le charger avec des tendeurs sur le porte bagage et rentrer chez moi en poussant le vélo parce que je ne pouvais plus monter dessus, vu que le truc prenait toute la place. J’aurais aussi pu prendre le tram, ceci dit.
  • Aller rendre visite à mon pote qui habite à la campagne, 2h de trajet. Sous la pluie. retour de nuit, par les routes nationales avec les voitures qui te frôlent à 70 km/h.
  • Et enfin, comme je l’avais initialement prévu jeudi, sortir à 17h30 de l’IUT, pédaler jusqu’à la gare pour chopper le train de 18h, mettre mon vélo dans le train, descendre à la gare chez mon père, pédaler jusqu’à chez lui, fêter son départ à la retraite, rester 2h, dire au revoir, pédaler jusqu’à la gare, chopper le train qui me ramène pas trop tard à Strasbourg,  pédaler jusqu’à chez moi. Ou alors, solution pas marrante, dormir chez lui, prendre le train tôt le lendemain matin pour être sûre d’arriver à 8h15 à l’IUT.

Comme quoi être cycliste, c’est aussi, parfois, beaucoup se compliquer la vie.

J’ai mon permis depuis 1999. Après l’avoir obtenu, j’ai conduis pendant deux trois mois la voiture de mon père, le week end, pour aller à Cora. Définitivement installée à Strasbourg, j’ai arrêté de conduire, puisque comme on vient de le voir ci dessus, c’était relativement inutile au quotidien, et pour le reste, le VDC nous véhiculait dans sa Twingo turquoise. Je n’ai donc pas touché de volant pendant environ 9 ans.

Dans le cadre de mon stage, fin octobre, j’ai du conduire un véhicule de service. J’avais peur, donc j’ai demandé à Grain de Sel de me laisser piloter sa voiture pendant mon séjour à Lyon à la Toussaint. Ca s’est très bien passé, j’ai repris confiance en moi. Depuis j’ai roulé plusieurs fois dans Strasbourg, et ma foi, je n’ai tué personne, à part peut être un pigeon, mais je pense qu’il était déjà en train d’agoniser (et pas agonir, merci Darwi :D).

Aujourd’hui, je suis donc allée remplir un contrat d’adhésion à une association d’autopartage et réserver un véhicule pour jeudi soir, à récupérer à 300m de mon IUT.

Moyennant 207 euros (Frais d’adhésion 40€, Dépôt de garantie 150€, et abonnement mensuel 17€), je deviens donc automobiliste à temps partiel, mais surtout, je choisis d’être encore plus libre de mes déplacements.

Je dois dire, que, sans me jeter des fleurs, sur ce coup là, je suis assez fière de moi 🙂

Un jour je le quitterai

Celà fait quelques mois qu’on se fréquente, et force est de constater qu’on n’est pas très en phase en ce moment.

Il déraille un peu depuis cet hiver il est souvent mal luné, malade, fatigué, foutu, rouillé. Il va très souvent chez le docteur, ça coûte des sommes de plus en plus conséquentes, au regard de ce que j’ai investis en lui, alors que j’étais moi même dans le besoin lorsque nous nous sommes trouvés.

Du coup, j’éprouve en ce moment pour lui un mélange d’agacement, de mépris, de commisération, et d’indifférence.

Ca ne m’est jamais arrivé avec un autre. Je les ai tous aimé, même aux pires moments.

Je sais ce qui se passe.

J’ai quelqu’un d’autre en tête.

Je l’appelle Jules. Il est hollandais. Il est tout ce dont je rêve.

Si j’avais attendu quelques semaines avant de me mettre à la colle avec mon actuel, si j’avais été plus patiente, plus raisonnable, c’est lui que j’aurai choisi.

Je ne peux pourtant pas rompre. Pas maintenant. J’ai besoin de lui tous les jours. Il faut que j’attende l’accident, l’irréparable, la nécessité.

Alors, nous ferons route ensemble.

Et j’oublierai BikounetIII, ce modèle cheap de chez Go Sport.

Piétons contre Cyclistes.

Pédalage interdit rue d’Austerlitz

« Monsieur, veuillez descendre de votre vélo, s’il vous plaît. Vous êtes dans une zone piétonne. » Les cyclistes circulant rue d’Austerlitz, hier entre 13 h 30 et 15 h 30, se sont fait remonter les bretelles par les policiers municipaux. Leur but : faire respecter la zone « pied-à-terre » expérimentée depuis fin juillet par la municipalité.

Malgré les panneaux de signalisation installés à chaque extrémité de l’artère, la mesure est loin d’être respectée, selon certains riverains et commerçants. « J’en ai assez, il faut arrêter ce cirque, peste Chantal, une habitante du quartier. On est constamment frôlé par les cyclistes, c’est scandaleux. Aujourd’hui, ils descendent de leurs vélos, mais dès que la police sera repartie, ils recommenceront. » Selon elle, il faudrait que les récalcitrants soient systématiquement verbalisés

« Eventuellement nous devrons le faire, explique Alain Jund, adjoint au maire (Verts) et vice-président de la CUS en charge de la politique cyclable. Mais aujourd’hui, il s’agit de faire de la prévention, pour réguler la cohabitation entre les piétons et les cyclistes. Il faut fixer un cadre du vivre ensemble. » Ainsi, la ville incite désormais les deux-roues à emprunter un itinéraire aménagé rue des Boeufs, à une cinquantaine de mètres de la rue d’Austerlitz. Elle a également prévu de réitérer son opération de prévention dans les semaines à venir. La petite histoire retiendra néanmoins qu’Alain Jund a quitté hier la rue sur son vélo, et non le pied à terre.

Philippe Wendling – ©2008 20 minutes

La rue d’Austerlitz, c’est la toute première rue piétonne que rencontrent les touristes en débarquant de leur bus place de l’Etoile. Elle est donc très fréquentée, encombrée de multiples baraques à frites et autres commerces de cigognes en peluche (toutefois on y trouve un excellent thé) et plutôt étroite.

La vitesse moyenne d’un cycliste en ville est de 15km/h. Étant donné la densité des piétons rue d’Austerlitz, les dangereux cyclistes circulent quasiment au pas, quand ils ne mettent pas pied à terre d’eux même.

Il est beaucoup plus dangereux pour un piéton de se retrouver face à un vélo rue des Grandes Arcades (infréquentable en vélo un samedi), ou boulevard de la Victoire (infréquentable en vélo à l’heure des sorties des facs).

Quand à la verbalisation pour faire respecter le « pied à terre »… je suis vraiment mitigée.

Pourquoi dès lors ne pas verbaliser le piéton qui marche sur les pistes cyclables ? « Monsieur veuillez retourner sur votre morceau de trottoir vous êtes en zone cyclable ».

Allons madame Chantal, vous dites n’importe quoi 🙂

Quant à moi, je ne pose jamais l’ombre d’une roue rue d’Austerlitz.

J’ai toujours coupé par la rue des Bœufs.

Décidément, à Strasbourg la cycliste, ce sont moins les autos que les piétons qui rouspètent 😉