Du vélib à la choucroute : 3/la circulation

Je me suis demandée comment rédiger cette blognote. Il ne serait pas judicieux de comparer la circulation à vélo à Paris et à Strasbourg, car Paris serait désavantagée. D’autre part, à Strasbourg, je me déplace à vélo, tandis qu’à Paris, j’ai fais du cyclotourisme.

Je voudrais rester la plus objective possible.

J’ai donc décidé de parler de l’insécurité cycliste et des règles à respecter, qui sont les mêmes partout. Non pas pour dissuader les gens d’emprunter leur vélo pour leur déplacements quotidiens que ce soit à Paris ou en Province, mais pour essayer de montrer « ce qu’il ne faut pas faire » même si je n’ai aucune vocation pédagogique, j’ai de l’expérience, et j’aime bien la faire partager 😉

Règles de bonnes conduites à vélo, test de mise en application à Paris et à Strasbourg.

Respectez le code de la route et la signalisation.

A Strasbourg : je confesse qu’il m’arrive de griller des feux rouges, à des carrefours sans danger immédiat (par exemple, pour ceux qui connaissent, croisement piste cyclable de la Cité de la Musique et de la danse, sortie de la route du Rhin, feux vélo/tram rue du Landsberg, la plupart des feux rouges piétons du centre ville…). Je ne grille jamais lorsque je n’ai aucune visibilité, et lorsque la circulation automobile est trop dense.

Coté code de la route, nous bénéficions des contresens cyclistes. Je passe dans une rue à contresens cycliste 4 fois par jour, et je n’y ai jamais eu aucun accident, juste râlé quelque fois quand les voitures arrivant en face me serrent d’un peu trop près. Nous devrions aussi expérimenter prochainement le fameux « tourne à droite » cycliste, qui nous permettra de « griller » un feu sans danger en toute légalité 😉

A Paris : je ne suis pas chez moi, je ne grille pas. Trop dangereux. D’ailleurs les cyclistes que j’ai croisés à Paris grillent rarement une fois sortis des pistes cyclables. Par contre, une mauvaise habitude prise à Strasbourg, celle de rouler sur les trottoirs pour échapper à une circulation dense, est très mal vue ici : malgré la largeur de ceux ci, je me suis fait vertement réprimander et pour cause : rouler sur les trottoirs est interdit, sauf si vous êtes un enfant de moins de 8 ans. Par contre il est permit de circuler à pieds sur le trottoir en poussant son vélo.

Pensez à toujours bien vous placer pour être vu.

A Strasbourg : Les pistes cyclables clairement délimitées et le nombre important de cyclistes constituent déjà une visibilité suffisante en plein jour. C’est pourquoi on voit peu de cyclistes affublés de gilets phosphorescents (ils sont obligatoires dans les pays scandinaves et en Belgique il me semble).

Le gros risque à Strasbourg comme à Paris, c’est le refus de priorité. Situation classique, une piste cyclable croise une rue. Le panneau « céder le passage » et le marquage au sol vert indiquent à l’automobiliste venant de la gauche qu’il doit laisser la priorité au cycliste. Malheureusement, il suffit qu’une voiture ou une camionnette stationne sur le trottoir juste avant le croisement pour que la visibilité du cycliste et de l’automobiliste soit réduite à néant, mettant ainsi le cycliste en danger !

Je suis toujours extrêmement prudente aux intersections. Je sais très bien que l’automobiliste va arriver au moins à 30km/h et que sa distance de freinage ne sera pas suffisante s’il m’aperçoit au dernier moment. Faire un écart pour éviter le pare choc est souvent risqué. Je ralentis donc systématiquement, et cède parfois MA priorité.

Malgré tout, j’ai une frayeur par semaine (quand ce n’est pas une chute de vélo surtout par temps de pluie, nous y reviendrons plus bas), et en général un refus de priorité par jour. Ca me met toujours très en colère, mais à Paris comme à Strasbourg, les chauffards ne se laissent pas agonir d’insultes facilement. Ils s’en foutent, ils s’en vont. Les délits de fuites lors d’une collision vélo/voiture sont très nombreux. Jamais aucun automobiliste ne s’est arrêté pour me demander si j’allais bien après m’avoir heurtée ou pire renversée.

Utilisez votre éclairage la nuit.

Ca rentre dans le cadre du « être vu ». Une dynamo vous aidera peut être à retrouver votre chemin dans cette petite rue sombre, mais plus généralement, en ville, elle vous signalera aux autres usagers. Mes deux premiers vélos n’avaient pas d’éclairage, et maintenant, surtout quand la nuit tombe tôt, j’y suis très attentive.

Malheureusement, à Strasbourg comme à Paris, la peur du vol tire la qualité des vélos vers le bas, les gens roulent sur des épaves sans lumières.

Quand il pleut, pensez à freiner plus tôt.

Tous les accidents que j’ai eu à vélo sont arrivés par temps de pluie. Automobilistes comme cyclistes ne maitrisent ni leur vitesse, ni leur distance de freinage. Tout comme les luminaires, les freins des vélos d’usage régulier sont souvent mal entretenus ou inexistants ! Les miens les premiers, sur BikounetII seulement un frein fonctionnait, et encore, pas très bien. S’arrêter avec les pieds en cas d’urgence est tout simplement inutile, vous avez toutes les chances de vous retrouver au mieux, couchés sur le trottoir emberlificoté dans votre vélo, au pire, sous les roues de la voiture, avec un traumatisme crânien.

J’ai horreur du casque, mais je deviens tellement craintive par temps pluvieux que je vais certainement m’en acheter un.

Roulez à droite, mais pas trop près des voitures ou du trottoir. Pour tourner, vérifiez dans toutes les directions avant et au moment de changer de direction. Indiquez que vous tournez en tendant le bras. Osez occuper la chaussée lorsque le dépassement par la voiture est impossible sans danger. Traversez à pied les intersections si la circulation est très importante.

Les pistes cyclables de Strasbourg sont pour la plupart très bien conçues, propres, bien goudronnées, spacieuses. Il y a des endroits à Strasbourg que j’adore (par exemple le long des quasi de l’Ill direction gare ou orangerie depuis la place de l’Etoile, sans parler des pistes jouissives le long du canal de la Bruche en direction de Molsheim, celles du canal du Rhône au Rhin en direction d’lllkirch et les pistes allemandes le long du Rhin, raaaahh), sans aucun croisement automobile, où les cyclistes ont la liberté de rouler aussi vite qu’ils le souhaitent, sans aucun danger autre… qu’eux mêmes. Car des petits rigolos trouvent toujours très amusant de rouler en contresens soit en empiétant sur la piste de gauche quand c’est une bidirectionnelle, soit en roulant dans la « mauvaise » piste, si celle ci est de part et d’autre de la rue (c’est le cas aussi à Paris sur les grands boulevard, j’ai descendu celui de magenta, et j’étais contente de ne croiser aucun cycliste à contresens, déjà que je n’étais pas très rassurée ^^).

Vraiment, à Strasbourg, il est rare que je sois dans la même file que des automobiles. J’ajuste mes itinéraires de façon à toujours emprunter une piste cyclable. Une exception notable, quand je vais faire mes courses à la biocoop, je remonte les quais depuis la place du Corbeau jusqu’au boulevard de la Victoire. mais c’est une petite distance, et comme la route est pavée et pleine de feux rouges, les voitures circulent lentement.

Du coup, à Paris, c’est comme si on m’avait enlevé mes petites roues… je n’ai pas osé sortir des pistes cyclables, et arrivée place de la République par le boulevard Magenta je me suis sentie complètement idiote et handicapée : comment m’insérer dans la circulation ? Ca me semblait insurmontable. Je suis descendue de vélo et j’ai traversé sur les clous puis marché sur le trottoir en poussant mon Vélib.

J’ai aussi une hypothèse à formuler : à Strasbourg, les automobilistes sont habitués à côtoyer quotidiennement des cyclistes. Ils les remarquent, ils savent qu’ils sont là, à tout instant. C’est aussi le cas à Lyon, où la vitesse automobile a baissé depuis que les cyclistes ont envahi la ville. A Paris, le vélo n’est peut être pas encore assez rentré dans les mœurs pour que les automobilistes fassent attention. je suis sure que la prochaine fois que je ferai du vélo à Paris, il y aura du progrès.

Ne slalomez pas entre les voitures. Ne dépassez jamais par la droite. Ne vous placez pas dans l’angle mort des bus et des poids lourds. Ne cherchez jamais à dépasser un bus ou un poids lourd, restez prudemment à l’arrière : vous ne faites pas le poids !

La voiture en ville est un Gros Boulet. Elle est encombrante. Elle avance lentement. Elle pollue. La moindre manœuvre délicate prend des heures. Elle est toujours bloquée.

C’est un fait avéré, à Paris comme à Strasbourg, à vélo on dépasse les autos. Et c’est tellement rageant de de se retrouver bloqué par une file de voitures qui mettent 3 heures à démarrer à un feu vert, de devoir s’arrêter (alors qu’on roulait, libre, heureux, les cheveux dans le vent, peaaace) parce qu’un pas doué encombre toute la rue pour faire son créneau ou un demi tour). Et que dire des indécis plantés au milieu de la rue, chérie, c’est à droite (bon je le dépasse par la gauche moi alors) ha non mince c’est à gauche (aaargh mais qu’est ce qu’il fait ! Il m’a pas vue ou quoi ?! Il va me foncer dedans !!! ha ben oui, je suis dans son angle mort… hurlement de freins). Le comble de l’agacement étant de circuler sur une piste cyclable qui emprunte un couloir de bus.

On est donc tenté de faire du remonte file, de rouler dans les couloirs de bus, de dépasser par la droite ? Et pourquoi ? Parce qu’on est pressé…

On a tendance à oublier que le vélo est un mode de déplacement doux, qui est censé nous apporter de la sérénité. Le temps perdu à attendre qu’une voiture veuille bien libérer la voie sera récupéré à un moment ou à un autre…

Pour conclure cette note sur du positif, rouler à vélo en ville est un grand plaisir, un grand privilège, que je n’abandonnerai pour rien au monde.

Du vélib à la choucroute : 2/la bête

Mon postérieur de cycliste urbaine en a vu des vertes et des pas mures, coté monture.

Vélo rimerai-t-il avec volage ?

Mon premier vélo quotidien (pour le distinguer des VTC avec lesquels je fais des promenades plus longues en dehors de Strasbourg ; j’ai toujours possédé une paire de vélos, et je ne roule jamais en ville avec celui destiné à la randonnée et inversement, c’est mon petit luxe.) était celui de mon grand père paternel, un vélo de route doré, avec le minimum vital : guidon, freins, pédalier et aucun accessoire. Je l’utilisais seulement à la belle saison, pour me rendre à mon IUT (35mn de trajet, piste cyclable tout le long). Il n’était pas très confortable, mais il avait une valeur sentimentale.

Lorsque j’ai commencé à aller travailler en vélo, je l’ai échangé contre BikounetI qui était somptueux : c’était un VTC solide et élégant, gris foncé et jaune, doté de gardes boues, 3 plateaux de vitesses, un grand panier à l’avant, un cadre courbé pour descendre facilement, léger, rapide, maniable… Il a été mon compagnon pendant trois ans, a résisté vaillament au vent, à la pluie, aux nuits passées dehors sur le balcon, aux réparations… pour finalement se faire bêtement enlever à l’intérieur de mon entreprise, tout ça parce que la porte donnant sur la rue n’était pas fermée, et que BikounetI n’était pas cadenassé.

Une amie de ma mère m’a vendu pour une somme dérisoire BikounetII, aussi nommé « le provisoire ». Il n’avait pas fière allure lorsque je l’ai réceptionné, et il m’a couté très cher en réparations, contrôles techniques, accessoires… je l’ai gardé deux ans et j’ai fini par m’en faire un ami, malgré ses fréquents déraillages et ses vitesses qui grippaient. Une violente collision avec une poubelle municipale l’a définitivement abimé, fendant le cadre et le rendant insécure. Je l’ai abandonné à son triste sort sans cadenas dans la cave de mon ancien immeuble. Sans regrets.

Fin juillet 2007, je me suis mise à la colle avec un Vélocation. Ce sont de bons engins. Ils sont assez lourds, bleus et jaunes, solides, cadre hollandais, pas de vitesses donc on pédale franchement dans la semoule, le guidon est droit, la sonnette est puissante, le cadenas est inviolable, et comme ils sont estampillés municipaux, ils en imposent mais ne favorisent pas l’attachement. On sait qu’ils ne seront que de passage dans notre vie. C’est juste un coup de pédale en passant, quoi.

Et pour mon anniversaire, ma famille m’a offert BikounetIII. C’est le vélo urbain « premier prix » de Go Sport. Lorsque je vais le chercher à un arceau, je suis toujours surprise par sa silhouette fine et élancée. Le noir l’amincit. Il a un port de guidon un peu altier. J’ai du respect pour lui : je n’ose pas encore le tancer vertement comme ses frères défunts « allez, bouge ton cul, fais pas ta pute, con de vélo, sa race ! » à peine si je grommèle contre le cadenas en U que je ne maitrise pas encore. BikounetIII est tatoué par la Fubicy, il a deux autocollants « Je protège mon vélo » l’un sur le garde boue avant, l’autre sur le garde boue arrière fournis par la CUS, un mini panier à l’avant, un porte bagage, 6 vitesses, une béquille, un protège chaine, une dynamo. Quand je l’enfourche, il a comme un frémissement des flancs, il hésite à se cabrer pour se débarrasser de cette intruse, et puis non, il se souvient qu’il est domestiqué, fabriqué en série pour être monté. Je le trouve un peu nerveux, il m’a déjà fait sentir qu’il fallait toujours rester sur ses gardes sur la route, et qu’il était capable de me désarçonner si je lui infligeait un coup de frein un peu trop vif.

Quand je l’ai monté sur le balcon avec son collègue le B-Twin (qui n’a pas de sobriquet, on sent qu’il n’existe que pour la performance) avant de partir en vacances (je ne voulais pas le laisser sans surveillance toute une semaine dans le local à vélo, pourtant bien fermé, de l’immeuble) j’ai senti qu’il allait me manquer. Il m’a certainement influencée dans mon désir de grimper sur un Vélib.

Le Vélib est massif et trapu. Si le Vélib était un animal, le Vélib serait un hippopotame. Il a un look futuriste, avec son guidon et sa roue arrières coulés. Plusieurs Vélibs alignés dans une station sont très esthétiques. Ils s’intègrent admirablement dans le mobilier urbain.

Son poids, souvent critiqué, ne m’a pas dérangée. Il est très maniable sur la route, et ses pneus costauds amortissent bien les irrégularités de l’asphalte.

Je ne sais pas si le guidon est réglable en hauteur. Moi qui suis plus grande que la moyenne, je l’ai trouvé assez bas. Mon premier geste à chaque changement de monture était de monter la selle, pour que seule la pointe de mes pieds touche le sol à l’arrêt. Je me sens mieux comme ça, je n’aime pas pédaler avec les genoux trop près du menton. Assise confortable.

Le troisième braquet est le meilleur pour circuler en ville, je n’ai emprunté que des pistes plates.

On roule le dos droit, ce qui permet une bonne vision panoramique, très important en ville. J’ai trouvé intéressant de ne pas avoir à me préoccuper de l’éclairage, qui reste allumé quelle que soit la luminosité.

Le panier de transport est beaucoup plus spacieux que tout ceux que j’ai pu voir. Encore un petit plus qui encourage l’éco-mobilité, et permet d’aller faire ses courses alimentaires en vélo. On peut regretter, si on est pointilleux, l’absence de porte bagage, mais on sait que ça inciterai l’usager à transporter des amis, et à se mettre en infraction.

Je me suis sentie en sécurité avec lui, il m’a tout de suite fait bonne impression.

Du Vélib à la choucroute : 1/location.

Je suis une cycliste urbaine du quotidien, voir de l’extrême.

Voyageuse régionale qui trimballe son engin dans les TER, malgré la prochaine interdiction. Hôte pénible qui impose à ses invités le déplacement à deux roues pour se rendre au centre ville. Touriste pédestre jalouse des autochtones qui filent comme le vent.

Et surtout strasbourgeoise pédante, circulant dans la Première Ville Cyclable de France. Ainsi, lorsque les Vélibs ont débarqué dans la Capitale, j’avoues je me suis gaussée. Bien que favorable à l’aspect développement durable d’une telle initiative, j’avais du mal à croire que la circulation quotidienne à vélo telle que je la vis était applicable à une mégalopole envahie par les automobiles, dotée d’un réseau de transport en commun dense, et surtout affligée d’un réseau de pistes cyclables aussi rabougri.

Lorsque je doute sur un sujet, je profite généralement de mon temps de travail pour faire une revue de presse dessus. Et force est de constater que les quotidiens parisiens sont quasi unanimes : le Vélib, c’est la Vélorution. Toujours perplexe, je fais un tour de blogs.
Constat identique : une fois le système de location apprivoisé, et le véhicule récupéré, c’est en général le bonheur. On y évoque pelle mêle la liberté de pouvoir rentrer après le dernier métro, le vent dans les cheveux, le fait d’arriver à l’heure à ses rendez vous, moins stressé au boulot, la (re)découverte des petits charmes insoupçonnés et le changement de regard sur sa ville, la fierté de se promener à vélo, le regard amical des passants, les contacts qui se nouent entre usagers…

Tout ça, je l’éprouve aussi en circulant à Strasbourg, et pourtant je n’arrivais pas à me départir de certaines idées reçues. Il fallait tester.

1/ Location du vélo

(Pour les provinciaux qui ne connaissent pas le système de location, voici comment ça marche. )

Pour louer un vélo à la journée à Strasbourg, il faut se rendre dans l’une des deux boutiques Vélocation rue du Maire Kuss près de la gare, ou rue des Bouchers près de la place du corbeau au centre ville, présenter un papier d’identité, et donner un chèque de caution de 100 euros. Il vous en coutera 8€. Le gros inconvénient est qu’on doit passer obligatoirement passer par un employé de vélocation : on trouvera dont porte close entre 12h et 14h, et après 18h30. Et si vous n’avez pas de chéquier, vous repartez à pieds.
La disponibilité des bornes Vélib 24h/24 est donc idéale en milieu urbain… à condition de faire preuve d’un peu de patience, et de ne pas être réfractaire aux nouvelles technologies.

Ne disposant pas du Pass Naviguo magique qui débloque ton vélib en un seul geste (mais je compte moderniser ma carte orange la prochaine fois que je viendrai à Paris ; à ce sujet ça serait super que le numéro d’abonné de la vieille carte orange serve de sésame au vélibs, tout en conservant le code personnel à 4 chiffres évidemment ; à moins que ça ne soit déjà le cas ?), j’ai pris un ticket d’abonnement à la journée, grâce à ma carte bancaire.

J’ai obtenu mon ticket journalier et mon code d’abonné sans aucun problème, mais j’ai eu du mal à comprendre qu’il me fallait choisir entre les numéros de vélos celui que je voulais emprunter, et taper ce numéro sur la borne de location, pour débloquer le verrou du véhicule. J’ai du m’y reprendre à plusieurs fois, heureusement, je n’étais absolument pas pressée et des passants m’ont donné un coup de main.

Une caution symbolique de 150€ est virtuellement débitée de mon compte (cqfd : si jamais je casse le vélo, je devrais payer les 150€, ils ont mes coordonnées bancaires, ils savent.) et… c’est tout ! Grâce au petit truc que m’ont dévoilé mes amis parisiens, je n’ai même pas payé la location journalière de 1€ de mon vélo. Et comment donc ? facile. Les 30 premières minutes de chaque trajet sont gratuites. Si vous devez effectuer un trajet supérieur à 30 minutes, le coût du service Vélib’ sera débité sur votre compte bancaire en même temps que le coût de votre abonnement, à la fin de sa période de validité. Il suffit donc de changer de vélo avant la fin de la première demi heure.

En gros, dès que je croisais une station Vélib sur mon chemin, je m’y arrêtais pour prendre un cheval frais 🙂 Bien sur, il faut trouver une station avec des vélos disponibles, mais en partant de l’avenue Jules Ferry le long du canal St martin direction le parc de la Villette, en pleine journée, en dehors des heures de pointes, les stations sont bien achalandées.

Donc pour la location, au rapport qualité prix, je nomme Vélib gagnant !

Cyclistes, respectons le code de la route !

Pourquoi mon cadre de vélo est il fracturé ?

Le cri de la cycliste strasbourgeoise : bordel de bordel, faites quelque chose pour améliorer la circulation de chacun dans la rue du Maire Kuss !
Il suffit qu’un camion de livraison empiète sur la piste cyclable et la moitié de la chaussée, que les deux trottoirs soient saturés de piétons, pour que le cycliste se mette en danger même pied à terre en empruntan  faute de mieux la chaussée à contresens.

Veuve Tarquine m’accompagne dans ma colère, moi qui suis inconsolable de conduire mon bien cher ami irréparable à l’abattoir chez Emmaüs.

Mieux vaut un cadre qu’un genou, mais quand même, bouh 🙁

La reine des neiges

Cette température me plait infiniment.

A la maison, avant de partir, on sort le plan anti froid, qui se révèle particulièrement agréable.

Levée plus tôt à cause du soleil, on se mitoufle dans un grand plaid, et on sautille jusqu’à la cuisine pour se réchauffer. On mange plus que d’habitude, on fait le plein de céréales, de confitures, de thé brulant, de vitamines.

Dans la salle de bain, on savoure les joies de la douche écossaise : bien chaude d’abord, pour se détendre, et un jet d’eau froide pour terminer, sortir de la douche en piaillant, et savourer la chaleur de la pièce. Ensuite, on prend le temps d’étaler sur sa peau écrevisse une crème hydratante très riche, très onctueuse et très parfumée. On s’enveloppe dans des matières chaudes, douces et nobles. Du thermolactyle, de la soie, de la laine, du coton doublé velours, du cuir fourré.

Quand on met le nez dehors, on dirait que tous les miasmes sont morts, que la pollution s’est évaporée (comme mon manteau :-/ ). L’air urbain est pur, vif, bleu mentholé, et il pique l’intérieur du nez. Le givre sur les arbres scintille, et le gel sur le sol crépite comme les feezz en poudre qu’on mettait sur la langue quand on était petits.

Les piétons marchent lentement, sous le prétexte d’une plaque de verglas, en fait pour admirer la ville blanchie. Les automobilistes font du surplace, les conductrices en profitent pour se remaquiller, les conducteurs tripotent leur téléphone, jouent au Tétris au volant, ou surfent sur le wap. J’en ai vu un, garé sur le bas coté, confortablement enveloppé dans une couverture, qui lisait les DNA en attendant que la circulation se fluidifie.

Pourquoi se presser, puisque de toute façon, notre patron lui même sera coincé dans les embouteillages ? Seuls les cyclistes, bravant les températures soviétiques de la capitale européenne, osent tenter des records de vitesse sur piste cyclable figée dans la glace.

Quand on arrive au , on nous acclame, on nous félicite, on nous admire. On nous offre une tasse de café.

On se sent très Reine des Neiges.

Le poteau

Ce matin, je tourne le coin de la rue, et je pousse mon vélo pendant 2 mètres sur le trottoir, pour aller le garer à son poteau habituel, celui qui est juste devant les fenêtres de mon boulot, d’où je peux le surveiller.

Déjà, un poil d’agacement, le poteau est déjà occupé par un deux-roues intrusif (enfin, quoi, c’est MON Poteau :-D).

Dans le même temps, un poil de rire aussi, car en face, de l’autre coté de la chaussée, un autre vélo est suspendu à 3 m du sol, une roue en moins. Les malfrats nocturnes sont des plaisantins. Vous comprenez pourquoi je tiens à surveiller mon vélo visuellement.

Bref, en montant sur le trottoir, toute hilare que j’étais face au vélo suspendu, je n’ai pas pris garde à une grand mère, devant laquelle je suis passée à une distance d’environ 1m50. Sur le coup, elle a grommelé un truc, je n’ai pas fais attention.

Alors que j’étais en train de cadenasser, elle se pointe et elle me sors
« Vous avez roulé sur le trottoir, c’est interdit »

Interloquée, je vais pour lui soumettre mon couplet habituel
« les trottoirs sont autorisés aux cyclistes qui poussent leur vélo à pieds dès lors qu’ils ne gênent pas les piétons et qu’ils ne les mettent pas en danger » ce qui était mon cas, je n’ai pas foncé sur mamie, elle n’a pas pilé net, elle n’est pas tombée…

Mais voilà, elle me cloue le bec et m’explique combien elle est énervée, à juste titre, parce qu’un cycliste indélicat l’avait renversée la veille alors qu’elle circulait paisiblement sur le trottoir et qu’elle s’était égratinée le coude.

Je trouve qu’on devrait mettre les vieux vindicatifs dans les manifestations, ils obtiendraient facilement satisfaction.

Edit de 2011 :

ILS VIENNENT DE TRANCHER LE POTEAU.

Y’A DEUX MINUTES QUOI.

Putain de merde, ça fait 9 ans que je me garais là.